Champagne Krug : la culture du terroir et du millésime

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Établie à Reims, la maison de champagne Krug possède dans son ADN la volonté de produire chaque année un vin millésimé. Une spécificité à rechercher du côté des origines de la maison et de son fondateur Joseph Krug.

maison champagne Krug
La maison de champagne Krug se situe à Reims (Marne). Crédit : Mikael Benard.

Pour décrire son champagne, Olivier Krug, directeur et représentant de la sixième génération familiale, parle de « rêve d’un homme ». Il fait ici référence à Joseph Krug, le fondateur de la maison dont le siège se situe à Reims (Marne) et qui appartient depuis 1999 au groupe LMVH, via sa filiale Moët Hennessy, dédiée aux vins et spiritueux.

« Joseph Krug est né à Mayence, sur la rive gauche du Rhin, la partie francophile, qui était un département français en 1800. Plus tard, il part pour Paris et y rencontre le distributeur d’une des plus grandes maisons de Champagne, Jacquesson », raconte son descendant.

Un millésimé chaque année

Joseph Krug s’initie alors à ce fameux vin effervescent. « Il s’installe à Chalons-en-Champagne, tient les affaires de la maison Jacquesson, et est intégré mais une chose le gêne : le fait, pour ce vin synonyme de plaisir, d’être autant dépendant du climat. Il est convaincu qu’il peut créer un champagne qui n’existe pas encore, un millésimé tous les ans », poursuit-il.

Démarre alors pour Joseph Krug un long travail de recherche pour arriver à ses fins. « Pendant trois à quatre ans, en cachette de Jacquesson, il travaille avec le négociant Hippolyte de Vivès », précise Olivier Krug. Jusqu’en 1843, année de la fondation de la maison Krug. Aussi, « l’idée clé de Joseph Krug était qu’une parcelle représentait un vin », indique le directeur. Il s’agit alors de pousser la notion de terroir à son paroxysme et de respecter l’individualité de chacune des parcelles. La maison n’accorde en outre pas de place à la médiocrité. « En cas d’année compliquée, si l’on se rate, le vin sort et ne rentre pas pour rendre le tout moyen », défend-il.

Une cuvée, 400 vins testés

En cela, « la Grande Cuvée représente le rêve de Joseph Krug », se félicite Olivier Krug. La maison en est à sa 172e édition, qui est issue d’un d’assemblage de pas moins de 146 vins de 11 années différentes. Le plus jeune datant de 2016 et le plus ancien de 1998. Les vins de réserve représentent quant à eux 42 % de l’assemblage final. La cuvée a connu un vieillissement de six ans sur lies, puis un an après le dégorgement. Un élevage qui s’effectue dans les caves située sous le siège de la marque à Reims. Des caves aménagées par Paul Krug, le fils du fondateur.

Par ailleurs, pour réaliser une telle cuvée, le champagne Krug peut s’appuyer sur un comité de dégustation, composé au minimum de sept personnes et dont la cheffe de caves Julie Cavil fait partie, particulièrement aguerri. Et pour cause, chaque année, 400 vins sont testés. Olivier Krug les compare d’ailleurs à « 400 musiciens » qui sont auditionnés. D’une part, les 150 vins de réserve, des années précédentes, et d’autre part, les 250 ans vins de l’année. L’ensemble des observations est alors consigné dans un « black book » électronique, une véritable base de données qui vient en complément de la dégustation lors de la prise de décision pour les assemblages.

Enfin, et depuis 2011, l’intégralité des informations propres à chaque cuvée est à retrouver à travers le Krug ID. Ce QR Code situé sur la contre-étiquette donne ainsi accès à toute l’histoire de la bouteille ainsi qu’à celle de la maison. Le but ? Enlever une part de mystère sur ce que Krug conçoit comme la manière « d’offrir chaque année l’expression la plus généreuse de Champagne ».

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