Titre-restaurant : l’Umih dénonce un détournement au profit de la grande distribution

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L’Umih exprime son inquiétudes face à la prolongation potentielle de l’utilisation du titre-restaurant pour tous les produits alimentaires.

Titres restaurants AFMR dans les supermarchés
L'utilisation des titres restaurants dans les supermarchés a été maintenue pour 2024. Crédit UnSplash.

L’Umih appelle à nouveau le gouvernement à recentrer l’utilisation du titre-restaurant vers la restauration. Selon le syndicat, cet élargissement, initialement instauré en 2022 pour soutenir le pouvoir d’achat, a favorisé la grande distribution au détriment des restaurateurs.

Depuis l’extension du titre-restaurant à tous types de produits alimentaires, près de 60% des titres sont aujourd’hui dépensés en GMS plutôt que dans les restaurants, d’après le Centre National des Titres-Restaurant (CNTR). Une évolution inquiétante pour les acteurs du secteur de la restauration. Ils considèrent cette mesure comme un dévoiement de l’objectif initial du titre-restaurant, censé encourager la fréquentation des établissements pour les repas du midi.

L’inflation, actuellement sous la barre des 2%, ne justifie plus cette prolongation. Présentée au départ comme une solution temporaire, elle risque, selon eux, de transformer le titre-restaurant en un simple « titre-caddie ».

Manque à gagner

En détournant l’usage de ce dispositif vers la grande distribution, le manque à gagner pour la restauration s’accentue, nuisant à un secteur qui continue de subir des pertes conséquentes. En effet, d’après les données de la Banque de France, le nombre de défaillances d’entreprises dans le secteur de l’hébergement et de la restauration a atteint 8 373 cas en juillet 2024, soit une hausse de 20% sur un an.

Franck Chaumes, Président de l’Umih Restauration, souligne ce problème : «Nous entendons bien les voix qui s’élèvent pour utiliser le titre-restaurant dans la lutte contre l’inflation qui a affectée toute la population française et tous les secteurs de l’économie. Pour autant, nous ne pouvons accepter que le législateur continue de dévoyer l’objet social du titre-restaurant au profit de la grande distribution alors que ce dispositif crée plus d’emplois et génère plus de recettes fiscales dans nos restaurants. Sans parler du rôle capital que nos PME TPE jouent dans l’aménagement du territoire et les débouchés commerciaux que nous offrons à la filière agricole».

Enfin, l’Umih rappelle que le titre-restaurant bénéficie actuellement d’exonérations de charges sociales et fiscales, estimées à 1,5 milliard d’euros par an. Cette aide existe pour dynamiser le secteur de la restauration et de favoriser les repas pris en dehors de l’entreprise. L’organisation craint qu’un usage élargi ne compromette ce modèle de soutien, en déplaçant une part croissante des titres vers la grande distribution, ce qui aurait pour effet de priver les restaurants de cette source de revenus essentielle.

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