Au cœur de la campagne : à Strasbourg, Jean-Philippe Vetter promet sécurité et politiques favorables à la consommation
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Jean-Philippe Vetter se lance pour la deuxième fois à la conquête de la mairie de Strasbourg. Le conseiller municipal et métropolitain d’opposition, également élu à la Communauté européenne d’Alsace, propose aux commerçants un nouveau contrat sur les sujets de sécurité, pivots de son programme. L’élargissement des terrasses et de la gratuité du stationnement sont parmi ses leviers de dynamisme économique.
Quelles dispositions prévoyez-vous au sujet de l’implantation des terrasses permanentes et éphémères ? Si vous êtes élu, comptez-vous revenir sur les autorisations délivrées par la précédente mandature ?
Les terrasses illustrent un mode de vie urbain et convivial auquel nous sommes attachés. Nous ne reviendrons pas sur les autorisations données, et nous irons plutôt dans le sens de « plus de terrasses », avec une attention toutefois portée à la fois sur le respect des règles (espaces réservés, fermetures aux horaires prévus…). En cas de conflit de voisinage, nous mandaterons nos élus de quartier pour faire de la médiation. Nous entendons donner davantage de pouvoir et de marges de manœuvre à ces élus de quartier pour pouvoir réguler sereinement ce type de dossiers.
Que prévoit votre programme concernant la collecte des déchets pour les professionnels des métiers de bouche ? Quelles mesures envisagez-vous s’agissant des biodéchets ?
Nous souhaitons simplifier la question de la collecte des déchets auprès des professionnels. Nous ne sommes pas opposés à mobiliser le privé pour cette tâche, dès lors qu’il est plus compétitif pour les entreprises et qu’il respecte les règles d’accès, de collecte et de traitement. Et nous inciterons à aller plus loin dans la collecte et la valorisation des biodéchets.
Comment comptez-vous lutter contre la monoactivité dont souffrent certains quartiers /rues s’agissant des commerces de restauration ? Quelle place pour la préemption commerciale dans votre stratégie ?
Nous serons très attentifs à l’attractivité du centre-ville de Strasbourg. Centre qui a beaucoup souffert ces dernières années à cause notamment des difficultés d’accès, et du peu de cas que la municipalité sortante a fait du monde commerçant. Et notamment, de l’univers des cafés, restaurants et hôtels. Sauf exception, nous ne souhaitons pas recourir à l’entrisme de la collectivité dans les affaires d’entreprise. Nous tâcherons d’éviter la préemption. Mais nous prendrons des mesures incitatives pour éviter les trop fortes concentrations, de fastfoods notamment. Nous mènerons avec la profession des restaurateurs, des campagnes sur le « bien-manger », et sur les traditions gastronomiques alsaciennes.
Quels engagements prenez-vous vis-à-vis des entreprises sur les impôts et taxes suivantes : cotisation foncière des entreprises (CFE), cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), taxe foncière, redevances de terrasses, taxe sur la publicité extérieure.
Nous avons pris l’engagement de ne pas augmenter les taux des impôts, taxes et redevances sur le mandat. Strasbourg a connu une forte augmentation de ces prélèvements, et nous considérons qu’il ne faut en aucun cas aller plus loin.
Quelles limites souhaitez-vous poser concernant les nuisances sonores liées aux activités de restauration ? Comment envisagez-vous les relations entre les forces de l’ordre municipales et les CHR ? Les agents seront-ils sensibilisés aux particularités de ces métiers ?
Comme nous l’avons indiqué, les élus de quartier seront appelés à faire de la médiation lorsque c’est nécessaire, pour éviter que les petits conflits de voisinage ne dégénèrent. La police municipale se chargera de son côté de faire respecter les règles, que nous pourrons réétudier avec la profession lorsque cela apparaitra nécessaire. Les policiers municipaux seront sensibilisés aux particularités de cette activité. Mais la sécurité et le respect du droit et des règles sont des priorités dans nos engagements. J’ajoute que l’une de nos priorités est la sécurité dans l’espace public, ce qui devrait profiter à l’activité des terrasses et des établissements.
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Quelles mesures souhaitez-vous prendre pour réguler les meublés de tourisme ? Quels moyens de contrôle allez-vous mettre en place ?
Nous voulons réguler la place des meublés de tourisme dès lors qu’ils font l’objet de projets spéculatifs et professionnels. Qu’un occupant régulier loue son appartement à l’occasion de ses vacances, oui. Que des immeubles entiers soient transformés en petits appartements meublés à louer en très courte durée, non. Pour deux raisons : une concurrence déloyale avec la profession d’hôtelier, et une pénurie de logements disponibles pour les habitants. Nous mettrons en place un dispositif de contrôle particulièrement vigilant sur cette question.
De quelle manière votre politique en matière de transport sera-t-elle favorable à l’activité des CHR ? Prévoyez-vous d’agir sur le stationnement ?
Nous allons immédiatement revenir sur le stationnement payant entre midi et deux pour le rendre gratuit. Cela, afin notamment d’encourager les clients à revenir dans le centre ville et dans les centres de quartier. Aujourd’hui, deux heures de stationnement à Strasbourg coûtent quasiment le prix d’un plat du jour. Et les restaurateurs se sont plaint avec justesse de l’impact sur leur activité.
Du point de vue du logement, que prévoit votre programme pour faciliter l’accès aux logements de centre ville pour les métiers en tension (dont les CHR) ?
Pour la question des logements, la reconversion de certaines locations meublées de tourisme en appartements à louer de façon traditionnelle devrait assouplir le marché, notamment en centre ville et dans les secteurs en tension.
Quels moyens et dispositifs souhaitez-vous déployer pour favoriser l’attractivité touristique de la ville ? Quel fléchage budgétaire envisagez-vous pour la taxe de séjour ?
Strasbourg est une destination attractive. Mais sans une promotion régulière, cette destination souffre. Nous voulons reconstruire une vraie politique de promotion de la destination, vers des marchés plus larges, en lien avec les organisations existantes au niveau de l’Alsace et du Grand Est. Strasbourg doit retrouver son rang de grande ville parmi les plus attractives de France en matière de tourisme urbain.
Propos recueillis le 2 mars 2026, par retour écrit de la part de l’équipe de campagne du candidat.