Les nouvelles frontières du réseau Émeraude Hotel

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A l’occasion de ses 30 ans, un nouveau chapitre s’ouvre pour Émeraude Hotel. Le réseau compte désormais sortir de la capitale et de sa Bretagne natale pour investir en Province, voire au-delà. Rencontre avec Rony Bou Rached, directeur des opérations.

Rony Bou Rached, directeur des opérations d’Émeraude Hotel. ©DR

Jusqu’à présent, le groupe était relativement discret, mais à l’occasion de vos 30 ans, vous communiquez. L’annonce d’une nouvelle stratégie ? 

Rony Bou Rached : Il est vrai que, jusqu’alors, nous sommes demeurés assez à l’abri des regards. La marque Émeraude est maintenant à la recherche de nouvelles acquisitions, aussi bien pour les murs que pour les fonds. D’abord, à Paris où nous aimerions nous implanter dans le 7e arrondissement, ce qui nous permettrait d’investir la rive gauche. Ensuite, nous pourrions nous installer dans des villes moyennes, dans le sud de la France par exemple. Notre développement s’effectue soit par la reprise d’un établissement, soit la création ex-nihilo d’un bâtiment. Cela dit, nous privilégions plutôt la première solution. Notre cible concerne les trois et quatre étoiles, des hôtels de proximité au luxe discret. En revanche, les cinq étoiles et les palaces ne sont pas pour nous. Quoi qu’il en soit, nous devrions compter, d’ici à un an, deux nouveaux établissements.

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Émeraude Hotels, c’est un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros, une équipe de plus de 200 personnes, 12 hôtels, soit quelque 500 chambres (du côté du Louvre Montana, 1er arr. de Paris) ©DR

Paris, la province, et l’Ile-de-France ? Et l’Europe ?

Tout dépend de l’emplacement. Nous avons failli acquérir un établissement dans les Hauts-de-Seine. Quoi qu’il en soit, si nous devons investir, cela ne concerne que la petite couronne et des hôtels de centre-ville. Quant à l’Europe, pourquoi pas. Mais si tel est le cas, alors nous ferons appel à un investisseur local. Il n’est pas question d’arriver seul dans un pays. Cependant, il y a déjà suffisamment de quoi faire dans la capitale.

Un des deux établissements d’Émeraude Hotels hors de Paris _ L’Isidore à Rennes. ©DR

Un peu d’histoire

Tout débute avec la rencontre d’un homme d’affaires, Daniel Gautier, et d’un hôtelier Jacques Jean, tous deux issus de la Côte d’Émeraude. En 1994 naît Les Hôtels Émeraude. Objectif : créer à Paris des boutiques hôtels à taille humaine. Cette même année, l’entreprise prend le contrôle du Louvre Montana, un établissement (aujourd’hui 4 étoiles), situé rue Saint-Roch, dans le 1er arrondissement de la capitale. En 2017, le réseau est rebaptisé Émeraude Hotels, avec une volonté de développement de la clientèle française mais aussi internationale. Le siège administratif et financier est à Rennes et le siège social et opérationnel à Paris. Au duo Daniel Gautier et Jacques Jean a succédé depuis 20 ans celui composé de Stéfanne Giraudet et de Rony Bou Rached.

Aujourd’hui, Émeraude Hotel, c’est

-À Paris : 10 boutiques hôtels, de 3 et 4 étoiles, de 25 à 50 chambres
Le Louvre Montana (1er arr.), Le Madeleine Haussmann (8e arr.), le Chavanel (8e arr.), Hélios Opéra (9e arr.), l’Hôtel d’Espagne (9e arr.), le Joe M (9e arr.), le Marais Hôme(11e arr.), le Plaza Étoile (17e arr.), l’Eiffel Saint-Charles (15e arr.) et Banville .(17e arr.).
-En Bretagne, deux hôtels avec restaurant 4 étoiles (Best Western Plus), de 58 à 72 chambres : l’Isidore à Rennes, Les Rives du Ter, à Larmor-Plage (Morbihan).

Allez-vous uniformiser votre offre hôtelière ? 

Absolument pas. Lors d’une acquisition, nous tenons à conserver sa singularité. Il n’est pas question de les uniformiser. Néanmoins, en ce qui concerne les outils informatiques, les achats, la grille salariale, tout est en commun. Tout comme le CRM même si, naturellement, chaque établissement dispose d’une page d’accueil personnalisée. Pour autant, nous ne sommes pas une coopérative. Mais une entreprise familiale qui se préoccupe avant tout de ses liens avec sa clientèle, qu’elle soit française ou internationale. Du reste, les Français représentent notre première clientèle. En ce qui concerne celle internationale, les Américains sont là. On note aussi une belle présence des Canadiens cette année. Faut-il y voir là une des conséquences de la politique de Donald Trump vis-à-vis de ce pays, les Canadiens boudant les Etats-Unis ? Suivent les Allemands, les Suisses et les Espagnols. Celle d’Asie du Sud-Est est heureusement de retour. Des Japonais, des Coréens et des Taiwanais en ce qui nous concerne. La clientèle d’affaires est également très importante.

Aucune machine ne supplantera un sourire humain

Cette ouverture vers des villes moyennes amènera-t-il un nouveau tour de table ? 

Notre actionnariat demeure familial, néanmoins nous ne sommes pas fermés à faire évoluer notre modèle, mais pas à n’importe quel prix. L’histoire d’Émeraude s’est construite à travers différentes rencontres. L’humain est primordial pour nous.

Comment voyez-vous évoluer le métier d’hôtelier ? 

Il repose sur une base solide, celle de l’hospitalité. Aucune technologie ne pourra la remplacer. Et aucune machine ne supplantera un sourire humain. La qualité et la sincérité de l’accueil sont immuables. Cela dit, la polyvalence de nôtre métier s’est considérablement renforcée. Je parlerai même de polycompétences, suite à l’essor du numérique, d’internet, des nouvelles technologies… sans oublier l’appétence de la clientèle pour les réseaux sociaux. Quant à l’IA, elle va beaucoup nous apporter. Notamment en nous enlevant des tâches fastidieuses, très chronophages. Elle peut ainsi gérer les commentaires clients, lire les emails, etc. Tout cela nous permettra de consacrer plus de temps à notre clientèle. Mais l’IA réclame une certaine intelligence pour s’en servir.

©DR

Rony Bou Rached, parcours express
Rony Bou Rached est Franco-libanais. Et c’est par hasard qu’il œuvre aujourd’hui dans l’hôtellerie. Lors de ses études de philosophie en Italie, il décroche un job d’été dans un hôtel. Par la suite, dans les années 1990, il intègre un établissement Marriott à Milan. Dans un premier temps, il a en charge les ressources humaines, puis les achats. En 2003, il quitte cet établissement pour se rendre en France. Là, il effectue un stage pour se consacrer totalement aux métiers de l’hôtellerie. Il devient alors réceptionniste en 2024 dans un des hôtels du réseau Émeraude Hôtels. 2007, il intègre le siège social parisien à la demande de Stéfanne Giraudet, l’actuelle P-DG et fille du fondateur. Quelque temps plus tard, il prend le poste directeur des opérations.

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