Au cœur de la campagne : à Bordeaux, Thomas Cazenave s’engage pour une ville « forte, vivante, commerçante et accueillante »
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Principal opposant au maire actuel, Thomas Cazenave est le candidat du camp présidentiel, soutenu par le Modem, Horizons et l’UDI. Ancien ministre chargé des Comptes publics, le député Renaissance de Gironde, souhaite donner plus de visibilité aux exploitants des CHR, créer un foncière commerciale et artisanale municipale, revoir le système d’éclairage de la ville et introduire des mesures fortes sur la sécurité.
Quelles dispositions prévoyez-vous au sujet de l’implantation des terrasses permanentes et éphémères ? Si vous êtes élu, comptez-vous maintenir le nouveau règlement des terrasses mis en place en janvier 2026 ?
Les exploitants d’établissements ont besoin de visibilité et de stabilité économique. Nous devons lever les freins à l’attractivité et à la vitalité de nos CHR tout en garantissant la tranquillité publique. C’est un équilibre fondamental. Pierre Hurmic a voulu très tôt au début de son mandat réglementer les terrasses, avant d’échanger avec les principaux intéressés, avant de clarifier les règles. Et alors même qu’après la période COVID il fallait continuer à protéger, aider, accompagner. Finalement avec trois ans de retard, il vient de publier un nouveau règlement à compter du 12 janvier 2026. Que de temps perdu là encore.
Nous souhaitons avancer sur ce sujet par un dialogue continu, avoir de la cohérence et de la lisibilité sans être dogmatique. Nous procèderons donc dès le début du mandat à une évaluation, avec les acteurs concernés. Pour mesurer l’impact de la récente décision prise, sur l’activité économique des établissements, sur la clientèle, sur l’attractivité du centre-ville dans un esprit de concertation et de proportionnalité. Nous défendons la mise en place d’un droit à l’expérimentation encadrée, fondé sur des chartes d’engagement précises (horaires, emprise, réversibilité). Lorsqu’un commerçant respecte ces règles, la collectivité doit être un partenaire, pas un obstacle.
Que prévoit votre programme concernant la collecte des déchets pour les professionnels des métiers de bouche (rythme, horaires des tournées, dispositions de tri, tarification incitative pour la réduction à la source…) ?
La question des déchets des professionnels des métiers de bouche est essentielle. La propreté et l’attractivité de nos quartiers passent aussi par un accompagnement clair et concret des commerçants. En particulier des métiers de bouche, pour la gestion de leurs déchets. Dans notre programme municipal, nous affirmons que la municipalité doit accompagner les commerces dans la gestion de la collecte de leurs déchets, notamment en intensifiant l’action de proximité autour des commerces. Et en veillant à ce que les services publics répondent aux besoins des professionnels.
Il est temps d’agir vite et fort, avec des décisions claires, des moyens renforcés et une organisation adaptée aux réalités du terrain. Enfin, nous refusons de continuer à renvoyer systématiquement la responsabilité à la métropole : les habitants et les commerçants attendent des solutions concrètes, pas des excuses institutionnelles. Concrètement, cela signifie accompagner les professionnels dans le tri et la réduction des déchets à la source. En les aidant à accéder à des solutions de tri performantes et adaptées à leurs volumes (exemple : biodéchets, plateformes logistiques mutualisées pour cartons).
Mais aussi travailler en concertation avec les commerçants. Pour ajuster rythmes, équipements et services en fonction des besoins spécifiques de chaque quartier.Renforcer la propreté autour des commerces, par une présence plus forte des services municipaux dédiés à la collecte et au nettoyage.Étudier la mise en place d’une tarification incitative, car le levier financier est un axe majeur pour réduire les déchets à la source. Et enfin, mettre en place des actions d’incitation, de soutien aux démarches anti-gaspillage
Comment comptez-vous lutter contre la monoactivité dont souffrent certains quartiers/rues s’agissant des commerces de restauration ? Quelle place pour la préemption commerciale dans votre stratégie ?
Nous ne pouvons plus laisser le hasard ou la seule spéculation décider du visage de nos quartiers. Pour garantir une véritable mixité, nous créerons une Foncière commerciale et artisanale municipale. Grâce à un droit de préemption renforcé, nous reprendrons la main sur les emplacements stratégiques pour y installer des commerces de proximité et des artisans.
