En cette année 2025, la Cave de Turckheim célèbre ses 70 ans, au travers de deux événements principaux et d’une cuvée. La coopérative aux 150 vignerons fait également le point sur les tendances dans les vins d’Alsace.
70 bougies. Selon diverses études, ce stade de la vie constituerait le moment où l’on est le plus heureux. En cette année 2025, la Cave de Turckheim l’est semble-t-il. Portée par son crémant d’Alsace, dans un contexte de belle santé des bulles. « Les crémants étaient assez peu diffusés en CHR », admet Christophe Botté, directeur de la coopérative qui réalise un peu moins de 15 % de ses ventes auprès des grossistes CHR, tandis que la vente aux particuliers représente un peu moins de 10 %, l’export 25 %, et la grande distribution 50 %. Et de poursuivre : « Mais ils trouvent maintenant leur public. »
Le directeur note également une évolution des tendances de consommation parmi les nombreux vins d’Alsace disponibles. « Historiquement, les plus connus sont le sylvaner, le gewurztraminer et le riesling », indique-t-il. Cependant, alors que le sylvaner est de moins en moins produit, le gewurztraminer fait face à « un creux d’image ». Quant au riesling, il reste constant. Cette situation permet à d’autres cépages de se distinguer et d’être redécouverts.
Le retour du pinot gris et du pinot noir
« Le pinot gris, qui, historiquement, n’est pas le plus connu, progresse. Le fait d’arrêter la mention tokay a joué. Il était essentiellement dédié au crémant ou destiné aux Belges qui sont de grands amateurs. Maintenant, c’est au tour de la France », constate-t-il alors.
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Il en est de même pour le pinot noir, « peu considéré jusque dans les années 2000-2010, essentiellement dédié aux crémants rosés », rapporte Christophe Botté. Et d’ajouter pour expliquer ce retour sur le devant de la scène : « Les vignerons ont progressé et nous bénéficions des effets du réchauffement climatique : une meilleure maturité, une baisse des rendements. Il y a aussi de la place pour les rouges légers. »
Des propos confirmés par Jérôme Hartmann, vigneron coopérateur de la Cave de Turckheim, qui travaille notamment sur le grand cru Brand : « Il y a eu une montée de la qualité des vins rouges en Alsace. » Il fait partie des 150 coopérateurs, qui représentent 400 hectares de vignes. Pour une production qui s’élève à environ 20.000 hectolitres, soit 2,5 millions de bouteilles.
Un crémant d’Alsace spécial pour la Cave de Turckheim
« Nos meilleures armes sont la dégustation à l’aveugle », ajoute-t-il, au sujet de l’image des caves coopératives, qui tend à s’améliorer. Le vigneron met d’ailleurs en avant la notion d’excellent rapport qualité-prix : « Nous disposons maintenant de cahiers des charges, tout est surveillé et s’est professionnalisé. Nous sommes davantage compétitifs avec des vins de qualité égale, voire supérieure. La coopération permet une réduction des coûts et offre une diversité de terroirs. »
Enfin, durant cette année particulière pour elle, la Cave de Turckheim a prévu deux événements marquants. D’une part, le 13 septembre, avec la venue de la famille de Turckheim pour les vendanges. D’autre part, en novembre, avec l’organisation d’un repas viticole. La coopérative a aussi prévu une édition spéciale d’un crémant d’Alsace, qui sera « dégorgé dans les prochaines semaines », précise Christophe Botté. La cuvée, 100 % chardonnay, aura connu un élevage sur lattes de 18 mois. Mais il s’agira d’un « millésime ancien qui a vieilli en foudre ». Elle sera présentée en fin d’année dans une bouteille blanche.