Décoration chinée, une histoire à raconter

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Par conscience écologique ou pour créer une véritable identité à l’établissement, des restaurateurs misent sur une décoration chinée. Ils offrent ainsi une nouvelle vie aux meubles et à la décoration ancienne.

décoration chinée
La vaisselle vintage insuffle du charme et du caractère à la décoration d’un restaurant. Crédit : DR.

Tables en bois massif, chaises dépareillées, vaisselle rétro, luminaires industriels recyclés… La mode du mobilier chiné entre dans les restaurants, apportant une touche d’authenticité et de caractère. « C’est une façon pour les établissements de se démarquer à l’heure où beaucoup de lieux se ressemblent. Miser sur des pièces uniques, des agencements sur mesure ou des éléments chinés crée une vraie personnalité », estime l’équipe de For Me Lab, un cabinet d’architectes qui accompagne les restaurateurs. Parmi les établissements qui ont choisi de suivre cette tendance, il y a l’hôtel-restaurant Pley, situé rue du Faubourg Saint-Honoré dans le 8e arrondissement de Paris.

En outre, c’est Emmanuel Goudot, actuellement directeur commercial et expérience client, qui a dirigé les travaux pour la décoration. « On avait envie de raconter l’histoire de la radio du 8e arrondissement. Le Pley se trouve au cœur de l’ancien quartier historique des radios parisiennes, on trouvait que c’était un bon point de départ pour raconter une histoire sans en faire un musée de la radio », détaille-t-il. En effet, au XXe siècle, le quartier autour de la rue François Ier à Paris accueillait les sièges de stations majeures comme Radio-Paris, Europe 1 et Radio 37. « On a mandaté une personne qui travaille aux puces pour qu’elle aille chercher une centaine de vieux postes de radio, qu’elle a chinés aux puces et sur différents marchés dans toute la France », continue Emmanuel Goudot.

Par ailleurs, pour les affiches, l’équipe s’est rendue dans les locaux d’Europe 1 pour chercher d’anciennes collections. « On a eu plusieurs rendez-vous avec eux et on a sélectionné, au sein de leurs archives, des collections qui nous plaisaient pour les afficher dans le restaurant et l’hôtel. On a fait la même chose chez Nova et RTL », ajoute-t-il. Autre concept, autre ambiance. Le restaurant festif L’Auberge Club Cochon, situé dans le passage des Panoramas à Paris (2e arrondissement), a été accompagné par l’équipe de For Me Lab pour créer une décoration alliant convivialité et esprit du terroir.

Valoriser l’authenticité

Pour renforcer l’authenticité du lieu, des chaises vintage de seconde main ont été sélectionnées en collaboration avec une brocanteuse. « On a voulu créer un univers à la fois authentique et festif, pour faire du lieu une véritable auberge pour les bons vivants », explique l’entreprise. Pour trouver des pièces uniques, For Me Lab collabore avec plusieurs partenaires spécialisés dans le mobilier professionnel de seconde main, actifs sur l’ensemble du territoire français. Ce sont eux qui se chargent de sourcer et de restaurer les pièces, parfois en les adaptant directement à l’image du projet et aux besoins précis qui leur sont communiqués. « Notre travail consiste à faire des briefs de ce que nous souhaitons pour chaque projet, on leur envoie et ils regardent ensuite ce qu’ils possèdent déjà en stock et vont chiner ce qu’il manque », détaille-t-il.

Style et durabilité

En outre, cette démarche s’inscrit en outre pleinement dans une logique de réduction de l’empreinte environnementale. « Au-delà de l’esthétique, cela nous permet de proposer une approche plus responsable, plus durable, qui fait aussi écho aux attentes des clients et aux engagements de plus en plus d’acteurs de la restauration », note l’équipe de For Me Lab. Utiliser du mobilier déjà existant permet en effet d’éviter la production de nouvelles pièces, souvent énergivore et source d’émissions de CO₂.

En donnant une seconde vie à des objets et matériaux, les restaurateurs limitent les déchets, favorisent le réemploi et contribuent à une économie circulaire. Cette approche s’inscrit dans une vision plus sobre de l’aménagement, où l’on privilégie la durabilité à l’obsolescence programmée. En outre, dans un contexte de transition écologique, ces choix conscients participent à une transformation plus large du secteur de la restauration. Au-delà de l’aspect esthétique ou durable, le mobilier chiné raconte souvent une histoire locale. De plus, de nombreux restaurateurs choisissent aujourd’hui de collaborer avec des artisans ou des brocanteurs régionaux afin de valoriser le patrimoine de leur territoire. Ce choix participe à une forme de transmission culturelle et artisanale, puisque chaque objet, chaque meuble possède une mémoire et a déjà un vécu. C’est cette richesse que recherchent les établissements soucieux de proposer une expérience complète, où la décoration participe autant au voyage que la cuisine elle-même.

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