Tourisme en Corse : le GHR appelle à des mesures d’urgence
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Le GHR et le GHR Corsica alertent sur la dégradation de la situation économique du tourisme en Corse et appellent à des mesures d’urgence.
Le signal d’alarme est tiré. Le GHR et le GHR Corsica, réunis le 18 mai 2026 à Ajaccio avec différents professionnels du secteur, alertent sur la dégradation de la situation économique du tourisme en Corse. Ils dénoncent en effet un certain nombre de maux. À savoir, une explosion des coûts d’exploitation, des difficultés pour le recrutement qui vont de pair avec la crise du logement pour les salariés, la hausse des prix du transport aérien ainsi que les annulations de vols, sans oublier la concurrence déséquilibrée des meublés de tourisme et la baisse du pouvoir d’achat.
Les deux entités avancent alors des chiffres issus d’Infogreffe révélateurs de la situation critique du tissu touristique insulaire. Étant précisé que le tourisme représente près de 41% du PIB corse et soutient ainsi l’ensemble de l’économie locale. En 2025, les radiations d’entreprises sur l’île ont réalisé un bond de 36,3%, tandis que le nombre d’entreprises en difficulté a augmenté de 12,6% et les injonctions de payer de 8,4%.
De plus, le GHR rappelle le surcoût structurel d’activité que supportent les professionnels corses, à +14,3%, d’après les données du rapport Goodwill. En cause, l’insularité, la saisonnalité et le coût du logement des salariés.
La situation précaire du tourisme en Corse selon le GHR
Dans ce contexte, le syndicat patronal demande « des mesures immédiates et concrètes ». Le GHR et le GHR Corsica proposent ainsi « une véritable régulation des meublés touristiques », en s’appuyant sur le dispositif de la loi Le Meur. « Avec près de 600.000 lits touristiques marchands et non marchands contre environ 180.000 lits hôteliers, les professionnels dénoncent une concurrence devenue profondément déséquilibrée sur les plans fiscal, social et réglementaire », regrettent-ils alors.
Ils demandent aussi « que les mêmes règles s’appliquent à tous les acteurs du tourisme et de la restauration », et ce, aussi bien en termes de vente d’alcool, que de licences et d’obligations sociales et fiscales. S’agissant du transport aérien, « le GHR et le GHR Corsica demandent des engagements clairs des compagnies aériennes afin de garantir les dessertes vers la Corse sans inflation du prix des billets ».
Par ailleurs, au sujet de la crise du logement des salariés, le syndicat patronal émet l’idée d’un dispositif de récupération de « la TVA sur les dépenses engagées pour créer ou aménager des logements destinés aux salariés ». Et d’ajouter : « Le GHR appelle également à une approche pragmatique permettant des solutions temporaires et encadrées comme des mobil-homes lorsque la situation l’exige. » Le syndicat souhaite enfin que l’État considère le tourisme corse comme un « secteur stratégique national » et enjoint Atout France à déployer une campagne de promotion pour l’île.
Les CHR corses menacés
« Lorsque le tourisme corse souffre, c’est toute l’économie insulaire qui vacille. Les professionnels demandent simplement des règles équitables, de la stabilité et les moyens de continuer à travailler », estime Catherine Quérard, présidente nationale du GHR, au sujet du tourisme en Corse.
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Complétée par César Filippi, président du GHR Corsica : « Aujourd’hui, faire tourner un hôtel, un café ou un restaurant en Corse devient parfois intenable. Nos entreprises continuent pourtant d’investir, d’embaucher et de faire vivre nos territoires. Mais sans réponses concrètes sur les transports, le logement des salariés, sur la concurrence déloyale des meublés touristiques et les AOT [autorisations d’occupation temporaire du domaine public, NDLR], c’est tout notre modèle économique qui est menacé. »