Le petit pois d’Objat, l’héritage vert corrézien
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Né d’un bouleversement agricole à la fin du XIXᵉ siècle, le petit pois d’Objat est devenu un emblème de la Corrèze.
À la fin du XIXe siècle, le phylloxéra ravage les vignes françaises et contraint les agriculteurs à repenser leurs cultures. À Objat, en Corrèze, les paysans décident de se tourner vers le petit pois sans savoir alors que ce choix allait être remarquablement judicieux.
À l’époque, les petits légumes croquants quittent chaque jour la Corrèze par le train, en direction des Halles de Paris mais ils dépassent également les frontières de l’hexagone car les consommateurs britanniques en raffolent. Dès lors, appuyé par l’essor du chemin de fer, le petit pois corrézien se fait une place de choix sur les marchés dès le début du printemps. Et sa réputation n’est plus à faire.
Survivre au temps
Comme nombre de légumes traditionnels, le petit pois d’Objat subit de plein fouet l’essor de l’agriculture intensive à partir des années 1970. Les petites exploitations disparaissent peu mais grâce à quelques producteurs attachés à leurs pratiques, la culture ne disparaît pas totalement.
Depuis quelques années, le mouvement de redécouverte des légumes oubliés souffle un vent nouveau sur ces variétés rustiques. Des passionnés transmettent savoirs et semences aux générations suivantes, assurant la continuité d’une tradition qui semblait menacée. Ces variétés anciennes, non hybridées, présentent par ailleurs une robustesse naturelle que les sélections modernes peinent souvent à égaler.
Pois de terroir
Le petit pois d’Objat ne se définit pas par une seule variété, mais par un ensemble de microvariétés locales, façonnées et adaptées au fil des générations aux conditions climatiques propres à la Corrèze. C’est cette singularité qui lui confère sa saveur caractéristique et lui vaut une appellation — plus ou moins formalisée. Parmi ces variétés, le Gloire de Corrèze aurait été le principal moteur de la production, suivi de près par le Petit de Gorsat.