Okko s’installe gare de l’Est

  • Temps de lecture : 4 min

Représentant d’une nouvelle génération d’hôtels, moins formatés, Okko vient d’installer 170 chambres 4* sur les quais de la gare de l’Est.

Il est difficile pour un hôtel d’être plus proche des voies de chemins de fer que l’Okko Hôtels, qui vient d’être inauguré sur le quai numéro 2 de la gare de l’Est. Il a pris place dans un bâtiment de trois niveaux sur près de 200 m de longueur et intègre 170 chambres 4*. Cette surface était auparavant occupée par un entrepôt de tri postal. L’emplacement est d’autant plus stratégique que la voie numéro deux est destinée à accueillir le Charles-de-Gaulle Express qui devrait rallier Paris et Roissy en 20 minutes d’ici 2025. « Nous sommes un hôtel de gare, nous allons devenir un hôtel aéroportuaire », se réjouit Olivier Devys, président fondateur de la chaîne. Ce nouvel établissement préfigure la deuxième génération des hôtels de la marque Okko Hôtels. Les parties communes ont été réalisées par deux décoratrices milanaises du Studio PP. La partie hébergement a été supervisée par le Studio Catoir.

Les nouvelles chambres ont pris en compte les remarques négatives récurrentes de la clientèle de la chaîne. Elles offrent désormais davantage de luminosité, notamment au niveau de la salle de bains, des toilettes séparées et une véritable armoire à dressing. Pour le reste, Okko continue de s’inscrire dans le courant de l’hôtellerie lifestyle, à contre-courant de l’indus trie hôtelière standardisée. « Lorsque j’ai créé Okko, je ne savais pas exacte ment ce que je voulais faire, mais je savais ce que je ne voulais pas faire, indique Olivier Devys. Ici, ni check-in ni check-out, mais une véritable générosité vis-à-vis des clients. »

Un prix moyen de 155 €

Ainsi, cet hôtel non formaté offre au client une liberté à travers de vastes parties communes qu’il peut utiliser à sa guise, en espace de travail, de rencontre ou de détente. Chaque matin et chaque soir, il a accès à un vaste buffet alimenté en produits sourcés de grande qualité, dont le coût est intégré dans celui de la nuitée (de 100 à 300 € selon la période de l’année, soit un prix moyen de 155 € sur l’Okko de la porte de Versailles, déjà en fonction). Cette offre tout compris en liberté séduit la clientèle et la communication fonctionne très bien.

Lorsque le premier hôtel Okko a ouvert à Lyon, il affichait un taux moyen de 75 % sur la première année de fonctionnement. « Avec la magie de la digitalisation, nous n’avons plus besoin de 200 à 300 hôtels pour exister, observe Olivier Devys. Les avis clients sur Internet représentent la meilleure des publicités ».

Olivier Devys, président fondateur de l’enseigne.

Gare de l’Est, l’hôtel devra être encore plus performant. Dépendant de deux bailleurs, la SNCF pour le terrain et un investisseur institutionnel pour le bâti, l’établissement doit supporter de lourdes charges. L’investissement a absorbé près de 30 M€. Il est donc condamné à atteindre un taux d’occupation de 85 % pour équilibrer ses comptes.

Sa réalisation témoigne de la pertinence du concept qui a vu le jour il y a cinq ans. Ancien directeur de cabinet des présidents d’Accor, Olivier Devys avait créé la chaîne Suite Hôtels au sein du groupe. Il a quitté Accor en 2009 pour lancer le projet Okko, avec l’appui de Paul Dubrule. Les deux hommes détiennent chacun 38 % du capital d’Okko et développent l’enseigne sans avoir recours à la franchise. En cinq ans, Okko a créé neuf hôtels en France, soit près d’un million de chambres. « Nous sommes arrivés au bon moment, reconnaît Olivier Devys. Mama Shelter et Cit izenM sont arrivés avant nous pour incarner ce renouveau de l’hôtellerie. Ils ont essuyé les plâtres », Okko affichait l’année passée un CA de 28 M€, soit une progression de 38 %. Cinq ouvertures sont déjà planifiées, dont deux à Paris (Montparnasse et La Défense), mais aussi à Nice, Lille et Toulon.

PARTAGER