Terrasses : l’engagement durable comme valeur ajoutée

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À chaque printemps, la terrasse d’un restaurant se transforme en atout stratégique. Elle attire spontanément les passants et reflète l’identité du lieu. Elle peut aussi refléter un engagement écologique, de plus en plus attendu des clients.

terrasses durable
Le mobilier peut être en matériaux écologiques. Crédit : Lafuma

La terrasse est un espace très apprécié des clients et un potentiel levier de rentabilité. Elle est aussi le reflet des valeurs d’un établissement, dont un engagement durable souvent recherché par les clients. La disponibilité de matériaux innovants permet désormais de concilier design, durabilité et écoresponsabilité.

La première étape passe par le choix de matériaux écoresponsables pour la structure. Il peut s’agir du bois certifié FSC ou PEFC provenant de forêts gérées durablement, de l’acacia, du bambou. Le teck est aussi très résistant en extérieur. Les lames de terrasse composites coextrudées sont aussi une alternative écologique récente aux bois exotiques ou résineux. Pour le métal, l’aluminium léger, recyclable à l’infini est un bon choix. Tout comme l’acier recyclé, robuste s’il est efficacement traité contre la corrosion.

Côté textiles, ils seront issus de fibres naturelles ou recyclées. Ils contribuent également à créer une atmosphère authentique et chaleureuse.

Mobilier recyclable

Dans la même logique, le mobilier écoconçu privilégie des tables, chaises et assises fabriquées à partir de matériaux durables : bois naturel certifié FSC ou composites recyclés, bambou, aluminium recyclé ou plastiques recyclés haute résistance. Le mobilier monobloc en technopolymère constitue une solution particulièrement adaptée aux usages intensifs.

Conçus pour être 100 % recyclables en fin de vie, ces équipements résistent aux UV et aux intempéries sans altération de la couleur. Tout en offrant une grande facilité d’entretien. Certains plateaux de table sont ainsi réalisés à partir de plastiques recyclés compressés. Leur rendu est proche du terrazzo [fragments de pierres, de marbre et de ciment poli donnant un aspect minéral pailleté, NDLR], ou de matériaux issus de la biomasse.

Des acteurs français du secteur développent des gammes spécifiquement dédiées aux professionnels du CHR. Ils intégrent des critères de durabilité exigeants : association de structures en acier et de toiles techniques, garanties étendues et réparabilité, afin de prolonger la durée de vie du mobilier.

Éphémères, mais robustes

Sur Paris notamment, à l’issue du Covid, la mairie a autorisé la création de terrasses éphémères sur de nombreuses places de stationnement. Une façon bienvenue de donner un peu d’air aux restaurateurs qui a séduit la clientèle. « Beaucoup ont prolongé l’expérience, sans toutefois toujours réfléchir à des terrasses mieux conçues pour durer », remarque Jean-Paul Richaud, fondateur d’Epsilon 2 (Pantin, Seine-Saint-Denis), une agence d’architecte d’intérieur, spécialisée dans le CHR. Il travaille actuellement dans une petite rue de Montparnasse qui est en cours de végétalisation. Les conditions y sont idéales.

Son agence, qui est déjà intervenue sur deux restaurants, finalise la terrasse d’une crêperie du même groupe. « J’ai proposé à ce client de concevoir des terrasses durables et non pas bricolées comme on en voit beaucoup. C’est à dire une structure de base métallique en acier galvanisé, pour la stabilité et la résistance aux intempéries en milieu urbain, habillée en bois avec un plancher et des modules que l’on peut assembler puis désassembler à la fin de la saison. Je ne dis pas que mon approche soit totalement écoresponsable. Mais je propose une garantie de durabilité dans le temps sur au moins cinq à sept ans, avec des matériaux de qualité en partie recyclables, plutôt que de tout mettre à la benne chaque fin de saison. Certes, le coût n’est pas le même. Mais, au final, le restaurateur y gagne d’autant plus que les clients font la différence et apprécient une belle terrasse qui reflète aussi l’image de l’intérieur du restaurant. Écologique pour moi, c’est aussi deux mots : “éco” et “logique”. »

Intégrer du végétal

Une approche complémentaire consiste à intégrer le végétal sur une terrasse afin de créer un petit îlot de fraîcheur. Ces derniers améliorent la qualité de l’air et réduisent la chaleur ambiante. Ajouter quelques plantes locales, insectifuges ou aromatiques (thym, lavande, romarin, etc.), est relativement simple et économique tout en mettant en lumière une approche plus naturelle.

César Saint-Ouen, fondateur de Terrasses et Jardins de Paris, note que la première attente des restaurateurs reste pragmatique. Tout le matériel doit être démontable et il ne doit pas y avoir beaucoup d’entretien. Qu’il s’agisse du mobilier comme des plantes. « Nous travaillons avec des végétaux qui ont besoin de très peu d’eau et installons des systèmes d’arrosage automatique monitorés en réel goutte-à-goutte. Cette approche est personnalisée en fonction des envies de chaque client. Mais aussi de l’orientation de la terrasse. Elle vise à économiser l’eau et se fait d’une façon très méticuleuse et très technique. Pour les rooftops, par exemple, toujours extrêmement exposés au vent et au soleil, nous avons des préconisations spécifiques apportées par notre compositeur végétal en lien avec nos architectes et paysagistes. »

Tirer profit de la lumière naturelle

Un projet plus écologique cherche aussi à maximiser l’utilisation de la lumière naturelle afin de réduire les besoins énergétiques. Dans certaines régions, il est possible de transformer sa terrasse en espace utilisable tout au long de l’année. Par exemple en installant une pergola bioclimatique, des stores rétractables ou des voiles qui offrent de l’ombre en été et une protection efficace en cas de pluie légère. « Les toiles micro-perforées apportent un confort thermique en bloquant la chaleur et les rayons UV. Mais aussi un confort visuel, explique César Saint-Ouen. De même, les parasols peuvent utiliser ce type de toile qui ne chauffe pas avec le soleil, et permet à l’air de circuler. »

Enfin, l’éclairage peut faire la différence. En choisissant des lampes Led à basse consommation, des lampes solaires professionnelles (attention au nombre de lumens) ou des éclairages automatiques basse tension avec capteurs, la consommation électrique est réduite et la pollution lumineuse limitée.

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