Décision business
Retrait de solutions de protection à base de cuivre : la filière viticole en danger ?
Des faits qui ne sont pas sans en rappeler d’autres. Cet été, plusieurs produits fongicides préservant les vignes contre les maladies ont été retirés du marché par des fabricants. Et cela sans attendre la fin des études encours de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Comme ceux à base de cuivre. Ces derniers permettent de lutter contre le mildiou. Trois syndicats syndicats s’inquiètent pour l’avenir du vignoble français. A savoir, la Confédération nationale des producteurs de vins et eaux de vie de vin à Appellations d’Origine Contrôlées (CNAOC), la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB) et France Vin Bio. Seuls deux produits demeurent autorisés. Dans un communiqué commun, ils soulignent qu’« avec des conditions d’usages qui ne correspondent pas aux besoins du terrain (…) cela laisse les viticulteurs dans une véritable impasse technique ».
Nouvelles concertations
Fort logiquement, les syndicats demandent que les pouvoirs publics, les instituts techniques et les fabricants se mobilisent. Objectif : débloquer la situation dans les prochains mois. « En viticulture bio, on ne dispose que des produits à base de cuivre pour lutter contre le mildiou, on a
donc besoin d’un peu de souplesse », explique Pascal Doquet, vigneron bio en Champagne et référent cuivre à la FNAB.
« On peut utiliser à 200-250 grammes de cuivre par hectare, ajoute-t-il. Mais on peut aussi avoir besoin de traiter tous les trois jours en cas d’orages. Là on nous propose de ne traiter que tous les 7 jours à 400 grammes. Ce ne sera pas efficace. »
La réglementation européenne limite l’épandage de cuivre à 4 kg par hectare et par an. Néanmoins, rappellent les syndicats, l’Anses ne donne plus la possibilité de les adapter à la hausse ou la baisse selon les années. Et le communiqué d’ajouter : « Ce sont les 58.000 exploitations viticoles françaises qui en pâtiront. Particulièrement les 12.000 engagées en bio qui se passent de solutions basées sur la chimie. »
Propositions
Les études en cours de l’Anses doivent doivent analyser trois points précis :
1-Le risque pour les pollinisateurs avec des méthodes actualisées.
2-Le risque des nouveaux produits pour la santé humaine.
3-Le risque d’un traitement à un maximum de 6 kg par hectare et par an. Tout en restant sur une moyenne de 4 kg sur 7 ans.
Tant que les nouvelles études ne seront pas sorties, les syndicats demandent au ministère de l’Agriculture des dérogations. D’une part, permettre les traitements sur fleurs le soir, conformément à l’arrêté abeilles. D’autre part, le lissage des doses sur 7 ans comme la réglementation européenne le permet.
« La filière viticole demande que l’État reconnaisse ses efforts dans la transition écologique. Le cuivre reste la seule alternative pour se protéger du mildiou, nous avons donc besoin de ces dérogations pour sortir de l’impasse », conclut Anthony Brun, président de la Commission Durabilité-Environnement de la CNAOC.
Chargement ...
Les plus lus
Fil d'actu