Au cœur de la campagne : à Toulouse, Jean-Luc Moudenc promet sécurité renforcée, stabilité fiscale et encadrement des meublés touristiques
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Jean-Luc Moudenc brigue un troisième mandat à Toulouse. Terrasses, sécurité et accès au centre-ville sont au cœur de son programme.
Le maire sortant divers droite Jean-Luc Moudenc remet son mandat en jeu lors des municipales 2026 à Toulouse. Ancien Républicain (LR) désormais sans étiquette, il brigue un troisième mandat après l’intermède socialiste de Pierre Cohen entre 2008 et 2014. Dans cette ville traditionnellement ancrée à gauche, qui a largement voté pour Jean-Luc Mélenchon lors de la présidentielle de 2022, l’édile met en avant plusieurs priorités susceptibles d’intéresser les professionnels du commerce et de la restauration : maintien du cadre réglementaire des terrasses, sécurité renforcée pour les commerçants, stabilité fiscale locale, encadrement des meublés touristiques et amélioration de l’accessibilité du centre-ville.
Terrasses : Quelles dispositions prévoyez-vous au sujet de l’implantation des terrasses permanentes et éphémères ?
Les terrasses sont un lieu de rencontre et d’échanges cher aux cœurs des Toulousains. Elles contribuent à entretenir cette atmosphère conviviale qui fait l’âme de Toulouse.
Dès 2020, nous avons engagé, en concertation avec les représentants du monde commerçant, un nouveau règlement terrasse. Ce document est accessible à tous. Il permet de définir très précisément, tout à la fois, et de manière très claire les modalités et les conditions d’obtention d’une terrasse. Nous y avons attaché une charte esthétique, par quartier, qui donne des prescriptions essentielles pour maintenir la beauté de nos terrasses. Tout ce travail de concertation portent aujourd’hui ces fruits. Il existe près de 1000 terrasses à Toulouse, la plupart très respectueuses des règles.
Ramassage des déchets : Que prévoit votre programme concernant la collecte des déchets pour les professionnels des métiers de bouche ? Quelles mesures envisagez-vous s’agissant des biodéchets ?
La collecte des déchets des commerçants, qu’ils soient alimentaires ou non, relève de leur responsabilité. Elle n’incombe pas directement à la collectivité. Toutefois, la ville ne souhaite pas laisser les professionnels seuls face aux nouvelles réglementations. Celles-ci peuvent être complexes à comprendre et à mettre en œuvre. La municipalité a donc missionné la Fédération des commerçants. Une subvention lui permet d’accompagner les professionnels. L’objectif est d’organiser une collecte des déchets alimentaires. La ville avait déjà mis en place un dispositif similaire pour la collecte des cartons, avec succès.
Fiscalité : Vous mettez en avant l’absence de hausse de la taxe foncière et de la CFE, un plan de relance de 95 millions d’euros pendant le Covid et plus de 4 000 créateurs d’entreprises accompagnés : comment comptez-vous prolonger cette dynamique en faveur des PME dans un contexte économique plus incertain ?
Nous continuerons de travailler pour que Toulouse reste une chance pour les entrepreneurs et les entreprises, quelle que soit leur taille. Dans un contexte national et international incertain, la ville entend créer de la stabilité : aucune nouvelle hausse d’impôts n’est prévue. Les acteurs économiques seront également davantage associés aux orientations de la collectivité grâce à la création d’un Conseil économique de Toulouse Métropole, qui pourra se saisir de sujets et formuler des avis auprès de l’exécutif sur l’ensemble des politiques menées.
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Ensuite, participer au réarmement industriel de la France étant également une priorité, et conscient de l’alerte récente du PDG de Safran, Toulouse sera candidate à l’accueil de toutes implantations industrielles sur notre territoire. Ce message, volontairement clair, nous l’opposons à tous ceux qui, parfois à demi-mots ou parfois de manière brutale, s’opposent dogmatiquement à ces implantations. Enfin pour les commerçants, si nous sommes élus, nous irons plus loin pour leur sécurité, car nous savons que c’est un sujet majeur de préoccupation pour eux et leur employés. Nous leur proposerons, ainsi, des boîtiers d’alerte connectés à la Police municipale pour une intervention encore plus rapide.
