Le Rennequin : génèse d’un bistrot de quartier
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Ouvert fin septembre 2025, le Rennequin s’inscrit dans le renouveau des restaurants de quartier et revendique le titre de « Bistrot qui fait l’angle ». Une ambition simple qui repose sur une offre lisible, accessible, mais aussi adaptée à plusieurs typologies de clientèles.
Les bistrots ont le vent en poupe. Le concept répond à une préoccupation de nombreux clients qui cherchent dans cette offre traditionnelle et rassurante une garantie de rapport qualité-prix. Au carrefour de la rue Rennequin et de la rue Guillaume-Tell (Paris 17e), le Rennequin affiche souvent complet à chaque service depuis son ouverture, au début de l’automne. L’établissement capitalise sur sa situation de restaurant de quartier avec le slogan affiché sur la devanture : « Bistrot qui fait l’angle ».
Créé par trois associés – Alexandre Poulenc, Antoine Lery et Arthur Schmidt –, il remplace le Petit Gris, adresse plutôt orientée alors vers une prestation semi-gastronomique. Le nouveau décor intègre un comptoir, qui, pour des raisons budgétaires liées à l’emplacement de l’alimentation et l’évacuation, est adossé à la vitrine. Un choix qui peut surprendre les nouveaux venus, mais qui finalement met en lumière verres et bouteilles et représente une forme d’attraction pour les passants.
Le Rennequin dispose d’une trentaine de places assises, tandis que 20 autres sont disponibles au sous-sol. En semaine, l’établissement est ouvert midi et soir. Il accueille aussi la clientèle le samedi au dîner. Une performance pour Arthur Schmidt et le chef Marius Sebert, qui travaillent la plupart du temps avec un seul salarié, leur plongeur. Heureusement depuis peu, pour répondre à l’affluence, Marius peut compter sur l’aide d’un apprenti en cuisine.
Moderniser les classiques
Le chef propose une carte simple et efficace. Les classiques du bistrot sont au rendez-vous : terrine du chef, soupe à l’oignon ou saucisse purée, agrémentée d’un jus de veau exceptionnel. Marius Sebert tient à moderniser ces classiques. L’œuf mayo accueille ainsi une pincée d’ail noir qui le relève joliment. Le chou farci s’adapte à la clientèle végétarienne. Le chef cultive également l’aspect régressif de certaines recettes, à l’instar des pommes dauphines, une spécialité de la maison qui accompagne le rumsteck. Si l’hiver, la proposition s’inspire largement de la tradition bistrotière, l’été, Marius Sebert l’oriente vers une cuisine méditerranéenne. Il privilégie naturellement les produits de saison et se fournit entièrement à Rungis, notamment chez Nadeau, qui l’approvisionne pour l’ensemble des viandes.
La cave représente le royaume d’Arthur Schmidt. Le restaurateur parvient à maintenir à un bon niveau les ventes, même lors du déjeuner, grâce à la présence de vins au verre. La carte décline une vingtaine de bouteilles vendues entre 30 € et 60 €. Cette offre courte reflète toutefois la physionomie générale du vignoble français. Arthur regrette de ne pas pouvoir élargir sa carte en raison de la faiblesse de ses capacités de stockage. Grand amateur de vins nature, il remarque toutefois que la clientèle de l’ouest parisien se montre moins sensible à cette proposition particulière que celle de l’est de la capitale. « Je continue à en proposer, mais j’insiste moins sur le côté nature, reconnaît-il. En outre, tous mes vins sont au minimum bio. »
Un quatuor expérimenté
Trois professionnels ont réuni leur énergie pour imaginer cette enseigne. L’un d’eux, Alexandre Poulenc, est un serial créateur. Enfant du quartier, cet homme d’affaires de 47 ans a signé au Rennequin sa 27e ouverture de restaurant, en France ou à l’étranger. Il est notamment connu pour avoir été l’un des quatre piliers de l’enseigne Les Fils à maman. Un autre restaurateur, Antoine Lery, est lui aussi étroitement impliqué dans le projet. Il est connu dans l’arrondissement pour y avoir créé deux restaurants, Chez Prout, puis Prout Prout.
Le troisième associé, Arthur Schmidt, est opérationnel. Il dirige l’établissement et veille sur la carte des vins. Ce professionnel de 34 ans signe un retour en force dans le métier. « J’ai travaillé dans le secteur de la restauration lorsque j’étais étudiant. Progressivement je me suis totalement consacré à ce métier, explique-t-il. J’ai notamment travaillé durant cinq ans Aux deux amis, rue Oberkampf (Paris 11e). » Ces trois mousquetaires de la restauration sont en réalité quatre. Non associé dans le capital, le chef Marius Sebert joue néanmoins un rôle déterminant au Rennequin, sur lequel il veille en permanence… puisqu’il occupe l’appartement situé à l’étage.