Souveraineté alimentaire : de fortes ambitions pour les 10 prochaines années

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Au Salon international de l’Agriculture, la ministre Annie Genevard a présenté les premières conclusions des Conférences de la souveraineté alimentaire.

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Au Salon international de l'Agriculture, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, a présenté les premières conclusions des Conférences de la souveraineté alimentaire, lancées le 8 décembre 2025. Crédit : unsplash.

Au Salon international de l’Agriculture, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, a présenté les premières conclusions des Conférences de la souveraineté alimentaire, lancées le 8 décembre 2025 dans le prolongement de la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture (LOSARGA) du 25 mars 2025. Cette démarche nationale vise à définir, à l’horizon 2036, une trajectoire de reconquête de la production et de la transformation agroalimentaire françaises. Organisées sous l’égide de FranceAgriMer, les conférences ont mobilisé plus de 250 professionnels issus de l’ensemble des maillons des filières, avec l’appui des instituts techniques et de la recherche, dont l’INRAE.

Sept groupes sectoriels ont été constitués. Ruminants, viandes blanches, grandes cultures, viticulture et production cidricole, productions végétales spécialisées, fruits et légumes, pêche et aquaculture. Les travaux, conduits en une vingtaine de réunions entre décembre 2025 et février 2026, ont permis d’établir des objectifs chiffrés par filière.

Trajectoires à 10 ans pour la souveraineté alimentaire

La stratégie agricole française détaille une feuille de route chiffrée pour regagner en souveraineté. En volailles, la production de poulets doit augmenter de 4,8 % par an (construction annuelle de 220 poulaillers standards). La filière porcine vise quant à elle l’autosuffisance. Les fruits et légumes ambitionnent +5 points d’auto-approvisionnement d’ici 2030 et +10 d’ici 2035. La filière pomme de terre devra répondre à la demande croissante en produits transformés sans accroître les surfaces. En grandes cultures, l’objectif est de redevenir exportateur net de farine. Et de développer des pâtes au blé dur français en regagnant 1 % de part de marché par an.

Côté ruminants, la viande bovine vise +20 000 tonnes équivalent carcasse d’ici 2030 grâce à la stabilisation du cheptel, à l’engraissement et à 200.000 hectares supplémentaires de prairies. Le lait de chèvre prévoit 500 à 600 nouvelles exploitations en 10 ans. Enfin, les surfaces de houblon doubleront d’ici 2035. De même pour celles de lin.

La phase nationale laisse désormais place à une déclinaison territoriale. Les préfets de région, les présidents de conseils régionaux et les chambres d’agriculture doivent adapter ces ambitions aux spécificités locales. Et faire émerger des projets structurants associant production et transformation, en métropole comme en outre-mer. Si les montants globaux d’investissement n’ont pas été consolidés, certaines filières évoquent des besoins se chiffrant en milliards d’euros. Cela pose la question des outils de financement et de l’accompagnement public. Un point d’étape est attendu à l’été 2026.

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