Soutien aux entreprises : Vous proposez de demander l’interdiction des manifestations en centre-ville en cas de risque de trouble à l’ordre public afin de protéger les commerçants : comment comptez-vous concilier cette mesure avec le respect du droit de manifester ?
Le droit à manifester relève de la liberté d’expression, il ne s’agit en aucun cas de le restreindre mais bien de l’encadrer pour qu’il ne soit pas, ou plus, une entrave à la liberté d’entreprendre ou simplement d’aller et venir à Toulouse, pour les visiteurs du centre-ville. Comment restaurer l’attractivité de nos coeurs de ville ou de quartier s’ils sont, tous les samedis pris en otage par des mobilisations qui contraignent à la fermeture de voies et de places en raison de risque de débordements, pour protéger les habitants et les commerçants eux-mêmes ? L’expression restera possible et en toute liberté, dès lors qu’elle est respectueuse du cadre de vie des Toulousains.
Sécurité et vivre ensemble : Quelles limites souhaitez-vous poser concernant les nuisances sonores liées aux activités de restauration ? Comment envisagez-vous les relations entre les forces de l’ordre municipales et les CHR ? Les agents seront-ils sensibilisés aux particularités de ces métiers ?
Les nuisances sonores ne sont que très rarement liées à l’activité de restauration, elle-même. Cette question n’est absolument pas une généralité. La preuve en est que tous les établissements ne font pas l’objet de plaintes. Être une ville respectueuse de ses habitants ne signifie pas être une ville du silence. Mais bien d’être mobilisé et sensibiliser les clients. N’oublions pas que dans la plupart des cas les plaintes pour nuisances sonores sont le fruit de comportements isolés, tardifs et liés à une consommation excessive d’alcool.
Dans ces conditions, les forces de l’ordre qui sont amenées à intervenir aident à la résolution du problème ponctuel. Nous avons engagé, en lien avec les commerçants, des procédés de médiation et notamment l’expérimentation sur certaines places d’un dispositif pédagogique visant à alerter les clients lorsque le niveau sonore dépasse certaines limites. Nous poursuivrons ces démarches de sensibilisation sans opposer les restaurateurs, les clients et les riverains.
Meublés de tourisme : Quelles mesures souhaitez-vous prendre pour les réguler ? Quels moyens de contrôle allez-vous mettre en place ?
Toulouse fait partie des villes pionnières en matière d’encadrement des meublés de tourisme, avec une ligne claire : permettre la location occasionnelle, mais empêcher la transformation progressive du parc résidentiel en hébergements touristiques, notamment dans les secteurs les plus tendus. Concrètement, nous maintenons et renforçons un cadre exigeant fondé sur trois piliers. D’abord, l’enregistrement obligatoire : toute offre doit être déclarée et identifiable. Ensuite, l’autorisation préalable de changement d’usage pour les locations de courte durée lorsqu’il s’agit d’une résidence secondaire ou d’une activité à caractère professionnel. Enfin, un mécanisme de compensation, organisé en trois périmètres, avec des exigences graduées et plus strictes dans les zones où la pression sur le logement est la plus forte, en particulier le centre-ville. L’objectif est simple : éviter toute perte nette de logements destinés à l’habitation.
Nous faisons également la distinction entre la location “de bon sens” et la location “d’investissement”. Lorsqu’un logement est la résidence principale, la location ponctuelle reste possible, dans la limite de 120 jours par an, sans changement d’usage. En revanche, au-delà de ce cadre, ou lorsque l’activité s’inscrit dans une logique professionnelle, les règles doivent être respectées, car l’impact sur le logement à l’année n’est plus le même.
