Au cœur de la campagne : à Nancy, Mathieu Klein veut prolonger la période des terrasses et rénover le marché central

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Terrasses, marché central et sécurité : les mesures du maire sortant Mathieu Klein lors des municipales 2026 à Nancy.

portrait de mathieu klein, maire sortant à Nancy
En mars 2020, le socialiste Mathieu Klein (PS) avait devancé le centriste Laurent Hénart (Parti Radical) d’une courte tête. Six ans plus tard, les deux rivaux se retrouvent prêts à en découdre lors de ces municipales 2026.

La place des CHR dans la vie économique et touristique de Nancy s’impose comme un enjeu central. Terrasses, collecte des biodéchets, dynamisme du commerce de proximité, sécurité du centre-ville ou encore régulation des meublés touristiques : la municipalité avance plusieurs mesures pour accompagner l’activité des professionnels et renforcer l’attractivité du cœur de ville. Le maire sortant Mathieu Klein revient sur les principaux axes de son action et sur les dispositifs qu’il souhaite poursuivre ou amplifier pour soutenir l’économie locale.

Quelles dispositions prévoyez-vous au sujet de l’implantation des terrasses permanentes et éphémères ?

Notre objectif de ces municipales 2026 est d’aller vers moins de terrasses éphémères et davantage de terrasses annuelles, tout en étendant leur période d’exploitation. Par le passé, celle-ci s’étendait de mi-avril à mi-septembre. Durant ce mandat, nous l’avons déjà élargi du 15 mars au 15 octobre. La municipalité souhaite désormais aller plus loin. L’objectif est d’étendre la période d’exploitation du 1er mars au 1er novembre.
Les restaurateurs peuvent aussi demander l’installation de terrasses pendant les fêtes hivernales. Cette possibilité a été encouragée ces dernières années. Nous souhaitons poursuivre dans cette direction.

L’enjeu reste de trouver un équilibre entre l’activité économique et la qualité de vie des riverains. Nous travaillons à favoriser le dialogue entre commerçants et habitants afin de trouver des solutions lorsque des nuisances apparaissent, par exemple en adaptant les horaires ou l’usage des terrasses si les nuisances deviennent trop importantes. Dans l’ensemble, les échanges restent fluides et nous jouons un rôle d’intermédiaire entre les deux parties.

Que prévoit votre programme concernant la collecte des déchets ? Quelles mesures envisagez-vous s’agissant des biodéchets ?

Nous avons déjà mis en place plusieurs dispositifs pour améliorer la collecte des déchets des professionnels, notamment pour les cartons et les matériaux recyclables. En centre-ville, la collecte s’effectue en porte-à-porte grâce à deux camions électriques qui sillonnent l’hypercentre et vont directement à la rencontre des restaurateurs pour récupérer ces déchets. Ce dispositif permet d’alléger l’espace public tout en renforçant l’attractivité du centre-ville. Nous comptons bien le maintenir. Par ailleurs, dans l’hypercentre, la collecte des biodéchets s’effectue directement auprès des établissements de CHR trois fois par semaine. Cette mesure est particulièrement appréciée des professionnels, car elle facilite la gestion de leurs déchets alimentaires. Nous poursuivrons également dans cette voie.

Vous avez annoncé un investissement de 6 millions d’euros pour rénover le marché central, ainsi que plusieurs actions pour promouvoir l’achat local, soutenir les commerçants et développer l’économie sociale et solidaire en centre-ville. Comment comptez-vous faire de ces mesures un véritable levier durable pour revitaliser le commerce de proximité et renforcer l’attractivité du cœur de ville ?

La mesure phare de ces municipales 2026 est la rénovation du marché central, qui doit devenir le navire amiral du commerce de centre-ville. Nous avons prévu un investissement de 6 millions d’euros et lancerons un appel d’offres dans le cadre d’une délégation de service public afin de redynamiser cet équipement. En amont, nous avons travaillé avec les commerçants pour élaborer un cahier des charges qui servira de base à cet appel d’offres. C’est un projet structurant pour le centre-ville. Parmi les autres leviers, l’accessibilité reste un point clé.

De quelle manière votre politique en matière de transport sera-t-elle favorable à l’activité des CHR ? Prévoyez-vous d’agir sur le stationnement ?

Aujourd’hui, trois parkings situés en bord de ville, représentant au total 1 000 places, sont gratuits tout le week-end. Ce dispositif a été mis en place pour faciliter l’accès au centre-ville et nous avons déjà observé une hausse de la fréquentation de l’ordre de 18 %. Toutefois, les commerçants constatent que cette augmentation du nombre de visiteurs ne se traduit pas toujours par des achats. Nous souhaitons donc aller plus loin en instaurant une tarification minorée du stationnement pour les clients : concrètement, les personnes qui effectuent un achat pourront bénéficier d’une réduction sur leur stationnement. Enfin, le développement de l’économie sociale et solidaire fait également partie de l’évolution du commerce en centre-ville. Nous voulons encourager ces initiatives, cette ’offre de seconde main, encore insuffisamment présente aujourd’hui, et accompagner les porteurs de projets dans ce domaine.

