Au cœur de la campagne : à Nantes, Foulques Chombart de Lauwe veut « redonner de la liberté aux CHR »
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En pleine campagne pour les élections municipales, Foulques Chombart de Lauwe (LR) détaille sa vision pour les CHR nantais. Le candidat défend une ligne de « libéralisme pragmatique », avec pour ambition de lever les freins administratifs, renforcer les missions régaliennes de la ville et redonner aux professionnels des CHR les conditions de la confiance et de la croissance.
Quelles dispositions prévoyez-vous au sujet de l’implantation des terrasses permanentes et éphémères ? Si vous êtes élu, comptez-vous revenir sur les autorisations délivrées par la précédente mandature ?
Je n’ai aucune intention de revenir sur les autorisations, qu’elles soient permanentes ou saisonnières, accordées par la précédente mandature. Les terrasses sont devenues un élément essentiel du chiffre d’affaires des établissements et de l’attractivité de la ville. Je souhaite également maintenir les extensions existantes et appliquer la réglementation dans un esprit pragmatique. Cela signifie davantage de souplesse sur le mobilier ou les aménagements paysagers, tant que la sécurité et la circulation des piétons sont garanties. Je suis également favorable à des gestes tarifaires en période de conjoncture difficile, et à la gratuité des droits de terrasse lorsque des travaux pénalisent directement les commerces.
Que prévoit votre programme concernant la collecte des déchets pour les professionnels des métiers de bouche (rythme, horaires des tournées, dispositions de tri, tarification incitative pour la réduction à la source…) ? Quelles mesures envisagez-vous s’agissant des biodéchets ?
La collecte doit être pensée en fonction des contraintes réelles des professionnels. Je souhaite professionnaliser davantage le service, adapter les horaires de tournées aux rythmes des établissements – notamment en centre-ville – et simplifier les obligations de tri. Sur les biodéchets, l’enjeu est d’accompagner plutôt que de sanctionner. Il faut des solutions logistiques fiables, économiquement soutenables et simples d’usage. La ville doit jouer un rôle de facilitateur, en lien avec les opérateurs, afin que la valorisation des biodéchets ne devienne pas une charge supplémentaire, mais une démarche efficace et structurée.
Comment comptez-vous lutter contre la monoactivité dont souffrent certains quartiers / rues s’agissant des commerces de restauration ?
Je crois à la complémentarité des activités. Il faut réintroduire des offres de loisirs et de services en centre-ville — bowling, activités culturelles ou récréatives — pour diversifier les flux et éviter la monoactivité. Je suis en revanche opposé à une politique massive de préemption ou d’encadrement des loyers commerciaux. Le marché doit pouvoir s’auto-réguler. L’action publique doit plutôt cibler les commerces “façades” ou suspects de blanchiment, qui déséquilibrent artificiellement certains quartiers. La police municipale aura un rôle à jouer sur ce point.
Quels engagements prenez-vous vis-à-vis des entreprises sur les impôts et taxes suivantes : cotisation foncière des entreprises (CFE), cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), taxe foncière, redevances de terrasses, taxe sur la publicité extérieure ?
Je prends un engagement clair : faire passer le taux de CFE de 32 % à moins de 30 %. C’est un signal fort pour la compétitivité de Nantes. Concernant la CVAE, je ne prévois pas de changement immédiat, l’effort portant prioritairement sur la CFE. Je souhaite également revoir à la baisse la taxe locale sur la publicité extérieure (TLPE) et simplifier les règles qui pèsent sur les enseignes et les terrasses. Enfin, je propose de mettre en place des groupements d’achat énergétiques pour aider les commerces électro-intensifs — boulangers, pizzaiolos — à faire face à l’explosion des coûts de l’énergie.
Quelles limites souhaitez-vous poser concernant les nuisances sonores liées aux activités de restauration ? Comment envisagez-vous les relations entre les forces de l’ordre municipales et les CHR ? Les agents seront-ils sensibilisés aux particularités de ces métiers ?
