Taxe sur le pourboire : profession en danger pour l’Umih
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Comme chacun sait, le budget 2026 envisage de remettre en cause l’exonération fiscale et sociale des pourboires. Du moins, si ce budget est voté ; rien n’est moins sûr. Quoi qu’il en soit, pour l’Umih, une telle mesure mettrait à la peine, entre autres, l’attractivité de la filière CHR.
L’univers du CHR risque d’être encore malmené. L’Umih met en garde le gouvernement, voire les futurs. Taxer les pourboires est rédhibitoire pour l’attractivité des établissements. Pour étayer ses dires, le syndicat a réalisé cet été deux sondages.
–Le premier avec l’institut IPSOS BVA auprès d’un échantillon représentatif de salariés de la branche (1.004 salariés, du 10 au 21 juillet).
–Le second auprès d’employeurs/ chefs d’entreprise, adhérents à l’Umih ou non (1.023 salariés, du 22 juillet au 5 août).
des salariés du secteur CHR bénéficient de pourboires.
des pourboires sont mutualisés au sein d’un pot commun.
des pourboires versés par les clients sont perçus individuellement.
La « taxe sourire »
De ces deux sondages, il ressort que les salariés comme les employeurs sont contre cette taxation, dénommée par l’Umih « Taxe sourire ». Appliquée, cette mesure met alors en péril, pour le syndicat, la motivation, le pouvoir d’achat et l’attractivité des métiers. Tous secteurs confondus : cafés, hôtels, restaurants, discothèques, traiteurs. Lesquelles subissent déjà de nombreux maux comme l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat.
Les pourboires ne sont pas un privilège, mais une reconnaissance du service par le client
Et le président confédéral de l’Umih d’ajouter : « Les fiscaliser et faire payer des cotisations sociales sur ces gratifications reviendrait à instaurer une « taxe sourire ». La mesure affaiblirait un peu plus notre secteur. Il peine à recruter et à fidéliser. Cela toucherait directement le pouvoir d’achat de nos équipes et fragiliserait l’équilibre économique de nombreuses entreprises.»
Bon à retenir :
Les pourboires remis volontairement par les clients aux salariés en contact avec la clientèle. Jusqu’à 1,6 SMIC, ils sont exonérés de cotisations et de contributions sociales ainsi que d’impôt sur le revenu. Instaurée en 2022, cette mesure a été prolongée à deux reprises. Elle prendrait fin le 31 décembre prochain. A moins que…
Côtés salariés
•81% des salariés s’opposent à l’idée de payer des impôts et des cotisations sur ces pourboires.
•76% se disent inquiets.
• 41% envisageraient de quitter le secteur si cela devait être le cas.
•71% perçoivent des pourboires en plus de leur salaire.
• 83% les voient comme un avantage incontournable.
Côté employeurs
•86% estiment que les pourboires sont une gratification indispensable pour leurs équipes.
•92% rejettent frontalement la fiscalisation et la socialisation.
•91% se disent inquiets, dont 70% très inquiets.
L’Umih réclame une réforme en profondeur du système. Le tout est de savoir quel sera l’interlocuteur de l’Umih, et au-delà des CHR, au sein du gouvernement d’ici à décembre.