Quels engagements prenez-vous vis-à-vis des entreprises sur les impôts et taxes ?

Nous proposons une réforme de cette fiscalité locale. Aujourd’hui, les principaux contributeurs sont les propriétaires et les commerçants. Nous souhaitons recréer un lien direct entre les citoyens et la collectivité. L’objectif est que l’ensemble des habitants contribue au financement des services publics locaux, à travers une contribution calculée en fonction des revenus. Nous appelons donc à une révision du système fiscal local afin que tous les habitants participent à l’impôt. C’était en partie le cas avec l’ancienne taxe d’habitation, mais celle-ci présentait des limites, car elle ne prenait pas suffisamment en compte la capacité contributive de chacun. Par ailleurs, concernant l’occupation du domaine public, nous avons mené un important travail de zonage et adopté une tarification différenciée. Plus on s’éloigne du centre-ville, plus le coût diminue. Cette sectorisation vient tout juste d’être mise en place et nous n’avons pas l’intention d’y revenir.

Quelles limites souhaitez-vous poser concernant les nuisances sonores liées aux activités de restauration ? Comment envisagez-vous les relations entre les forces de l’ordre municipales et les CHR ? Les agents seront-ils sensibilisés aux particularités de ces métiers ?

Au cours de ce mandat, nous avons pris la mesure de ces enjeux en augmentant de 50 % le nombre d’agents dédiés à la sécurité du centre-ville et en créant une brigade de médiateurs. Leur rôle est essentiel auprès des restaurateurs et des cafetiers : elle intervient pour maintenir le dialogue et désamorcer des situations qui pourraient devenir conflictuelles, avant même qu’une intervention de la police municipale ne soit nécessaire. Nous nous sommes également dotés d’une brigade canine anti-stupéfiants, intégrée à la police municipale, afin de répondre aux préoccupations de sécurité exprimées par les commerçants.

Notre objectif est désormais d’aller plus loin en augmentant encore de 30 % le nombre d’agents de sécurité et en renforçant la brigade de médiation, qui passerait de huit à dix médiateurs. L’idée est de privilégier la médiation et le dialogue afin de trouver un équilibre entre l’activité économique, la vie nocturne et la qualité de vie des riverains.

Quelles mesures souhaitez-vous prendre pour les réguler ?

Nous avons mis en place un observatoire afin de mieux mesurer la présence des meublés de tourisme. Ils représentent aujourd’hui environ 1 % du parc locatif de la métropole, dont près de 80 % se situent à Nancy. Nous ne sommes pas encore dans une zone de forte tension, mais dans certains quartiers, comme la Vieille Ville, nous constatons une progression de ces locations et nous restons vigilants. Les hôteliers nancéiens nous demandent de veiller à une régulation équilibrée. Nous avons donc décidé d’encadrer le nombre de nuitées et de rendre leur enregistrement obligatoire. Nous sommes encore dans une phase d’expérimentation, mais ce travail doit se poursuivre en concertation avec les professionnels de l’hôtellerie.

Quels moyens et dispositifs souhaitez-vous déployer pour favoriser l’attractivité touristique de la ville ?

Nancy Thermal commence déjà à produire ses effets et nous souhaitons désormais passer à la vitesse supérieure en développant l’accueil des curistes. Parallèlement, nous voulons maintenir et renforcer les grands rendez-vous culturels qui font la réputation de la ville : le Livre sur la Place à la rentrée littéraire de septembre, le festival de jazz en octobre, les foires d’automne ou encore la fête de la Saint-Nicolas. Nous voulons également développer l’attractivité estivale. Cela passe notamment par des guinguettes culturelles installées dans les parcs de la ville. Une base de loisirs a aussi été ouverte récemment. Elle connaît une fréquentation croissante. On y trouve des espaces de restauration, un bassin d’eau et plusieurs activités. Autre objectif : valoriser le port de plaisance. Aujourd’hui, il est principalement occupé par des résidents à l’année. La municipalité souhaite y accueillir davantage de plaisanciers et développer des activités de restauration fluviale.

Sur le plan patrimonial, nous travaillons à l’inscription de la Villa Majorelle au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce symbole de l’Art nouveau constitue un levier important pour renforcer l’attractivité touristique de Nancy. Enfin, concernant la fête de la Saint-Nicolas, dont le défilé autour du 6 décembre constitue le temps fort, les restaurateurs et hôteliers nous ont fait part de leur souhait de proposer une offre plus étoffée. Nous avons donc décidé de créer « la Saint-Nicolas sur l’eau », une animation aquatique qui permet de prolonger la fréquentation touristique et de soutenir l’activité des établissements le week-end suivant.

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