Au comptoir, le café ! : le coup de gueule de Lola Tobelem, autrice et lauréate du prix Curnonsky 2023

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Dans l’Auvergnat de Paris, l’autrice de Parlons vin, parlons bien (Le Robert, 2022) lance un plaidoyer en faveur du comptoir et du lien qu’il forme avec le petit noir servi à la volée, face à la montée en puissance des coffee-shop.

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Lola Tobelem est journaliste et autrice. Elle a remporté le prix Curnonsky 2023 dans la catégorie vin. Crédit : Lola Tobelem

«Combien de fois ai-je eu la chance de trouver sous mes doigts le doux et lisse rebord de comptoir pour avaler un café ? Avant un rencard ou entre deux averses, je savais que la plus discrète des brasseries saurait m’offrir ma noisette. En sachant que chatine et tabouret seraient peut-être au rendez-vous, je gardais dans mon escarcelle quelque menue monnaie à ce seul effet. Payer 1,10 € au Vaudesir et jusqu’à 2 € pour un café à prix comptoir, c’était une règle connue des Parisiens et Parisiennes. Et parce que j’y ai servi moi-même des kilomètres de petits noirs, j’adore encore faire découvrir cette coutume.

Aussi, quelle tristesse d’assister à deux tendances : l’une, celle du coffee shop aux cafés de luxe grenouillant dans des gobelets à emporter et aux assises qui sont des injures à l’invention du confort. L’autre, la transformation des comptoirs en passe. Bien compréhensible, vu le manque criant de places, mais je ne peux que regretter de voir mes jolis zincs condamnés par des piles d’assiettes. Au lieu de garder ledit comptoir pour les bons mots et le café chaud ! Alors les amis, n’oubliez pas qu’un comptoir, ce n’est pas fait pour compter le grisbi. Et que pour les habitué.e.s, ça compte, pardi ! »

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