Le GHR réagit à l’agrément titres restaurant accordé à Hema
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Le GHR appelle le ministre Serge Papin à revoir les règles d’attribution des agréments pour les titres restaurant, suite à celui obtenu par l’enseigne Hema. Le groupement pointe une remise en cause du dispositif lui-même.
La décision ne passe définitivement pas. Après l’Umih, le GHR saisit à son tour le Gouvernement au sujet de l’agrément accordé à l’enseigne Hema pour les titres restaurant.
Le groupement a écrit le 7janvier au ministre Serge Papin pour exprimer «sa profonde préoccupation suite à l’agrément délivré à l’enseigne HEMA». Dans ce courrier, l’instance lui demande d’engager un dialogue avec les organisations professionnelles de la restauration «pour réviser les règles d’agrément des commerces acceptant ces titres ». Le GHR relaie ainsi les interrogations des professionnels sur le respect de l’objet initial du dispositif des titres restaurants.
Un système dévoyé
Le titre restaurant a été créé pour faciliter l’accès des salariés à un repas équilibré au cours de leur journée. « L’autorisation donnée à HEMA marque une nouvelle étape dans le dévoiement progressif du dispositif. Il s’agit d’une enseigne dont l’offre alimentaire est marginale et essentiellement composée de produits de snacking et de confiserie, estime Fabian Desbrandes, restaurateur parisien en charge du dossier des titres-restaurant au GHR. Une offre très éloignée des recommandations nutritionnelles pour un repas équilibré. Elle ne correspond pas à un repas complet pendant la journée de travail comme le prévoit les textes. »
Le ministère appelé à revoir les règles d’attribution
De plus, dans le contexte difficile que connaît la restauration depuis plusieurs années, cette annonce intervient comme un énième obstacle. « Nous assistons à une véritable dérive des titres‑restaurant qui se fait au détriment de la santé des salariés et de l’activité des restaurateurs, s’agace la présidente du GHR, Catherine Quérard. Ils voient leurs chiffres d’affaires en titres‑restaurant diminuer d’année en année. En trois ans, le secteur a perdu près d’un milliard et demi d’euros au bénéfice de la grande distribution. »
Le groupement appelle instamment le Ministre à revoir les règles d’agrément des commerces acceptant les titres restaurant. Ainsi, il plaide pour les aligner à nouveau avec les règles d’origine.
Fabian Desbrandes pointe aussi un manque d’exigence de la part de la Commission nationale des titres restaurant au moment de l’instruction des demandes. Notamment dans la manière de considérer la part d’activité liée à la restauration ou l’alimentaire. Il demande « une correction urgente et […] de suspendre immédiatement tout nouvel agrément d’enseignes non spécialisées dans l’offre alimentaire. » La présidente du GHR considère également que l’avenir même du dispositif est en jeu. « Si l’État ne souhaite pas voir le dispositif des titres‑restaurant devenir un simple instrument de paiement détaché de son objet, il est de sa responsabilité d’intervenir. À défaut, le régime dérogatoire du titre‑restaurant risquerait d’être remis en cause. Le projet de taxe de 8 % l’illustre, et sa pérennité serait sérieusement questionnée. »