Fever-Tree, réenchanter les softs et accompagner les CHR

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Alors que le marché des mixers premium continue sa progression en France, Fever-Tree consolide sa place de numéro deux du secteur CHR. Entretien avec Ludovic Derigny, responsable de Fever-Tree France.

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Fever-Tree souhaite accompagner au mieux le CHR pour construire une offre de softs premium. Crédit : Fever-Tree.

Comment définissez-vous aujourd’hui la place de la marque sur le marché français du CHR ?

La marque est née au sein du CHR. Elle s’est développée grâce aux barmans, qui aujourd’hui encore expriment un attachement particulier pour Fever-Tree. Par ailleurs, ces dernières années, notre présence a doublé : nous sommes désormais implantés dans 10 000 bars en France.

Nous sommes aujourd’hui la deuxième marque de mixer en CHR avec 18 % de part de marché en valeur. Si le marché des mixers poursuit sa progression — il a augmenté de 5 % en 2026 selon les données CGA — la marque Fever-Tree affiche quant à elle une croissance de 12 % cette année.

Aujourd’hui, notre rôle est de réenchanter la partie « soft » de l’offre en proposant du premium. Lorsqu’un consommateur achète une boisson à 6 euros sur une table, il doit percevoir la valeur de ce qu’il consomme. Nous souhaitons accompagner les barmans et restaurateurs dans la valorisation du produit. Servi dans un joli verre, avec une rondelle de citron, le produit gagne en valeur perçue.

En grande distribution, En grande distribution, nous représentons plus de 50% des ventes de la Ginger Beer, ce qui illustre bien cette dynamique : les Français consomment de plus en plus la Ginger Beer en soft. Pour les bars, c’est l’opportunité de proposer une offre premium qui sort de l’ordinaire et permet aussi de composer des cocktails. On observe toutefois un certain retard côté CHR, où la Ginger Beer reste encore trop souvent associée au seul Mule, alors que les Français la consomment majoritairement en soft.

Le marché du CHR évolue avec la premiumisation, mais aussi avec la montée du sans-alcool… Comment ces tendances influencent-elles votre stratégie et vos développements ?

Selon les données CGA, depuis 2019 la consommation de bières sans alcool a doublé. Celle des apéritifs sans alcool a triplé, voire quadruplé. C’est une tendance de fond, qui nous porte naturellement avec la Ginger Beer. Il reste cependant beaucoup à faire. Aujourd’hui, dans un café parisien sur deux, la Ginger Beer n’est tout simplement pas proposée à la carte.

La catégorie Ginger Beer recouvre en réalité une grande diversité de goûts et de textures selon les marques, notamment en matière d’effervescence. Nous sommes aujourd’hui la marque de Ginger Beer que les Français reconnaissent le mieux, mais il reste un travail important à mener en amont des innovations, pour garantir que le produit soit servi dans les meilleures conditions — une bouteille ouverte la veille, par exemple, perd en effervescence.

Enfin, notre offre reste certes plus chère qu’un soda classique mais elle permet de maintenir un équilibre entre premiumisation et préservation des marges pour les établissements.

Quels sont aujourd’hui les principaux besoins exprimés par les barmans et restaurateurs ?

Le premier sujet abordé est celui de la qualité. Les professionnels veulent servir de bons produits avec de bons ingrédients, tout en maîtrisant leurs ratios de coûts. C’est avant tout une question d’arbitrage sur le curseur des marges. Nous pouvons les aider à tenir ces ratios, à condition d’accepter un coût matière légèrement plus élevé.

Votre philosophie repose beaucoup sur le sourcing d’ingrédients spécifiques, comme la quinine de République démocratique du Congo ou le thym citron de Provence. Cette singularité est-elle recherchée par les professionnels du CHR ?

Cet aspect suscite l’intérêt des professionnels lorsqu’ils prennent le temps de s’y pencher, notamment lors de masterclasses. Mais dans l’absolu, le premier critère reste la qualité du produit.

Nous sommes la seule marque de boissons soft à indiquer la provenance de nos ingrédients. Cette spécificité relève davantage d’un gage de réassurance que d’un argument marketing central. Notre thym citron, par exemple, provient du pied du mont Ventoux ; c’est ce qui compose notre Mediterranean Tonic Water. Nous connaissons les familles qui récoltent ces ingrédients, ce qui garantit une stabilité de goût constamment validée par les barmans.

Quelles sont les nouveautés ou innovations que Fever-Tree souhaite particulièrement mettre en avant en 2026 sur le marché français ?

Notre dernier lancement porte sur le pamplemousse rose, inspiré du cocktail Paloma — un cocktail tendance, à base de tequila, très apprécié des barmans. C’est l’un des rares sodas au pamplemousse à contenir réellement du jus de pamplemousse.

Avec la Ginger Beer, le pamplemousse rose et le tonic méditerranéen — lancé l’an dernier — nous disposons désormais d’une gamme complète permettant à la fois de composer des cocktails et de proposer des softs.

Pour les prochaines années, quelles sont vos ambitions pour Fever-Tree en France ?

Notre ambition reste d’accompagner durablement les CHR. Nous venons du monde du cocktail et du long drink, et nous sommes aujourd’hui leaders du premium sur le segment des mixers en grande distribution — mais il reste encore beaucoup à construire dans les bars.

Quelqu’un qui entre dans un bar hésite aujourd’hui entre une bière et un cola : nous pensons pouvoir proposer une alternative différente. La véritable question qui nous anime est de savoir comment accompagner au mieux le CHR pour construire une offre de softs à la hauteur des attentes des consommateurs.

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