Décision business
Le message est clair : après plusieurs années de turbulences, le bio retrouve des couleurs. « Nous sommes en ordre de marche pour assurer la dynamique de l’ensemble de notre filière », assure le président de l’Agence bio Bruno Martel. Dans le détail, en 2025, le marché français du bio atteint 12,6 milliards d’euros. Soit une progression de 3,6 % par rapport à 2024. Une performance supérieure à celle de l’ensemble de la consommation alimentaire (+2 %). Plus marquant encore, le bio progresse à la fois en valeur et en volume. Avec une hausse des quantités achetées de 2 %, contre seulement 0,3 % pour le marché alimentaire global.
Les magasins spécialisés demeurent les grands gagnants de cette reprise, captant près des deux tiers de la croissance du marché avec une progression de 8,5 %. La vente directe continue également de séduire les consommateurs (+3,8 %). Autre moteur de croissance : la restauration hors domicile, dont les ventes bondissent de 10 % pour atteindre 887 millions d’euros. La restauration collective représente 552 millions d’euros (+6,9 %) tandis que la restauration commerciale atteint 335 millions d’euros (+1,2 %). Toutefois, au total, 90 % de la consommation bio reste réalisée à domicile, contre 10 % hors foyer.
Du côté des produits, les fruits et légumes tirent largement la croissance, avec une hausse de 7,8 %, contre 2,7 % un an plus tôt. L’épicerie et les boissons sans alcool participent également fortement à la dynamique, ces trois catégories représentant près de 60 % de la croissance du marché. La viande retrouve également le chemin de la croissance, notamment grâce à la volaille, tandis que les œufs profitent d’un contexte favorable. Pour Bruno Martel, ces résultats confirment l’attachement durable des Français au bio. « Les citoyens restent très concernés par les questions de santé et de biodiversité. », commente-t-il. Il estime également que l’inflation a contribué à modifier les perceptions : « La notion de prix cher s’est atténuée, ajoute-t-il. L’inflation a été moins forte sur les produits bio, ce qui a rendu visible leur accessibilité. »
Augmentation de la production
Sur le plan de la production, les signaux restent contrastés. Pour la première fois, le nombre de fermes bio recule (-1,3 %), même si la baisse demeure nettement inférieure à celle observée dans l’ensemble de l’agriculture française (-3,6 %). À noter, 17,3 % des agriculteurs français sont engagés en agriculture biologique. Les surfaces bio représentent 10 % de la surface agricole nationale, soit 2,69 millions d’hectares, malgré une légère contraction de 1,1 % pour la troisième année consécutive. L’équilibre entre offre et demande semble toutefois s’améliorer. Les grandes cultures (+24 %) et les légumes frais (+44 %) enregistrent une forte hausse des surfaces en première année de conversion. Les progressions sont particulièrement marquées en Provence-Alpes-Côte d’Azur (+5 %) et en Corse (+4 %).
Par ailleurs, la production française conserve une place centrale dans les achats des consommateurs. En effet, 72 % des produits bio consommés dans l’Hexagone sont produits en France et la part des importations recule d’un point. Parmi celles-ci, 47 % proviennent de l’Union européenne et 47 % correspondent à des produits tropicaux. «Les filières volaille, bovine et œufs valorisent particulièrement l’origine France», précise Bruno Martel. Les exportations, elles, se stabilisent à 1,193 milliard d’euros (+1 %). Principalement vers l’Union européenne, avec le vin en tête (53 %), devant l’épicerie (23 %), les fruits et légumes (11 %) et les produits laitiers (6 %).
Perspectives d’avenir
Bruno Martel se montre résolument optimiste pour 2026. « Il faut transformer cet élan de consommation en un nouveau souffle pour les fermes. Mais aussi confirmer aux agriculteurs qu’ils sont dans une filière d’avenir », déclare-t-il. Les premiers indicateurs vont dans ce sens. Le nombre de nouvelles fermes bio enregistrées en mai 2026 est supérieur aux années précédentes et plusieurs filières, notamment les grandes cultures, affichent des déclarations en hausse.
Alors, la crise du bio est-elle terminée ? « Nous avons traversé une période compliquée après le Covid, mais nous observons aujourd’hui une véritable reprise dans l’ensemble des filières, répond le président de l’Agence Bio. L’agriculture biologique reste inspirante et constitue un moteur technique pour l’ensemble de l’agriculture française.»
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