Le bien-manger, un enjeu national

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Retrouvez l’édito du dernier numéro d’Au Coeur du CHR par Alice Mariette, sur le bien-manger.

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Alice Mariette. Crédits : DR.

Il y a urgence. Les États généraux de l’éducation à l’alimentation, organisés le 15 octobre à l’Assemblée nationale, l’ont rappelé avec force. La crise alimentaire glisse peu à peu vers une crise sanitaire, et la France doit réapprendre à bien manger. Les repas se raccourcissent, les fast-foods dépassent les restaurants traditionnels. En somme, notre culture alimentaire s’effrite. Le rapport de l’Institut Montaigne* pointe également une consommation croissante de produits ultra-transformés notamment chez les jeunes, des repas de plus en plus déstructurés et une commensalité qui se délite. En 1975, un repas hors domicile durait en moyenne 1 h 38. Aujourd’hui, il se limite à 31 minutes.

De plus, les écrans s’invitent à table, les horaires se décalent et les assiettes se standardisent. Dans ce contexte, un mouvement s’élève pour renouer avec le goût, les saisons et les produits. Une proposition de loi ouvre d’ailleurs la voie à des expérimentations locales d’éducation alimentaire, soutenues par les filières agricoles et les Marchés d’intérêt national. L’enjeu est de rebâtir un écosystème cohérent où l’alimentation redevient un marqueur de santé publique et de culture. Les restaurants traditionnels sont, dans cette transformation, en première ligne.

La France reste l’un des pays où manger demeure un acte de plaisir, un rituel, un moment à part. Ce patrimoine, inscrit à l’Unesco, perdure, même s’il se fragilise. Et les restaurateurs ont la capacité de remettre le bien-manger au centre. En rendant les cartes plus lisibles, les saisons plus visibles et les origines plus explicites. À chaque service, il s’agit de transmettre des repères, du sens, tout en montrant que plaisir et qualité vont de pair. Le bien-manger n’est pas une mode, c’est le chemin à suivre. Les restaurateurs ont le pouvoir de remettre la France à table. Je vous souhaite à toutes et tous de bonnes fêtes de fin d’année.

* Rapport de l’Institut Montaigne, Fracture alimentaire, maux communs, remède collectif, octobre 2024.

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