Gestion : les changements législatifs au 1er janvier 2026
- Temps de lecture : 5 min
Les entreprises CHR sont concernées par plusieurs changements économiques et fiscaux depuis le 1er janvier 2026.
Le Ministère de l’Economie annonce plusieurs changements législatifs pour la gestion des entreprises CHR au 1erjanvier 2026. Ces derniers concernent notamment la revalorisation du SMIC et la poursuite de l’exonération fiscale sur les pourboires.
Certaines mesures entrent en vigueur par le biais de lois et de décrets déjà promulgués. D’autres dispositions bénéficient de l’absence de vote de loi de finances 2026. Elles se poursuivront jusqu’à ce que celle-ci soit promulguée.
Négociations sur le SMIC hôtelier
Le salaire minimum interprofessionnel (SMIC) est revalorisé de 1,18 %, soit un SMIC horaire brut à 12,02€ brut. Cette hausse implique, de façon mécanique, un dépassement de l’échelon I – niveau I du SMIC hôtelier (12 € brut de l’heure). Le SMIC légal devient ainsi plus favorable. Des accords salariaux de branche sont actuellement en cours pour ajuster la situation.
Dans l’intervalle, les employeurs des CHR doivent respecter la législation et appliquer une rémunération au SMIC revalorisé, à savoir 12,02 € brut de l’heure, pour les salariés de l’échelon le plus bas. En revanche, aucune revalorisation automatique n’est appliquée pour les autres échelons.
Cet effet mécanique concerne aussi la convention collective de la restauration rapide. Les salariés de niveau I – échelons A et B bénéficient également du SMIC légal en attendant l’aboutissement des accords de branche.
L’exonération des pourboires prolongée
Après une période d’incertitude en fin d’année 2025, les professionnels des CHR ont obtenu le prolongement de l’exonération fiscale et sociale des pourboires. La mesure devait prendre fin au 31décembre 2025. Elle est reconduite «de manière exceptionnelle et dérogatoire » en l’absence de vote de la loi de finances 2026, et jusqu’à la date de sa promulgation. Le cabinet du ministre Roland Lescure a confirmé cette disposition dans une communication auprès de l’UMIH. Il précise que « des mesures seront prises afin de rassurer les entreprises du secteur de la restauration pour leur permettre de continuer à appliquer le régime d’exonération dès le 1er janvier. » Les entreprises recevront des directives pour pouvoir continuer à l’appliquer.
Cette prolongation s’applique également au dispositif de prise en charge des frais de transports publics des salariés. Les conditions en vigueur en 2025 restent applicables jusqu’au vote de la loi de finances 2026. L’employeur peut prendre en charge jusqu’à 75% du coût des abonnements des transports collectifs.
Aide à l’embauche des apprentis
En l’absence de loi de finances 2026, seules les entreprises de moins de 250 salariés peuvent bénéficier de l’aide à l’embauche des apprentis. La condition : recruter un apprenti qui prépare une certification reconnue au niveau national, de niveau 3 (CAP) et 4 (Baccalauréat, brevet professionnel). L’entreprise obtient ainsi une aide de 5.000 € la première année du contrat. Elle atteint 6.000 € pour l’embauche d’un salarié en situation de handicap. Pour rappel, le seuil d’exonération des cotisations salariales sur la rémunération des apprentis est également abaissé à 50 % du SMIC depuis le 1er mars 2025. Elle était de 79 % auparavant.
Les exonérations pour les métiers en tension
L’exonération de cotisations patronales est plafonnée à 25 % pour des embauches ciblées pour les entreprises qui recrutent des salariés dans les métiers dits en tension.
Evolution de la taxe de séjour en Ile-de-France
Le montant de la taxe de séjour à Paris et dans l’ensemble des communes d’Ile-de-France évolue au 1erjanvier. Il augmente et comprend également la taxe additionnelle de 200%. Celle-ci contribue, depuis mars 2025, au financement d’Ile-de-France Mobilités. Les hébergeurs doivent vérifier la régularité des tarifs des chambres.
Un simulateur est disponible sur le site du ministère de l’Economie. Celui-ci permet de déterminer le tarif applicable selon la catégorie des établissements. Par exemple, à Paris, la taxe de séjour dans un hôtel 3* se monte à 5,53€ par personne et par nuit. Soit 1,70€ de taxe de séjour + 0,17€ de taxe additionnelle départementale à 10 % + 0,26 € de taxe additionnelle régionale à 15 % + 3,40 € de taxe additionnelle régionale à 200%. Le tarif applicable pour un hébergement non classé est égal à 5% du coût par personne et par nuitée, dans la limite de 15,93 €.
Refonte de la réduction des cotisations patronales
Autre réforme, celle de la réduction générale des cotisations patronales. Les modalités de calcul évoluent. Elles tiennent compte de la suppressions des taux réduits des cotisations d’assurance maladie et d’allocations familiales.
Hausse des contributions employeur sur les indemnités de rupture
La contribution patronale sur les indemnités de rupture passe de 30 % à 40 % sur la part des indemnités exonérées de cotisation de Sécurité sociale.
D'autres éléments à retenir
le nouveau plafond annuel de la Sécurité sociale, en hausse de 2 %
mobilisables à partir du 1er juillet pour les enfants nés dès le 1er janvier 2026.
la hausse des contributions patronales sur les indemnités de rupture de contrat (part des indemnités exonérées de contributions de Sécurité sociale)