Capitale de la Touraine, Tours est classée au Patrimoine mondial de l’Unesco et détient le label de Ville d’Art et d’Histoire. Si la ville a longtemps cultivé une identité gastronomique forte, elle voit aujourd’hui son paysage culinaire évoluer, tiraillé entre traditions locales et montée des chaînes de restauration.
L’ancienne cité gallo-romaine est fréquemment surnommée le petit Paris ou encore le « 22e arrondissement parisien », en raison de sa proximité avec la capitale et de l’architecture haussmannienne de certaines de ses bâtisses. « Au XIXe et au début du XXe siècle, Tours était un lieu de convergence pour les intellectuels, les religieux et les dirigeants. Son organisation urbaine et son développement rappelaient ceux de Paris et on retrouvait les mêmes enseignes dans les deux villes », explique Pascal Blaszczyk, vice-président et secrétaire général de l’Umih d’Indre-et-Loire, également restaurateur à la tête du Léonard de Vinci, situé dans une maison médiévale à colombages de la rue de la Monnaie, au cœur du Vieux-Tours. La ville a par ailleurs été, à trois reprises dans son histoire, capitale de la France — un héritage qui renforce son lien étroit avec Paris. « Tours est aussi située au centre de la région Centre-Val de Loire, qui figure parmi les zones touristiques les plus prisées de France. Nous accueillons un grand nombre de visiteurs chaque année, même si l’on constate ces dernières années un affaiblissement progressif de l’écosystème touristique », ajoute-t-il. Le secteur de la restauration traverse ainsi une période difficile. « Tours connaît les mêmes dynamiques que les grandes villes, avec l’expansion continue de chaînes au détriment des restaurants traditionnels », poursuit Pascal Blaszczyk. Malgré cette évolution, le centre historique du Vieux-Tours concentre encore une offre variée de restaurants. Les restaurateurs qui résistent peuvent heureusement compter sur l’abondance de produits locaux issus du terroir du Centre- Val de Loire. À l’instar du fromage de chèvre de sainte-maure-de-touraine, des rillons confits, de la poule géline de Touraine, et d’une grande variété de fruits et légumes, dont certains typiquement régionaux comme le haricot Comtesse de Chambord ou le céleri violet de Tours. « Nous sommes le “Jardin de la France” », estime Pascal Blaszczyk. Pour le plus grand bonheur des restaurateurs locaux. « Si, dans une région comme la nôtre, on n’est pas capable de se fournir en produits frais, alors ce serait à désespérer », conclut-il.