Ressources humaines : les recettes à préparer pour mieux recruter 

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Dans un marché en recherche constante de collaborateurs, connaître les évolutions des métiers du CHR permet ensuite de mieux recruter. Et surtout d’attirer et de fidéliser de jeunes talents ou des cadres aguerris. Tel est l’objectif du cabinet en ressources humaines Leaderia.

Le turnover est de 60% dans la restauration, selon Leaderia. ©DR

Un des maux principaux de l’univers du CHR concerne le recrutement. Plus particulièrement celui des cadres, comme les chefs, par exemple. Plusieurs questions apparaissent. A quoi doit-on cette difficulté ? S’agit-il d’un manque d’attractivité de l’industrie hôtelière, de la restauration ? Les salaires sont-ils trop bas pour attirer de jeunes talents ? Les horaires décalés sont-ils à ce point répulsifs ?

Depuis 16 ans, le cabinet Leaderia s’est spécialisé, à la fois dans les conseils en ressources humaines, et dans le recrutement de cadres et de dirigeants dans trois secteurs. A savoir : le monde agricole, l’agroalimentaire et l’hôtellerie-restauration. Ce dernier pôle est dirigé par Anne-Marie Lefèvre, présente au sein de Leaderia depuis six ans.

Le monde du CHR est venu très tardivement à l’externalisation du recrutement
Anne-Marie Lefèvre, directrice du pôle hôtellerie-restauration de Leaderia.

Et d’ajouter aussitôt : « Je me souviens, voilà plusieurs années, que certains acteurs nous traitaient même de menteur. »

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Anne-Marie Lefèvre, directrice du pôle hôtellerie-restauration de Leaderia. ©DR

De l’histoire ancienne, fort heureusement. Cela dit, des réticences existent encore de nos jours dans la restauration. Celle-ci peine parfois à s’adresser à un bureau de recrutement extérieur. Ce qui n’est pas le cas dans l’hôtellerie, cet univers étant plus structuré.

Nouveaux métiers 

50% des recrutements effectués par Leaderia concerne des postes de direction, comme directeur d’établissement, chef de cuisine, etc. Néanmoins, les demandes évoluent du fait même de la transformation progressive du CHR ces dernières années.

« Nous voyons arriver de nouvelles recherches de la part de notre clientèle, poursuit-elle, comme celle de manager digital. Mais également des personnes en charge de la gestion de la data ou de la stratégie RSE. Ce sont des métiers relativement récents dans le CHR. » Voire des directeurs techniques, issus d’écoles d’ingénieurs, dédiés au patrimoine. « Ce nouveau métier concerne surtout les groupes hôteliers. Il est apparu chez nous voilà deux ans », constate Louis-Simon Faure, P-DG de Leaderia.

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Pour Leaderia, ce n’est pas le montant des salaires la principale problématique. ©DR

Néanmoins, par rapport à d’autres branches économiques, comme celle de l’industrie, celle du CHR n’a pas encore achevé sa mutation. Suite au Covid un certain nombre de postes sont ainsi passés de non cadre à cadre afin de faciliter les recrutements. Pour autant, c’est toujours le forfait heures, sans RTT, qui s’applique. Alors que généralement pour les cadres, c’est le forfait jours qui est pratiqué pour les cadres.

Pour en savoir plus “Conventions et forfaits” à retrouver ici

Pour autant, ce n’est pas le montant des salaires la principale problématique, selon l’équipe de Leaderia. La preuve ? Les difficultés de recrutement sont passées de 60% en 2024 à 50% au 1er trimestre 2025. Tendance à confirmer.

Comment bien recruter ? 

Pour la directrice du pôle hôtellerie-restauration de Leaderia, il est primordial de bien définir les besoins en amont. Le profil n’est pas le même s’il s’agit d’un poste de chef dans la restauration rapide, un bistronomique, voire un restaurant d’hôtel. Autrement dit, jouer cartes sur table. Mettre noir sur blanc tous les avantges et les contraintes du poste proposé. Et éviter ainsi tout désenchantement par la suite.

« Par exemple, beaucoup de jeunes sont attirés par la restauration, notamment durant leurs études, poursuit-elle. Ils apprécient le contact avec la clientèle, le dynamisme du secteur… Mais un certain nombre sont rapidement désenchantés. »

Pour contrer cela, Leaderia propose, entre autres, quatre solutions :

1-Limitation des temps de coupure

2-Répartition des tâches plus juste au sein des équipes

3-Modification régulière des équipes du soir

4-Amélioration de la qualité de vie au travail (QVT)

Sans oublier la création d’un esprit de groupe au sein de l’équipe.« Par exemple, dans le processus de recrutement, faire passer au candidat une journée de découverte et d’observation de l’entreprise, conseille-t-elle. Journée qui sera rémunérée. Le turnover est ainsi réduit de 30 %. » Celui-ci est, en moyenne, de 60 % dans la restauration et de 100 % dans celle rapide.

« L’IA peut apporter beaucoup de choses au CHR, remarque-t-elle. Elle permet principalement de faciliter les tâches administratives et aux équipes de retrouver leur cœur de métier : le service client

Un secteur résilient 

« Notre rôle est d’aider les acteurs du CHR. La gestion des RH s’anticipe, s’explique avec soins. Nous leur garantissons des moyens mais pas le résultat. Nous sommes un cabinet de conseils plus qu’un simple filtre. Cela dit, l’industrie du service est en phase de consolidation et devra arriver dans les années à venir à une qualité de services identiques à celle de l’industrie », constate Louis-Simon Faure.

Et Anne-Marie Lefèvre de conclure : « Ce secteur est résilient et sait se réinventer. Il y est possible d’y faire carrière, avec de multiples options de postes, que ce soit dans l’hôtellerie et/ou dans la restauration. »

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