À travers le rapport de l’Observatoire de l’industrie du tourisme, Alliance France Tourisme a révélé que 2025 avait constitué une année contrastée. Avec ce bilan, la structure souhaite pousser les professionnels à passer d’une logique de volumes à une logique de valeur.
« Une croissance réelle mais contrastée, révélatrice des mutations profondes à l’œuvre au sein de l’économie touristique française. » C’est par ces mots qu’Alliance France Tourisme résume l’année 2025 dans son traditionnel rapport de l’Observatoire de l’industrie du tourisme, qui fait le bilan de l’année écoulée.
De plus, si la croissance existe, elle reste mesurée et tirée par la fréquentation plutôt que par la valeur. Ainsi, dans l’hébergement marchand, le revenu par chambre disponible progresse de 1,3%, une hausse cependant inférieure à l’inflation. Le taux d’occupation moyen national augmente de 0,7 point, pour atteindre 66% sur l’année 2025. Dans le même temps, le prix moyen connaît une légère hausse de 0,2%. L’Observatoire de l’industrie du tourisme en déduit « un comportement de consommation plus prudent de la clientèle française et des arbitrages budgétaires marqués, notamment sur les segments d’entrée de gamme ».
L’effet de rattrapage post-événementiel est également visible, notamment dans les destinations très bénéficiaires des grands événements de 2024.
Néanmoins, les segments du haut de gamme et du luxe ne connaissent pas la crise, avec un revenu moyen par chambre en hausse de 5,6%. « Portées par une demande internationale soutenue, ces catégories concentrent une part croissante de la croissance du chiffre d’affaires, au bénéfice de destinations dites “locomotives” telles que Paris, la Côte d’Azur, les Alpes et les littoraux de la façade ouest », estime ainsi l’observatoire.
La région PACA toujours en tête
Parmi les régions attractives, Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) figure en tête, avec une évolution du revenu par chambre disponible supérieure à 5%. Une évolution supérieure à 2% du côté des régions Bretagne et Grand Est, tout comme pour l’Auvergne-Rhône-Alpes, qui « enregistre une progression portée par les stations de montagne, compensant le recul observé sur la métropole lyonnaise », analyse l’observatoire. De leurs côtés, « la Normandie et la Nouvelle-Aquitaine bénéficient de l’attractivité de leurs littoraux », avec des croissances comprises entre 1 et 2%.
L’enjeu est désormais d’investir dans la qualité de l’offre, l’attractivité des territoires et la capacité à capter une demande internationale à forte contribution économique.
« À l’inverse, l’hébergement marchand dans certaines métropoles non côtières, ainsi que les segments économiques et budget, connaît une activité plus atone. L’effet de rattrapage post-événementiel est également visible, notamment dans les destinations très bénéficiaires des grands événements de 2024 », tempère alors Alliance France Tourisme dans son rapport. Ce qui démontre de la fragilité d’une dépendance trop forte à des clientèles spécifiques pour certaines destinations et donc de la nécessaire diversification de l’offre.
Vers une année 2026 également contrastée en termes de tourisme
Par ailleurs, 2025 a laissé place à 2026 mais la dynamique semble demeurer identique, avec des perspectives contrastées pour cette nouvelle année. « Après un bon démarrage lors des vacances de Noël, marquées par une hausse de la fréquentation de 1,8 point, une progression du prix moyen de 1,8% et une augmentation de 5,3% du revenu par chambre disponible, les niveaux de réservation pour les mois de janvier à mars apparaissent plus prudents, notamment hors vacances scolaires », explique l’Observatoire de l’industrie du tourisme. Les raisons ? Le pouvoir d’achat toujours faible des ménages français, qui privilégient donc des séjours plus courts et des réservations à la dernière minute.
Enfin, à travers les données de son observatoire, Alliance France Tourisme voit « le passage d’une logique de volumes à une approche centrée sur la création de valeur », ce qui « confirme l’inflexion stratégique engagée par la filière ». Et de conclure : « L’enjeu est désormais d’investir dans la qualité de l’offre, l’attractivité des territoires et la capacité à capter une demande internationale à forte contribution économique. »