Comment souhaitez-vous « rallumer la lumière » à Bordeaux et procéder à cette « modernisation du réseau » ?
57% du parc d’éclairage public de Bordeaux est éteint de 1h à 5h du matin depuis janvier 2023. Et àpartir de 2h30 depuis mars 2025. Cela pose des difficultés aux personnes qui rentrent tard ou partent tôt au travail, à commencer par les personnels du CHRTD. Qu’elles soient à pied, à vélo ou en voiture, mais aussi à ceux qui souhaitent profiter de la vie nocturne. Notre ville ne s’arrête pas à 22h.
Par ailleurs, des bâtiments historiques emblématique de Bordeaux ne sont pas ou plus éclairésen soirée, ne mettant ainsi pas en valeur le patrimoine de la ville.Dès le début de notre mandat nous reprogrammerons les équipements pour que l’éclairage reste allumé toute la nuit dans toute la ville. Comme cela était le cas jusqu’à fin 2022.
Parallèlement àcela nous accélérerons la modernisation des équipements pour un éclairage moins énergivore(LED, détecteurs de présence) et plus respectueux de la biodiversité (variation d’intensité lumineuse au fil de la nuit). Enfin, nous lancerons les études pour (re)mettre en lumière les principaux bâtiments du patrimoine historique de Bordeaux.
Quels engagements prenez-vous vis-à-vis des entreprises sur les impôts et taxes suivantes : cotisation foncière des entreprises (CFE), cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), taxe foncière, redevances de terrasses, taxe sur la publicité extérieure ?
Nous nous engageons à ne pas augmenter les taux communaux ou intercommunaux des impôts locaux (taxe foncière, taxe d’habitation sur les résidences secondaire, cotisation foncière des entreprises). Le taux de CVAE est pour sa part fixé par la loi de finances de l’État.
Nous nous engageons également à ne pas augmenter les taxes communales sur l’occupation dudomaine public et sur la publicité extérieure. Pour cela nous retirerons la délégation donnée aumaire pour augmenter annuellement ces taxes dans la limite de l’inflation.Toute modification de ces taxes (mode de calcul, assiette, etc.) sera soumise au débat et au vote du conseil municipal, avant prise d’arrêté par le Maire.
Quelles limites souhaitez-vous poser concernant les nuisances sonores liées aux activités de restauration ? Comment envisagez-vous les relations entre les forces de l’ordre municipales et les CHR ?
Les limites concernant les nuisances sonores liées aux activités de restauration (et de bar), sont fixées par la loi. Nous proposerons des « Etats Généraux » réunissant tous les acteurs pour élaborer une charte de la vie nocturne avec un principe : la responsabilité collective.
Pour sécuriser la nuit à Bordeaux, notamment les plus jeunes, nous mettrons en place une brigade de nuit, chargée d’assurer la sécurité des clients des établissements de nuit et la tranquillité au sortir et aux abords de ces établissements, ce sera sa vocation première.
Nous mettrons également en place un Conseil de la Nuit, dont un des référents sera en lien constant avec la direction des établissements.
Quel forme prendra votre « plan d’urgence et de vitalité », destiné à « sauver » les commerces de la ville ?
La municipalité a un rôle majeur à jouer sur des sujets qui contribuent aujourd’hui à l’affaiblissement de nos commerces (sécurité, propreté, accessibilité), tant dans l’hyper centreque pour les commerces de proximité qui sont l’âme des quartiers. La question de l’attractivitéde Bordeaux est également essentielle : il faut remettre la question économique dans le projet municipal et cesser d’opposer écologie à économie. Nous ne voulons ni une ville musée ni une ville dortoir, la ville se fait parce qu’on a des commerces, des restaurateurs, des entreprises,installés sur notre territoire, des salariés qui y travaillent.
Commercer veut dire se pouvoir sedéplacer (paquebots, aéroport, mobilités), et venir dans la ville pour la culture, le sport, les animations, c’est venir chez les commerçants.Notre projet pour Faire Gagner Bordeaux comporte des mesures fortes sur la sécurité, la tranquillité publique, la propreté, l’accessibilité de la ville, le logement, l’adaptationau changement climatique, le développement économique, qui sont autant de mesures destinées aux bordelais mais également nécessaires aux commerçants, artisans et à leursemployés.