La sécurité est le socle de toute activité économique. Je souhaite doubler les effectifs de la police municipale et créer une brigade de nuit, armée et motorisée, spécifiquement formée aux problématiques nocturnes : gestion des fêtards, prévention des violences, protection des femmes. Les relations avec les CHR doivent être en partenariat et non antagonistes. Les agents seront formés aux spécificités du secteur pour intervenir avec discernement. L’objectif est de traiter les nuisances réelles sans pénaliser injustement les professionnels. Je souhaite également développer un dispositif de “commerces refuges” pour faire des établissements des lieux identifiés comme sûrs en cas de difficulté.
Quelles mesures souhaitez-vous prendre pour les réguler ? Quels moyens de contrôle allez-vous mettre en place ?
Il faut éviter que les meublés touristiques ne déséquilibrent le marché locatif en centre-ville. La régulation doit être effective et contrôlée, avec des moyens municipaux réellement mobilisés pour vérifier les déclarations et sanctionner les abus. L’objectif est de préserver l’habitat permanent et de maintenir une vie de quartier équilibrée. Une discussion s’imposera avec les acteurs concernés.
De quelle manière votre politique en matière de transport sera-t-elle favorable à l’activité des CHR ? Prévoyez-vous d’agir sur le stationnement ?
Je refuse l’idéologie du “tout sans voiture” qui pénalise le commerce de centre-ville. Je propose deux heures de stationnement gratuit dans les parkings, sur présentation d’un justificatif d’achat. Il faut aussi systématiser les macarons de stationnement pour les salariés des CHR travaillant de nuit, à des tarifs préférentiels. De 18 à 30 euros par mois par exemple, afin qu’ils puissent rejoindre leur véhicule en sécurité. Concernant les transports, je propose un référendum local sur la gratuité le week-end, dont le coût annuel est de 20 millions d’euros, afin d’évaluer son impact réel.
Que prévoit votre programme pour faciliter l’accès aux logements de centre-ville pour les métiers en tension (dont les CHR) ?
Sur le logement, la régulation des meublés touristiques contribuera à préserver des logements pour les actifs, notamment ceux des métiers en tension.
Quels moyens et dispositifs souhaitez-vous déployer pour favoriser l’attractivité touristique de la ville ? Quel fléchage budgétaire envisagez-vous pour la taxe de séjour ?
Je souhaite mieux connecter les grands événements régionaux, comme le Hellfest, aux commerces nantais en créant des parcours et des expériences en centre-ville avant et après ces événements. Je suis favorable à un retour à des animations de Noël plus traditionnelles et populaires. Afin de renforcer l’adhésion et la fréquentation. Enfin, la taxe de séjour doit être fléchée vers des actions concrètes d’attractivité et de promotion. Pour bénéficier directement aux acteurs du tourisme et aux CHR.
Que pensez-vous du plaidoyer de MACHE et les Bouillonnantes sur les commerces de bouche ? Notamment comment prévoyez-vous de faciliter l’accès aux financements et à des tarifs préférentiels pour ce type de commerces ?
Je partage l’idée que les commerces de bouche sont essentiels à l’identité et à la vitalité de Nantes. Pour moi, un commerce engagé est d’abord un commerce qui privilégie le sourcing local et qui fait œuvre de pédagogie culinaire. Je souhaite utiliser le Marché d’Intérêt National (MIN) comme une véritable place de marché facilitant les achats groupés auprès des producteurs locaux. La rénovation des Halles de Talensac sera également une priorité pour soutenir ces acteurs. Enfin, la meilleure aide reste un environnement favorable : baisse de la fiscalité, simplification administrative, sécurité renforcée et attractivité retrouvée. Mon approche est celle d’un libéralisme pragmatique. À la mairie de garantir les conditions-cadres ; aux professionnels, la liberté d’entreprendre et d’innover.
Quel dernier message souhaitez-vous adresser aux professionnels des CHR de Nantes ?
Je veux leur dire que je considère les CHR comme un pilier de l’âme nantaise. Vous créez du lien, de l’emploi, de l’animation et de l’attractivité. Mon engagement est simple : vous redonner de la liberté d’entreprendre et vous garantir un cadre sécurisé, propre et accessible. La mairie doit être un partenaire, pas un obstacle. Si je suis élu, je serai un maire qui écoute. Celui qui simplifie et qui agit concrètement pour que Nantes redevienne une ville où l’on a envie d’ouvrir, d’investir et de travailler.
Propos recueillis le 12/02/2026, en visioconférence.