Au cœur de la campagne : rencontre avec les candidats aux municipales 2026 de Nancy

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Dans le cadre des municipales 2026 à Nancy, les deux principaux candidats exposent leurs mesures pour soutenir les commerces et les CHR.

Fiscalité, terrasses, sécurité, accessibilité, logement et attractivité touristique sont au menu de ces municipales 2026 à Nancy. Crédit : Au coeur des villes

À quelques jours des élections municipales de 2026 à Nancy, Au Cœur du CHR s’est penché sur les programmes des deux principaux candidats à l’aune des enjeux qui préoccupent particulièrement les professionnels. Fiscalité, terrasses, sécurité, accessibilité, logement et attractivité touristique sont au menu de ces municipales 2026 à Nancy.

Mathieu Klein mise sur les terrasses annuelles

À Nancy, la place des cafés, hôtels et restaurants dans la vie économique et touristique de la ville constitue un enjeu central de la campagne municipale. Le maire sortant Mathieu Klein (PS) met en avant plusieurs mesures pour soutenir le secteur. Son programme vise aussi à renforcer l’attractivité du centre-ville. Il mise notamment sur les terrasses, le commerce de proximité et le développement touristique.

Premier axe des municipales 2026 à Nancy : les terrasses. La municipalité veut privilégier les terrasses annuelles plutôt que les installations éphémères. Elle souhaite aussi prolonger leur période d’exploitation. Autrefois limitée de mi-avril à mi-septembre, elle a déjà été élargie du 15 mars au 15 octobre. L’objectif est désormais de l’étendre du 1er mars au 1er novembre. Les restaurateurs peuvent aussi demander l’installation de terrasses pendant les fêtes hivernales. La ville insiste toutefois sur un point : préserver l’équilibre entre activité économique et tranquillité des riverains. Notamment grâce au dialogue entre commerçants et habitants et à des ajustements possibles en cas de nuisances.

La gestion des déchets constitue un autre levier pour améliorer le fonctionnement du centre-ville. La ville a mis en place une collecte en porte-à-porte pour les cartons et matériaux recyclables, assurée par deux camions électriques qui sillonnent l’hypercentre et vont directement à la rencontre des restaurateurs. Par ailleurs, les biodéchets des établissements de CHR sont collectés trois fois par semaine dans le centre-ville. Un dispositif jugé utile par les professionnels pour faciliter la gestion de leurs déchets alimentaires. Côté commerce, la mesure phare concerne la rénovation du marché central. La municipalité prévoit un investissement de 6 millions d’euros afin d’en faire le « navire amiral » du commerce de centre-ville. Le projet passera par une délégation de service public, accompagnée d’un cahier des charges élaboré avec les commerçants.

L’accessibilité du centre-ville constitue également un enjeu important. Trois parkings situés en entrée de ville, totalisant 1 000 places, sont aujourd’hui gratuits le week-end, un dispositif qui aurait permis d’augmenter la fréquentation du centre-ville de 18 %. La municipalité envisage désormais de mettre en place une tarification minorée du stationnement pour les clients effectuant un achat. Sur le plan fiscal, Mathieu Klein défend une réforme de la fiscalité locale afin de rééquilibrer la contribution au financement des services publics. L’objectif serait de recréer un lien direct entre les habitants et la collectivité grâce à une contribution calculée en fonction des revenus.

Concernant l’occupation du domaine public, la ville a également mis en place une tarification différenciée selon les zones : plus on s’éloigne du centre-ville, plus le coût diminue. La sécurité constitue un autre axe du programme. Le mandat actuel a déjà vu une augmentation de 50 % des agents dédiés à la sécurité du centre-ville. Une brigade de médiateurs a aussi été créée. Elle a pour mission de prévenir les tensions, notamment avec les établissements de restauration. La ville s’est également dotée d’une brigade canine anti-stupéfiants intégrée à la police municipale. L’objectif est désormais d’augmenter encore les effectifs et de renforcer la brigade de médiation.