Au-delà de ces propositions qui touchent tous les habitants, notre ambition est de refaire de Bordeaux une ville forte, vivante, commerçante et accueillante.La mairie deviendra un véritable partenaire des commerces : proximité et concertation, accessibilité de la ville, stationnement gratuit 2h les week-ends en parking public, accès facilité aux zones bornées et stationnement artisan, soutien aux animations et illuminations de la ville, aménagements urbains.
Quelles mesures souhaitez-vous prendre pour les réguler les meublés de tourisme ? Quels moyens de contrôle allez-vous mettre en place ?
L’offre des meublés de tourisme est réglementée dans la ville de Bordeaux : enregistrement obligatoire des meublés de tourisme, affichage du numéro d’enregistrement sur les plateformes,gestion des changements d’usage, application d’une surtaxe sur les résidences secondaires et fixation d’un plafond annuel de 90 nuitées pour les résidences principales
Nous ne souhaitons pas opposer les différents modes d’hébergement. La ville doit pouvoir attireret héberger de nombreux touristes et à ce jour l’équilibre est là. En revanche il est fondamental deveiller au respect des règles posées et le principal problème des meublés de tourisme c’est lafraude. On ne peut se prévaloir de l’efficacité ou de l’inefficacité d’une règle que si on est en mesure d’en contrôler l’application !
En matière de location touristique de courte durée, il faut donc des règles proportionnées, pour ne pas pénaliser ceux qui en ont besoin commecomplément de revenus et pour prendre en compte les besoins du tourisme, du commerce, del’économie. Il faut aussi des règles contrôlées et nous nous donnerons les moyens d’agirbeaucoup plus efficacement sur ce point.
De quelle manière votre politique en matière de transport sera-t-elle favorable à l’activité des CHR ? Prévoyez-vous d’agir sur le stationnement ? Du point de vue du logement, que prévoit votre programme pour faciliter l’accès aux logements de centre ville pour les métiers en tension ?
Le centre de Bordeaux a beaucoup perdu en accessibilité depuis six ans, par le déploiement troprapide et mal préparé de zones piétonnes/de rencontre, notamment et par des transports encommun devenus sous-dimensionnés pour devenir une alternative à la voiture.Les parkings en ouvrage du centre sont par ailleurs utilisés à 50% de leur capacité, leur propreté et leur sécurité doivent être renforcés. Nous proposons 2h de stationnement gratuit dans ces parkings le weekend, un moratoire sur la suppression des places de stationnement et sur l’extension de la piétonisation du centre-ville, ainsi qu’une révision du plan de circulation.
Notre projet pour le logement dans le centre-ville prévoit notamment une opération « Cœur deville » avec la création de 500 à 1000 logement par la conversion de locaux de bureau. L’augmentation de l’offre doit aussi permettre d’en faire diminuer son coût.En plus d’un TRAM nouvelle génération, avec de nouvelles rames, une optimisation de la fréquence et une meilleure fiabilité, nous augmenterons aussi l’offre de transport du jeudi ausamedi jusqu’à 2h30, permettant au personnel du CHR faisant la fermeture des établissements de rejoindre leur domicile en transport en commun.Enfin, nous portons une ambition à l’échelle de l’ensemble du territoire girondin pour porter unevision cohérente et de long terme associant logement, mobilité et économie (RER métropolitain)
Quels moyens et dispositifs souhaitez-vous déployer pour favoriser l’attractivité touristique de la ville ? Quel fléchage budgétaire envisagez-vous pour la taxe de séjour ?
Le tourisme est un moteur de notre rayonnement et un pilier de notre prospérité. Toutes nos mesures vont dans le sens d’une ouverture, d’une vitalité retrouvée, d’une attractivité. Le tourismepourra compter de nouveau sur les croisiéristes, le tourisme d’affaire sur un nouveau Parc des Expositions. Nous lancerons la campagne « Je choisis Bordeaux » (promotion et événement pouramener les investisseurs), et transformerons nos 21 jumelages en diplomatie commerciale.
Nous aurons un vrai maire-ambassadeur. Bordeaux doit porter haut ses filières d’excellence, historiques comme émergentes. Le vin, l’aéronautique, la santé, le numérique, l’économie bleue sont autant de leviers de rayonnement et d’attractivité.
Propos issus d’un retour écrit le 27 février 2026