Sur les moyens de contrôle, notre priorité est d’être à la fois rigoureux et efficaces. Cela passe par le suivi systématique des enregistrements, des contrôles ciblés dans les secteurs les plus exposés et sur les situations de multi-propriété, ainsi que par la vérification du respect du plafond des 120 jours pour les résidences principales. En cas d’irrégularité — absence d’enregistrement, dépassement des durées autorisées, changement d’usage non déclaré — nous mettons en œuvre des procédures de mise en conformité et, lorsque c’est nécessaire, des sanctions. Notre objectif n’est pas de stigmatiser, mais de protéger : protéger les Toulousains qui cherchent à se loger, préserver la mixité et la vie de quartier, et garantir une règle du jeu équitable pour tous.
Accessibilité : De quelle manière votre politique en matière de transport sera-t-elle favorable à l’activité des CHR ? Prévoyez-vous d’agir sur le stationnement ? Du point de vue du logement, que prévoit votre programme pour faciliter l’accès aux logements de centre ville pour les métiers en tension ?
Sur l’accessibilité, nous ne croyons pas à l’auto-bashing : nous croyons à la cohabitation intelligente des modes de déplacement. L’objectif est simple : maintenir un centre-ville facilement accessible. Pour les clients. Mais aussi pour celles et ceux qui y travaillent. Dans cette logique, la ville a investi dans des parkings relais. Ils sont situés en bout de ligne de métro. Les automobilistes peuvent s’y garer. Puis rejoindre facilement les transports en commun. Ce dispositif permet d’accéder au centre-ville sans contrainte. Pour faire ses achats. Aller au restaurant. Ou profiter des animations. Nous poursuivrons cette logique de solutions pragmatiques, qui facilitent la vie quotidienne sans opposer les usages.
Nous serons également très vigilants sur le partage de l’espace public. La hausse des déplacements à vélo et en trottinette est une réalité. Elle traduit à la fois un changement de pratiques depuis le Covid et les investissements que nous avons engagés en faveur des mobilités douces. Mais cela doit se faire dans l’ordre et dans le respect des piétons. La sécurité et la tranquillité de circulation dans les rues commerçantes sont essentielles, y compris pour l’activité des CHR. Nous continuerons la prévention et la sensibilisation. Nous renforcerons aussi les contrôles et, lorsque c’est nécessaire, les sanctions contre les comportements dangereux ou inciviques. C’est une attente forte des commerçants.
Sur le logement, la municipalité veut poursuivre la production de logements dans toute la métropole. L’objectif est fixé à 7 300 logements par an. Pour la ville, l’accès au logement conditionne directement l’accès à l’emploi. Le centre-ville reste particulièrement concerné par les tensions immobilières. La municipalité veut donc renforcer le plan « centre ancien ». Ce programme vise à sécuriser, rénover et remettre sur le marché des immeubles dégradés ou sous-occupés. L’objectif est de remettre sur le marché des logements de qualité. En priorité pour les actifs qui travaillent au centre-ville. Notamment dans les métiers en tension comme ceux des CHR. La ville prévoit aussi d’étendre le périmètre patrimonial. Cette mesure doit encourager les rénovations. Elle doit aussi accélérer la remise en habitation de logements aujourd’hui peu ou mal utilisés.
Attractivité touristique : Quels moyens et dispositifs souhaitez-vous déployer pour favoriser l’attractivité touristique de la ville ? Quel fléchage budgétaire envisagez-vous pour la taxe de séjour ?
Nous voulons renforcer l’attractivité touristique de Toulouse et de sa Métropole. La ville mise pour cela sur l’accueil de grands événements. Parmi eux : l’Euro 2016, les matches de la Coupe du monde de rugby, les concerts de Bigflo et Oli ou encore les rencontres de l’équipe de France féminine. Ces événements génèrent des retombées économiques importantes. L’Opéra urbain de 2024 a par exemple généré plus de 10 millions d’euros pour les commerçants. Le Tour de France 2025 a également produit 5 200 nuitées. Pour accompagner cette dynamique, la collectivité réinvestit la taxe de séjour. Plus des deux tiers de cette taxe sont reversés à l’agence d’attractivité Toulouse Team. L’objectif est de renforcer la promotion de la destination et d’améliorer l’accueil touristique sur l’ensemble de la métropole.