Carême, le cuisinier croqué à la sauce Apple tv+

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La série de Martin Bourboulon, consacrée au chef et pâtissier français Antonin Carême – figure de proue de la gastronomie au XIXe siècle –, se vautre dans la luxure et les complots politiques. Malgré des idées intéressantes, la cuisine passe presque au second plan.

©DR

Un goût certain pour les costumes d’époque… mais moins pour l’Histoire. Martin Bourboulon, réalisateur notamment du diptyque Les Trois Mousquetaires (2023), s’est vu confier la création de la série Carême pour Apple TV+. Produite par Dominique Farrugia et disponible sur MyCanal, cette fiction en huit épisodes retrace une partie de la vie du pâtissier Marie-Antoine Carême, dit Antonin Carême (1783-1833), dont le rôle est campé par le talentueux Benjamin Voisin. La série s’appuie moins sur les faits historiques que sur Cooking for Kings: The life of Antonin Carême (Cuisiner pour les rois: La vie d’Antonin Carême), ouvrage de l’auteur britannique Ian Kelly. Les multiples conquêtes féminines, les scènes de sexe et les enjeux politiques – trop survolés et traités comme un film de cape et d’épée – prennent largement le pas sur le secret des créations culinaires d’un génie de la gastronomie tricolore.

« Antonin Carême est un peu la grande figure tutélaire de la cuisine française du XIXe siècle, à la fois pâtissier et cuisinier, explique Loïc Bienassis, historien et commissaire de l’exposition Paris, capitale de la gastronomie, pour France Tv Culture. Il va multiplier des extras […] où il est embauché ponctuellement sur une tâche particulière: des repas, des banquets, des fêtes. C’est finalement comme ça que sa réputation se construit. » Certes, Antonin Carême est proche des puissants, notamment de Talleyrand, pour lequel il travaille durant une partie du règne de Napoléon (époque centrale de la série). Mais il est surtout un cuisinier de grand talent, dont l’héritage ne peut être réduit à ce que propose cette fiction tape-à-l’œil.

Avec L’art de la cuisine française au XIXe siècle (1833), il écrit en effet « un ouvrage de référence pour les générations qui vont suivre: une sorte de bible », poursuit l’historien. On peut malgré tout reconnaître à ce programme divertissant, et plutôt bien produit, quelques parallèles malins. Comme celui fait (certainement à l’excès) entre le péché de gourmandise et de luxure.

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