Alors que les volumes de champagne devraient avoir connu une certaine stabilité en 2025, le Comité Champagne se veut conquérant en cette année 2026. L’interprofession compte réunir la filière autour de trois axes : la disponibilité du champagne, sa désirabilité et l’exemplarité de ses acteurs.
Après la pluie, vient généralement le beau temps. Et ceci, le Comité Champagne, qui représente les vignerons et maisons de Champagne, l’expérimente alors que débute cette année 2026. « Après deux années de baisse, les volumes de champagne sont stabilisés », se félicite en effet Charles Goemaere, le directeur général de l’interprofession, à l’occasion du salon Wine Paris, organisé du 9 au 11 février à Paris Expo Porte de Versailles. Malgré tout, le Comité n’est pas encore en mesure de délivrer des données précises. Néanmoins, le chiffre d’affaires de la filière s’est élevé en 2025 à 5,7 milliards d’euros.
De plus, l’un des enseignements de l’année écoulée est la prépondérance de la France, le marché hexagonal demeurant premier malgré un recul, avec 114 millions de bouteilles. Dans le même temps, « le Japon et le Royaume-Uni se tiennent bien et ont progressé après une année 2024 compliquée, tandis que le Canada et la Scandinavie confirment une progression régulière », développe le directeur général. Et de poursuivre : « La Hongrie, la Tchéquie et la Slovaquie disposent d’un potentiel intéressant et dévoilent une montée en gamme significative. »
Aussi, les zones touristiques telles que les Caraïbes et certaines régions d’Asie voient leur consommation tirer par l’hôtellerie haut de gamme. Du côté de l’Afrique, le Nigeria, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo ou encore le Togo font figure de « futurs relais de croissance », lâche Charles Goemaere. Du côté des États-Unis enfin, « les exportations se révèlent stables et la consommation solide. Mais les taxes et les taux de change très défavorables doivent constituer des signaux de vigilance », explique-t-il.
L’empreinte carbone, sujet d’importance pour le Comité Champagne
Par ailleurs, dans ce contexte, Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons, et David Chatillon, président de l’Union des maisons de Champagne, tous deux coprésidents du Comité Champagne, ont tenu à rappeler les piliers de la stratégie du vignoble. À savoir, « être toujours disponible, toujours désirable, toujours exemplaire ».
L'étude stratégique Champagne 2040 permettra de mieux comprendre les usages et nous projeter à long terme tout en agissant dès aujourd’hui.
S’agissant du premier point, le duo rappelle la mise en place de la serre bioclimatique Qanopée dans un souci de préservation de la production à travers la sécurisation du matériel végétal, mais aussi l’introduction de variétés résistantes. Quant à l’exemplarité, David Chatillon mentionne le premier bilan carbone de la filière, réalisé en 2003. « Nous avons effectué le cinquième bilan en 2025 et nous avons atteint notre objectif de baisse de 25% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 2003 », indique-t-il.
Dans le détail, « 24% d’émissions en moins dans les vignes, -18% dans les caves, -35% sur les emballages grâce à l’augmentation de la part de verre recyclé, une bouteille n’étant aujourd’hui constituée que de 10% de verre vierge, -23% pour la commercialisation avec notamment -70% sur le transport aérien », complète alors Maxime Toubart. Le Comité Champagne compte bien poursuivre en ce sens. Une stratégie qui se matérialise par le Plan Carbone 3 pour la période 2025-2035. L’objectif affiché est clair : le net zéro carbone en 2050.
La célébration du champagne le 5 juin 2027
L’interprofession accorde enfin une attention toute particulière à la désirabilité du champagne. Et ce, notamment compte tenu de la « concurrence des autres effervescents qui s’intensifie, de la déconsommation de vin qui progresse, du changement des modes de vie, d’un pouvoir d’achat contraint et d’autres modes de célébration », énumère David Chatillon. Dans ce cadre, le Comité Champagne lance l’étude stratégique Champagne 2040. L’objectif ? « Mieux comprendre les usages et nous projeter à long terme tout en agissant dès aujourd’hui », assure Maxime Toubart. Le conseil interprofessionnel rendra sa copie au cours de l’année 2026, qui servira de base pour un plan d’actions du Comité Champagne.
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En complément, l’interprofession souhaite perpétuer ce qui a représenté la force de l’appellation ces dernières décennies : le sens du collectif. Le Comité Champagne donne ainsi rendez-vous pour le 5 juin 2027 en Champagne. « Nous célébrerons le champagne et réaffirmerons sa place unique dans l’imaginaire collectif », conclut Maxime Toubart, qui laisse volontairement le flou sur le programme de cette journée particulière.