Les vins de la vallée du Rhône plébiscités par les CHR
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À l’occasion de Wine Paris 2026, Philippe Pellaton, président d’Inter Rhône, a fait un point sur l’année 2025 des vins de la vallée du Rhône. Une situation stable avec une première place qui demeure auprès du CHR et une stratégie commune autour des blancs qui se présente comme une réussite. De quoi pousser l’interprofession à lancer une marque collective conceptuelle autour des vins effervescents pour permettre de rassembler les élaborateurs et l’offre.
Les vins de la vallée du Rhône ont eu la cote auprès des CHR en 2025. La région demeure en effet la première dans les AOP tranquilles sur ce circuit, comme l’année dernière, loin devant les autres en pesant en volume 40% de plus que le second. Elle se révèle quasiment stable avec une baisse qui se limite à 0,7%, contre -5,6% en moyenne pour les autres régions.
En termes de chiffre d’affaires aussi, les vins de la vallée du Rhône trustent la première place auprès du CHR, à -1,4% contre -4,7% en moyenne pour les autres AOP. La raison ? « Un vrai travail de fond qui permet une forme de sacralisation », estime Philippe Pellaton, le président d’Inter Rhône, l’interprofession des vins de la vallée du Rhône, lors d’une conférence de presse sur le salon Wine Paris. Parmi les vins de cette région qui permettent cette relative stabilité, les blancs tirent leur épingle du jeu. Ils bénéficient d’une reconnaissance croissante et d’aouts tels que la diversité et la richesse aromatique, comme l’indique Inter Rhône en se basant sur l’étude qu’elle a commandé à l’institut Symetris.
Le recul de la commercialisation des vins de la vallée du Rhône
La vallée du Rhône a ainsi fait preuve de résilience l’an passé. « Une belle résistance en France et elle fait toujours mieux par rapport à la tendance globale des vins en France », se félicite alors Philippe Pellaton. Cependant, les exportations reculent de 5% aussi bien en volume qu’en termes de chiffre d’affaires sur 12 mois à fin novembre 2025, malgré de belles croissances sur certains marchés : Royaume-Uni à +3% et Suède à +6%.
Dans la même veine, les sorties de chai connaissent un recul de 5% sur l’année 2025, à 2,23 millions d’hectolitres. Une situation qui confirme l’importance de l’appellation côtes-du-rhône, qui connaît une baisse de 3%, limitée par sa belle santé fin 2024 et sa progression à la fin juillet 2025 (+4%). Dans le même temps, les appellations villages connaissent quant à elle une baisse de 4%.
La stratégie rhodanienne des blancs en réussite
S’agissant des crus, la situation se révèle bien contrastée. Tandis que ceux du sud bénéficient d’une belle vivacité, avec une augmentation de 4% de la commercialisation, ceux du nord voient leurs sorties de chai chuter de 8%. S’agissant des autres appellations de la région, hors côtes-du-rhône, le recul sur un an s’élève même à 10%. En outre, les trois couleurs connaissent une baisse des sorties de chai dans des proportions similaires : -5% pour le rouge, -6% pour le rosé et -7% pour le blanc.
Des bulles, nous en avons partout, mais avec de petits volumes. Il est donc nécessaire de fédérer pour avoir la capacité de présenter ces vins effervescents.
Néanmoins, la place de cette dernière couleur s’accroît encore. La récolte 2025, qui accuse un recul de son volume de 7%, à environ deux millions d’hectolitres, demeure majoritairement rouge (74%) mais voit un équilibre entre le blanc et le rosé, à 13%. Une première pour la région viticole. Aussi, le blanc possède d’autant plus de poids que la stratégie de cartographie des profils sur cette couleur, mise en place en 2020, semble porter ses fruits.
« Ce concept permet d’embarquer tous les blancs, il fonctionne très bien. Nous sommes passés de 5% à 13% des volumes réalisés en blanc. Tous les circuits se développent », se félicite le président d’Inter Rhône. Et d’ajouter à propos de la présentation des blancs de la vallée du Rhône auprès du CHR : « Nous entrons par le profil et non par le cépage, ce qui permet d’indiquer des moments de consommation. »
Vers une marque commune d’effervescents de la vallée du Rhône
Face à ce succès, Philippe Pellaton et l’interprofession veulent appliquer la même recette aux vins effervescents à travers le plan bulles lancé dès 2024. L’objectif est simple : « Des bulles, nous en avons partout, mais avec de petits volumes. Il est donc nécessaire de fédérer pour avoir la capacité de présenter ces vins. » Concrètement, une association adhérente à Inter Rhône, qui devrait voir le jour avant l’été 2026, s’occupera d’une marque collective conceptuelle rassemblant les effervescents de la région. Une marque qui ne serait donc pas visible sur les étiquettes mais qui servirait pour promouvoir ces vins lors d’opérations.
Un cahier des charges non coercitif prévoira pour ces vins effervescents une base de grenache noir pouvant être complétée d’autres cépages rhodaniens (syrah, clairette, grenache blanc, bourboulenc, etc.). La méthode utilisée sera hybride, avec une deuxième fermentation en bouteille à partir du sucre résiduel issu de la première fermentation.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté de s’ouvrir à de nouveaux types de consommation, notamment le cocktail. « Elle n’est pas imaginée dans un but volumétrique mais plutôt comme un complément. Et nous ne cherchons pas à concurrencer les crémants », assure Philippe Pellaton. Le prix des cuvées devrait se situer dans une fourchette comprise entre 8 et 12 €. Une première étape dans le très long chemin vers la reconnaissance d’une appellation en effervescent.