Décision business
La tension ne retombe pas. Selon une étude inédite menée par l’ObSoCo et ses partenaires dans la foulée de Foodorama, 42 % des restaurateurs déclarent rencontrer des difficultés à recruter. Parmi eux, 24 % évoquent des difficultés importantes. Au total, 64 % jugent le recrutement « assez difficile » ou « très difficile ». Le sujet figure désormais parmi les trois principaux irritants du quotidien, derrière la charge administrative (79 %) et le coût des matières premières (68 %). Les restaurateurs peinent à recruter, et cette réalité s’installe dans la durée.
Fatigue et rentabilité en toile de fond
Ces tensions s’inscrivent dans un climat plus large de fragilité. 43 % des restaurateurs interrogés ont déjà envisagé d’arrêter leur activité. La fatigue et les problèmes de rentabilité arrivent en tête, cités chacun par 71 % des répondants concernés. La charge mentale suit (60 %). Le manque de personnel, lui, est mentionné par 15 % comme facteur direct de découragement. Le recrutement ne constitue donc pas une difficulté isolée. Il s’ajoute à un empilement de contraintes qui fragilise les dirigeants.
Le recours massif aux extras
Pour faire face aux variations d’activité, près d’un établissement sur deux recourt à de la main-d’œuvre temporaire. Extras, CDD ou intérim permettent d’absorber les pics. Mais les méthodes de recrutement restent largement informelles. 74 % des restaurateurs recrutent leurs extras par bouche-à-oreille.
26 % font appel à d’anciens employés. Seuls 13 % utilisent des plateformes spécialisées, et 5 % passent par des sociétés d’intérim classiques.
Des dirigeants contraints d’endosser le rôle de DRH
La structure même des établissements explique en partie ces difficultés. 92 % des restaurants sont dirigés par une seule personne. Le dirigeant cumule les fonctions. Il pilote la production, supervise le service, gère les achats, la communication et la comptabilité. Il assume aussi le recrutement. La fonction RH repose donc, dans la majorité des cas, sur ses seules épaules. Pour Florent Malbranche, CEO et cofondateur de Rosk, ces chiffres traduisent un problème systémique. « Quand 78 % des restaurateurs souffrent de stress et que 42 % peinent à recruter, il ne s’agit plus de situations isolées », analyse-t-il. Il appelle les acteurs de l’emploi et du digital à simplifier le quotidien des professionnels afin de rendre le secteur plus attractif. Car derrière les statistiques, un constat s’impose : les restaurateurs peinent à recruter, et la question conditionne désormais l’équilibre même de leurs établissements.
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