Champagne Bollinger : la maison pétille de nouveaux projets

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Aléas climatiques, production en baisse… l’année 2024 ne restera pas dans les annales comme un grand cru. Pour autant, la maison Bollinger compte poursuivre son développement et annonce plusieurs investissements. Dont la création d’un hôtel-restaurant.

Charles-Armand de Belenet, directeur général de Champagne Bollinger ©Michel Jolyot

« Une des pires années que nous ayons connue », constate d’emblée Charles-Armand de Belenet, directeur général de Champagne Bollinger, lors d’une réunion de rentrée. Et d’ajouter, aussitôt : « Nous avions été un peu préservés jusqu’à fin 2023 ; désormais, ce n’est plus le cas. »

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon le Comité champagne, 299 millions de cols ont été expédiés l’année dernière, dont un peu plus de 42 % pour le marché français. Cette année, on devrait avoisiner les 260 millions de bouteilles.

Pour le directeur général de Champagne Bollinger, plusieurs raisons peuvent être avancées, principalement trois. La première concerne le stockage. Celui-ci a débuté en janvier dernier, de la part des revendeurs principalement. La deuxième a trait à la remontée des taux d’intérêts rendant les investissements plus délicats. La troisième raison se rapporte à l’inflation. A titre d’exemple, la fabrication d’une bouteille de champagne a augmenté, en moyenne, de 10 euros ces trois dernières années.

On peut ajouter une quatrième raison liée cette fois aux changements climatiques comme le remarque Gaël Vuille, directeur du vignoble et des approvisionnements.

les grappes se sont révélées plus petites et moins abondantes. Je suis très content que la campagne 2024 soit enfin achevée !
Gaël Vuille, directeur du vignoble et des approvisionnements
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©DR

Bollinger a ainsi subi depuis le début de l’année, comme tant d’autres maisons, des températures supérieures à la moyenne décennale, des pluies comme des orages récurrents jusqu’en juin, sans oublier la grêle, le gel et le Mildiou.

« Par exemple, la fleur n’a duré que trois semaines seulement, rappelle-t-il. Et les grappes se sont révélées plus petites et moins abondantes. Notre rendement a été de 3 000 kilos par hectare, ce qui est extrêmement faible. Je suis très content que la campagne 2024 soit enfin achevée ! »

Et Charles-Armand de Belenet de renchérir : « Il a fallu se battre tous les jours contre les intempéries. C’est un vrai millésime de vignerons. »

Nouvelles étapes 

Année 2024 compliquée. Néanmoins, la maison Bollinger se montre confiante à moyen terme. « Notre stratégie est de jouer pleinement la carte de la différenciation, annonce Charles-Armand de Belenet. Notre vision sur l’avenir s’appuie sur plusieurs axes de développement.» En premier lieu, le pinot noir. « Nous sommes fous de ce cépage », s’exclame-t-il.

La maison Bollinger a décidé de le développer de plus en plus sur ces quelque 180 hectares de vignes. La commercialisation de son nouveau vin PN Vz 19 en est l’exemple. Pour accompagner cet essor du pinot noir, le groupe se dote d’un nouveau cellier. Il verra le jour en 2025. Ainsi, l’entreprise passera ainsi de 4 000 à 5 000 tonneaux. A noter qu’une nouvelle tonnellerie verra également le jour.

Certification EPV

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Cette différenciation passe également par la protection du savoir-faire de la maison Bollinger. L’entreprise a obtenu une nouvelle fois la certification Entreprise du patrimoine vivant (EPV). Celle-ci, décernée par l’Etat, distingue les sociétés françaises possédant un savoir-faire artisanal et industriel d’excellence. « Nous avons été les premiers à l’obtenir en 2012 », tient à rappeler le directeur général.

Parallèlement, la marque poursuit ses investissements afin de mieux coller aux besoins de la clientèle et d’être plus réactif par rapport aux aléas du marché. Et annonce l’ouverture de la maison au tourisme, ce qui est, en soi, une petite révolution.

Premiers coups de pioche 

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« Nous allons ouvrir nos grilles, qui, jusqu’à présent, étaient demeurées fermées », reconnaît bien volontiers le directeur général. A tel point que le site historique de la marque à Aÿ, près d’Epernay, se dotera d’un hôtel-restaurant, doté d’une vingtaine de chambres. Année d’ouverture prévue : 2028. Les premiers coups de pioche devraient débuter d’ici à la fin décembre.

Sans attendre, le nouveau directeur de l’établissement a été recruté en la personne de Bruno Tailly. Ce dernier a géré plusieurs hôtels, le dernier en date étant le Mondrian Bordeaux Hôtel des Carmes.

Quoi qu’il en soit, la maison Bollinger fêtera en 2029 ses deux cents ans ; une vieille dame toujours très dynamique.

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