Infiltré chez un maraîcher…jusqu’au Relais Gascon
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L’Île-de-France, ce n’est pas uniquement le transilien, le métro, les embouteillages… C’est aussi des îlots de calme et de culture. Entre Maison-Laffitte et Saint- Germain-en-Laye dans les Yvelines s’étendent 32 ha de tomates, de concombres, de salades, notamment. Découverte d’une nurserie de légumes frais pour des assiettes gourmandes.
L’Île-de-France est une terre de contrastes. Une sorte de Janus. D’un côté, le visage d’une capitale, en effervescence permanente, avec sa légion de touristes et ses trépidations dignes d’une métropole internationale. De l’autre, le visage d’une région où l’agriculture est toujours bien active. Où il n’est pas rare de croiser dans nombre de communes rurales des tracteurs le matin dans les embouteillages. Là, c’est la Nature qui dicte le rythme des activités et non les horaires des bureaux. Plongée dans la ruralité francilienne, direction Le Mesnil-le-Roi. Cette commune de 6 500 habitants est située dans les Yvelines, à mi-chemin entre Maison-Laffitte et Saint-Germain-en-Laye.
Entre de belles demeures bourgeoises surgit la rue du port: il est vrai que la Seine croise à proximité, d’où le nom. Une rue qui devient rapidement un chemin de terre entouré de champs. Au n° 2 se dresse un immense hangar abritant des tracteurs et autres engins agricoles. Ici, réside l’entreprise de Jean-Claude Guehennec, maraîcher-producteur francilien et également vice-président d’Interfel, l’Interprofession des fruits et légumes frais. La pleine campagne à seulement quelque 17 km du quartier d’affaires international de La Défense.
La valse des légumes
« Je travaille avec mon équipe tous les légumes de saison. Aussi bien de la salade, de la tomate, des courgettes, des pommes de terre, des endives, des poivrons, des concombres, du fenouil… » Sans oublier les citrouilles pour Halloween. Une vraie liste à la Prévert. Comme toutes les personnes passionnées, Jean-Claude Guehennec aime son métier. Pour autant, il l’a vu évoluer au fil des décennies. « Il est certain que la consommation de légumes de la part de nos compatriotes a régressé ces dernières années. Désormais, ils font plus attention à ce qu’ils achètent. S’ils n’ont besoin uniquement que de deux poireaux, ils n’iront pas en prendre un troisième. Ils ne souhaitent plus jeter. » Ce qui, en soi, est une bonne chose. Et le maraîcher mesnilois d’ajouter: « C’est également le cas pour les restaurateurs. À eux de promouvoir les produits locaux et de saison. Chacun doit réapprendre la saisonnalité des produits et le bon sens. »
Les tomates franciliennes ne poussent pas en hiver. Les deux tiers de son chiffre d’affaires (qu’il ne souhaite pas divulguer) proviennent des marchés. Notamment ceux de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) et de Puteaux (Hauts-de-Seine). Le reste des revenus émane des enseignes de proximité, comme Grand Frais, et de restaurants parisiens. Pour l’achat de graines, Jean-Claude Guehennec fait appel à Vilmorin & Cie, filiale de sa filiale Limagrain. Cette coopérative agricole auvergnate, créée en 1965, est n° 1 mondial des semences potagères mais également n° 4 mondial pour l’ensemble des semences.
Au 6, rue des Abbesses (Paris 18e ) se trouve le Relais Gascon, avec 120 couverts sur deux étages. À la tête de ce restaurant spécialisé dans la cuisine du Sud-Ouest : Koohilan Vellummylum. Le Relais Gascon s’approvisionne auprès du maraîcher Jean-Claude Guehennec depuis plus de 16 ans. Mais uniquement avec deux légumes, indispensables pour la confection de grande salades, spécialités du lieu : pommes de terre et salades. Chaque semaine, entre 4 et 5 tonnes de pommes de terre et quelque 480 salades sont livrées à l’établissement.