Enfin, la municipalité veut renforcer l’attractivité touristique de Nancy. Le développement de Nancy Thermal, les grands événements culturels – comme le Livre sur la Place, le festival de jazz ou la fête de la Saint-Nicolas – ainsi que de nouvelles animations estivales dans les parcs participent de cette stratégie. La ville souhaite également valoriser le port de plaisance en développant l’accueil des plaisanciers et des activités de restauration fluviale.

iportrait de mathieu klein, maire sortant à Nancy
En mars 2020, le socialiste Mathieu Klein (PS) avait devancé le centriste Laurent Hénart (Parti Radical) d’une courte tête. Six ans plus tard, les deux rivaux se retrouvent prêts à en découdre lors de ces municipales 2026.

Laurent Hénart veut soutenir le centre-ville

Dans ces municipales 2026 à Nancy, le candidat centriste Laurent Hénart (Parti Radical) met en avant plusieurs mesures pour soutenir l’activité des professionnels. Son objectif est de préserver l’attractivité commerciale de la ville. Il défend une ligne fondée sur la stabilité fiscale et l’amélioration du cadre de vie. L’ambition est de renforcer l’attractivité économique et touristique de Nancy. Sur la question des terrasses, le candidat se montre clair. Il ne souhaite pas revenir sur les autorisations délivrées lors de la précédente mandature. Pour lui, ces installations participent pleinement à l’animation commerciale et à la convivialité du centre-ville. Laurent Hénart insiste toutefois sur la nécessité de respecter les règles encadrant l’occupation du domaine public, les cheminements piétons, l’accessibilité et la tranquillité des riverains. L’objectif affiché est de maintenir un équilibre entre dynamisme économique et qualité de vie.

La gestion des déchets constitue un autre sujet important pour les professionnels des métiers de bouche. Le candidat souhaite ouvrir une concertation avec les restaurateurs afin d’évaluer le fonctionnement actuel de la collecte et d’identifier des pistes d’amélioration. La gestion des biodéchets apparaît comme un point particulièrement sensible : nuisances olfactives, présence de rats ou encore qualité insuffisante des déchets collectés compliquent aujourd’hui leur valorisation. Une évolution du dispositif pourrait donc être envisagée. Plus largement, Laurent Hénart mise sur plusieurs leviers pour renforcer l’attractivité économique du centre-ville. Le dispositif « Panier Stanislas », destiné à faciliter l’installation des salariés et des chefs d’entreprise à Nancy, doit notamment contribuer à renforcer l’accueil et l’intégration des nouveaux actifs. L’objectif est de faire du centre-ville un véritable « cœur battant » en s’appuyant sur ses principaux pôles commerciaux. A commencer par le marché central, le centre commercial Saint-Sébastien ou encore la rue Saint-Dizier.

La question fiscale occupe une place importante dans son programme. Laurent Hénart s’engage à ne pas augmenter les taux d’impôts locaux applicables aux entreprises ni aux familles pendant la durée du mandat. Concernant les redevances de terrasses, leur évolution resterait limitée au niveau de l’inflation. Cette stabilité fiscale constitue, selon lui, un facteur essentiel pour maintenir l’attractivité économique de la ville. Le candidat insiste aussi sur le dialogue avec les professionnels de la restauration. Il souhaite maintenir un échange régulier entre la municipalité et les acteurs de la vie nocturne.

La question des nuisances sonores reste un point de vigilance. ll rappelle l’existence de la Charte de la vie nocturne, mise en place en 2019. Ce dispositif vise à prévenir les conflits. Il encourage la responsabilité des établissements et la concertation avec les riverains. Les services municipaux resteront mobilisés. La police municipale aussi. Leur rôle sera d’accompagner les restaurateurs et de faciliter la gestion de ces situations.

Enfin, Laurent Hénart souhaite rester vigilant sur le développement des meublés de tourisme. La situation n’est pas encore critique à Nancy. Mais le candidat appelle à la vigilance. Selon lui, le centre-ville et le cœur historique doivent faire l’objet d’une attention particulière. L’objectif est de préserver l’équilibre entre tourisme, logement des habitants et hôtellerie traditionnelle. À travers ces mesures, Laurent Hénart veut renforcer l’attractivité de Nancy. Il souhaite aussi consolider la place des commerces, des cafés et des restaurants. Pour lui, ces établissements jouent un rôle clé dans la vie économique et sociale de la ville.

iportrait de Laurent Hénart
Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 verront pour la troisième fois s'affronter à Nancy le socialiste Mathieu Klein, maire sortant, et le centriste Laurent Hénart, qui a dirigé la ville de 2014 à 2020.
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