Décision business
Un dirigeant sur deux impacté par des souffrances psychologiques, selon une étude
Le 11e baromètre Ifop – Fondation MMA des entrepreneurs du futur sur la santé mentale et physique des dirigeants révèle une forte résilience malgré des souffrances psychologiques installées. En effet, cette édition se concentre particulièrement sur le lien entre les souffrances en santé mentale des dirigeants des TPE/PME et ETI et leur rôle dans l’entreprise.
Interrogés sur leur état de santé, une grande majorité de dirigeants (88 %) se disent globalement en bonne santé. Un taux qui s’améliore d’année en année (+10 points en 10 ans). Une réalité toutefois plus nuancée puisque 85 % de ces mêmes sondés ressentent au moins un trouble de santé. Un chiffre en très nette augmentation sur ces 5 dernières années (+26 points vs. 2021).
La souffrance mentale est particulièrement redondante dans les témoignages, tous profils confondus. Un dirigeant sur deux aurait déjà été confronté à une souffrance marquée, notamment en raison d’un stress administratif et d’incertitudes économiques. La moitié des sondés confient ressentir de l’épuisement ou des tensions musculaires. La même proportion (49 %) évoque des troubles du sommeil. Sont ensuite cités les troubles anxieux (43 %), le découragement et la perte de motivation (41 %) ainsi que le sentiment de colère et d’irritabilité (39 %).
Les personnes affectées par des troubles du sommeil se disent également plus sensibles aux difficultés du quotidien. La part de ceux souffrant de troubles anxieux dépasse les 60 %. Les 3/4 subissent un stress administratif, et la même proportion fait face à une surcharge de travail. Ces dirigeants sont aussi moins nombreux à considérer que leur entreprise se développe bien (65 % vs 73 % au global).
Plus de difficultés à adopter les bons réflexes
La souffrance mentale des dirigeants est particulièrement scrutée dans la mesure où elle impacte plus largement leur équilibre. En effet, les personnes impactées ont davantage de difficultés à concilier leur vie personnelle et professionnel le(53 % vs 73 % au global). Ils ont également plus de mal à se détacher des outils numériques (38 % vs 53 %). Ils s’isolent aussi plus largement et manquent de recul. A peine la moitié considère que son entreprise va bien contre 73 % au global.
Le mal-être des dirigeants est loin d’être un phénomène isolé et touche tous les profils, sans distinction d’âge, de milieu professionnel, ou d’ancienneté. A travers nos rencontres dans les territoires, nous observons que la parole des dirigeants se libère progressivement pour évoquer leur malêtre, mais l’accompagnement est encore loin d’être un réflexe : seuls 28 % des sondés sont ou souhaitent être aidés. Il nous faut lutter contre le fléau de la solitude du dirigeant qui retarde la mise en place des solutions pour aller mieux et durablement.
Sondés sur les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien, 64 % des décideurs ciblent la charge règlementaire et administrative. Viennent ensuite la surcharge de travail (citée à 55 %) et l’incertitude économique (54 %). Les dirigeants en mauvaise santé psychologique ressentent globalement plus durement les difficultés du quotidien. Et en particulier celles qui relèvent des questions économiques : incertitudes (+ 22 pts vs. ensemble des dirigeants), climat anxiogène / manque de visibilité (+ 34 pts), difficultés économiques de l’entreprise (+ 23 pts).
Pour aller mieux, 1 dirigeant sur 3 envisagerait de stopper son activité. Une majorité privilégie toutefois des solutions pour améliorer leur qualité de vie. Ils pratiquent du sport (cité à 65 %), améliorent leur équilibre de vie et leur sommeil (57%) ou encore se déconnectent plus souvent (56 %).
Un moral paradoxalement bon en CHR
En approfondissant par secteur d’activité, l’étude met en évidence la résilience des dirigeants des CHR. Leur moral semble moins impacté que dans d’autres filières. 85 % d’entre eux se disent en bonne santé, soit -3 pts par rapport à la moyenne (88 %). Ils sont aussi en bon état psychologique (78 % vs. 76 %). 75 % confient néanmoins avoir au moins un trouble de santé, ce qui reste en-dessous de la moyenne (85 %). Ils sont légèrement moins nombreux à avoir des troubles anxieux (37 % vs. 43 % en moyenne).
Néanmoins, un plus grand nombre de dirigeants du secteur ressent de l’épuisement et une fatigue persistante (56 % vs. 50 %). Leur optimisme vis-à-vis du développement de leur entreprise est aussi plus marqué (78 % vs. 73 %).
85 % des patrons du secteur (vs. 90 % en moyenne) rencontrent au moins une difficulté dans leur quotidien. Si la charge administrative et réglementaire est exprimée en majorité, elle est pour autant moins présente dans le secteur CHR qu’à échelle globale (53 % vs. 64 % en moyenne). La surcharge de travail (48 % vs. 55 % en moyenne), le climat anxiogène et le manque de visibilité (29 % vs. 40 % en moyenne) ainsi que le sentiment de solitude face aux décisions lourdes (22 % vs. 30 % en moyenne) sont elles aussi moins éprouvées.
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