SIA 2026 : l’édition « du rebond », entre modernité et ouverture
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Le Salon international de l’agriculture s’ouvrira le 21 février dans une forme inédite. Privé de bovins mais enrichi d’une programmation pensée différemment et étendue à des domaines connexes pour présenter une agriculture en phase avec l’époque.
La 62e édition du Salon international de l’agriculture (SIA) se tiendra à Paris Expo, Porte de Versailles, du 21 février au 1er mars 2026 , avec un mot d’ordre : aller de l’avant. Privé de la présence des bovins, stars de cette édition qui souhaite valoriser l’élevage français, en raison de l’épidémie de dermatose nodulaire, les organisateurs n’ont pas pour autant baissé les bras. « Nous faisons tout pour que les visiteurs puissent s’y retrouver et découvrir beaucoup de chose », assure Jérôme Despay, le président du SIA. Si les espaces ont été repensés, en raison aussi des travaux sur le site, la programmation se veut également plus ouverte que lors des éditions précédentes.
En lieu et place des stabulations du secteur bovins, les éleveurs redoubleront d’efforts pour expliquer leur métier et présenter leurs races. Des démonstrations ont été ajouté au programme, notamment par le prestigieux Cadre Noir de Saumur. La pédagogie sera aussi de mise, notamment à l’égard des enfants mais avec une finalité très globale. « Pour de nombreux visiteurs, c’est une occasion de créer un premier lien ou de renouer avec l’agriculture, souligne Arnaud Lemoine, directeur du CENECA1. Cela peut initier des échanges, mais c’est aussi le début d’un respect pour le travail des agriculteurs et pour les produits. »
De nouvelles passerelles
Les 1 100 exposants témoigneront en effet d’une agriculture en mouvement, selon le souhait des organisateurs. La programmation découle en partie des 62 propositions soumises par les interprofessions pour faire découvrir les métiers et les filières agricoles. « Ce sera le salon du rebond, plaide Jérôme Despey. Nous voulons entretenir le lien entre le monde agricole et les Français. Le salon offre un espace de reconnaissance et de dialogue dans une période difficile. Et il met en lumière les solutions portée par les agriculteurs. » Sous le leitmotiv Générations solutions, l’événement entend véhiculer une forme d’optimisme pour l’avenir. Et rétablir la réalité du secteur. « La proximité avec le monde agricole a changé, estime Arnaud Lemoine. Nous souhaitons expliquer de quoi est fait le quotidien des agriculteurs. La modernité en agriculture, c’est permettre aux exploitants d’avoir un peu de temps libre, pour vivre mieux. Et le consommateur n’en a pas forcément cette lecture là. »
Pour ce faire, les visiteurs auront le loisirs d’approcher, tout de même, plus 3 500 animaux parmi les ovins, caprins ou encore équidés. En parallèle des temps forts du Concours général agricole, le hall 4 mettra en scène les méthodes de cultures pour faciliter la compréhension et les enjeux de ces filières. Un volet culturel inédit s’invite également dans cette édition. Baptisé Agri’culture, ce nouvel espace a pour vocation de renforcer le lien entre l’agriculture et la société. Le premier prix littéraire agricole sera initié à cette occasion. Plusieurs projections de films et reportages, ainsi qu’un récital d’opéra émailleront de manière singulière l’actualité du salon. « Ce que nous souhaitons à travers cela, c’est permettre au salon de vivre par la suite, tout au long de l’année », précise Jérôme Despay.
La Côte d’Ivoire à l’honneur
Pour la deuxième année, un pays invité défendra son modèle et ses productions agricoles. La Côte d’Ivoire succède ainsi au Maroc. Le pavillon qui lui est consacré ouvrira également l’horizon à une trentaine de pays invités. Plusieurs pays ont d’ores-et-déjà manifesté leur intérêt pour l’édition 2027, notamment l’Indonésie, la Chine, la Suisse ou encore l’Italie.
Tirer les leçons
La situation sanitaire qui frappe la filière bovine, mais aussi avicole depuis 2019, poussent les organisateurs à ouvrir une réflexion plus large sur l’accueil des animaux. « Le SIA va prendre une initiative après ce salon pour se rapprocher de l’ensemble des salons agricoles en région qui exposent du vivant pour mettre en place une stratégie collective et ne plus subir, explique Arnaud Lemoine. Nous devons faire vivre les concours généraux agricoles car derrière des plus-values économiques sont en jeu pour les éleveurs. Nous devons sécuriser les risques sanitaires, par des éléments de protocoles. Ce sera un sujet d’actualité récurrent dans les années à venir. »
Pas d’instrumentalisation politique
Dans le climat de tension actuel, les organisateurs prône la neutralité. « Nous serons là pour accompagner le débat, pas pour y prendre part, poursuit Arnaud Lemoine. Toutes les discussions sont possibles au SIA, tant qu’elles relèvent de l’avenir et de la transmission des valeurs de l’agriculture française. C’est notre force et notre responsabilité. Mais ce ne sera pas le lieu du combat. » En clair, l’instrumentalisation politique est fermement condamnée.
- Centre national des expositions et concours agricoles