Plongée dans les Caves de l’Hôtel de Paris à Monte-Carlo
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Désormais accessibles pour des découvertes exclusives, les Caves de l’Hôtel de Paris Monte-Carlo dévoilent en partie l’incroyable trésor œnologique que constituent ses réserves. Visite avec Patrice Franck, directeur des Caves.
François Blanc, fondateur du resort Monte-Carlo Société des Bains de Mer disait à propos de l’Hôtel de Paris : « C’est un hôtel qui dépasse tout ce qui a été créé jusqu’ici. » Le palace, construit en 1864 alors que Monte-Carlo n’était encore qu’un plateau aride suspendu au-dessus de la Méditerranée, n’a en effet eu de cesse de repousser les limites du grandiose et du luxe. La gastronomie s’est très rapidement imposée comme un axe stratégique de l’établissement, et à travers elle, la sommellerie.
Les Caves de l’Hôtel de Paris font partie de ces ambitions sans limite. Elles ont été creusées dès 1874, à la façon d’un chais bordelais, à quelques pas de l’Hôtel Hermitage, autre établissement de la SBM dans le carré d’or monégasque. A cette époque, les tonneaux arrivaient directement des vignobles, les employés embouteillaient sur place. Un trésor constitué année après année, dont les plus précieuses bouteilles ont astucieusement été sauvegardées durant la Seconde Guerre mondiale. « Le caveau a accueilli de grandes réceptions de la Principauté. Mais c’est aussi là qu’ont été protégés les plus grands vins que possédait la société avant-guerre : des Château d’Yquem 1890, des armagnac et des cognac de 1893, 1914 et 1917 », explique Patrice Franck, directeur des caves et du Cercle des caves de l’Hôtel de Paris Monte-Carlo. Certaines de ces bouteilles ornent désormais, pour la postérité, la Réserve Marie Blanc, épouse du fondateur et bienfaitrice de la Principauté, au cœur même des Caves.
3.700 références d’exception
Le dédale de caveaux abrite les plus grandes appellations et millésimes. Les appellations, tout comme les chiffres, donnent le vertige. Château d’Yquem, Angelus Saint-Émilion, Pommard… Plus de 300.000 bouteilles de prestige, de 3.700 références différentes, inventoriées au fil de 1,5 km de travées. Ce qui fait de cette cave l’une des plus riches au monde dans le domaine de l’hôtellerie et de la restauration.
Le stock s’organise de manière presque militaire. Ce qui permet d’assurer la conservation optimale des bouteilles. Mais aussi leur suivi de leur entrée en cave jusqu’à la table du client. « Nous travaillons beaucoup avec de petits vignerons, souligne Patrice Franck. Nous nous engageons auprès d’eux en achetant le vin tous les ans, quelque que soit le millésime. Les volumes peuvent légèrement varier d’une année sur l’autre. Mais nous partons du principe que si un vigneron nous fait confiance, nous devons l’accompagner y compris dans les années plus difficiles. »
Depuis quelques années, le palace a également fait évoluer ses habitudes de garde pour répondre à de nouvelles attentes. « Nous recevons désormais une clientèle plus jeune, plus décomplexée par rapport à la consommation du vin, constate le sommelier. Cela nous a conduit à appréhender différemment, sur des temps plus courts, la garde de certains vins pour répondre à cette demande. Les vins, notamment à Bordeaux, sont vinifiés pour un rendu plus léger. Nous les gardons toujours aussi longtemps, mais leur accessibilité est beaucoup plus rapide. »
Un cercle d’élites
A l’occasion du 150e anniversaires des Caves, cette forteresse œnologique a bénéficié d’une rénovation majeure. Le Cabinet d’architecte Moinard-Bétaille a transformé cette réserve luxueuse en un lieu de partage et de découverte gastronomique et patrimoniale. Les clients des établissements de la Société des Bains de Mer ont désormais la possibilité de visiter les lieux. Le Cercle des Caves de l’Hôtel de Paris réunit par ailleurs, depuis 2025, une cinquantaine des plus grands amateurs de vins.