CNAOC : le Grand direct des AOC

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Ensemble, on est plus forts. Pour la première fois, la CNAOC a organisé le 25 novembre dernier une matinée d’échanges et de débats intitulée : Le Grand direct des AOC. Objectif : trouver des solutions aux multiples maux rencontrés par la filière viticole.

Le Grand Direct des AOC de la La CNAOC. Quelque 600 personnes y ont participé en présentiel ou en visio. ©DR

Normes contraignantes, déconsommation, inflation, rentabilité en baisse… La Confédération nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie de vin à appellations d’origine contrôlée (CNAOC) organisait le 25 novembre une matinée de débats dans les locaux de la société GS1 à Paris. A savoir, Le Grand direct des AOC. Une première pour cette confédération. Cet événement a réuni quelque 600 personnes, en présentiel ou en visio. A la fois des vignerons, des politiques, des représentants de l’Administration…

Mille questions ont été posées aux vignerons. De ces remontées terrains, plusiue thématiques ressortent.

Comment reconquérir le consommateur ?

Les faits sont là : la consommation de vin en 60 ans baisse de 60% . Elle reculera encore de 10% dans les dix prochaines années. Autre tendance : les +65 ans représentent 8% des consommateurs des AOC et 40 % du volume consommé. Autrement dit, le marché est vieillissant.

Krystel Lepresle, déléguée Générale de Vin & société, et Bernard Farges, président du CNIV, avancent quatre pistes :

Moderniser les codes de communication. Notamment une désacralisation du produit, plus d’inclusivité de toutes les communautés de consommateurs, ou encore jouer sur l’artisanat du produit.

Une stratégie export “Wine of France” . Avec une absolue nécessité « de chasser en meute plutôt que de partir dispersés » selon la CNAOC.

Des expérimentations en GMS et CHR afin d’avoir une offre plus en phase avec le consommateur et des prix moins prohibitifs au verre.

Réinvestir fortement les budgets de communication et d’œnotourisme.

Résilience économique

La confédération souhaite renforcer la régulation des plantations. Mais également consolider les indicateurs au niveau régional et de l’AOC. Voire faire avancer un EGALIM 4 (Etat généraux de l’alimentation) au niveau français, pour, au final, « sacraliser le revenu du producteur », tout en se prononçant pour un EGALIM européen. Enfin, elle souhaite renforcer la contractualisation à long terme pour sécuriser l’approvisionnement des marchés et lutter contre la volatilité des prix.

La situation économique inédite a engendré une décapitalisation extrêmement forte dans de nombreuses exploitations, ce qui est un signal de plus alarmants. Nous avons besoin d’accompagnement de l’Etat, sinon nous allons vers un drame social collectif
Damien Gilles, co-président de la commission marché de la CNAOC et vigneron dans la Vallée du Rhône.

Simplification et stabilité réglementaire

A l’instar d’autres représentants du monde économique, la CNAOC appelle à une « performance administrative » pour en finir avec les 9 heures par semaine de paperasse ! ». Tout est dit. Ainsi, la filière demande un guichet unique. Une sorte de « France Connect de la Viticulture », afin d’éviter la redondance de déclaration.

La Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI) que ce guichet unique serait livré pour le second semestre 2026. Rendez-vous est pris.

AOC de demain

La CNAOC énumère quatre pistes pour la préservation des AOC. Tout d’abord, recentrer l’AOC autour des points indispensables du cahier des charges (identité, terroir, histoire).

Ensuite, mettre les points non indispensables dans un document annexe. Voire les supprimer. De plus, alléger les points de contrôle, « ou tout du moins redonner du sens au contrôle ». Enfin, opérer une révision de la doctrine INAO et des guides du demandeur.

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