Retrouvez l’édito du dernier numéro de Au cœur du CHR par Alice Mariette.
Chaque jour, 100 établissements CHRD ont fermé leurs portes en 2025¹. Soit un total de 36.700 cafés, hôtels, restaurants et discothèques qui ont disparu du paysage économique français. Si le pic de 2024 n’a pas été dépassé, le niveau reste durablement élevé, révélant une fragilité structurelle qui ne peut être ignorée.
Le solde négatif de près de 7.000 établissements, malgré près de 30.000 créations, illustre une réalité brutale. Si le secteur se renouvelle, il s’érode dans le même temps. Derrière ces chiffres, il faut rappeler que ce sont avant tout des indépendants qui tombent. Des TPE et des établissements de proximité, souvent ancrés dans la vie locale. Autant de structures qui n’ont plus la capacité d’absorber la hausse continue des coûts.
Alors même que les défaillances reculent dans le reste de l’économie, les CHR continuent d’afficher un taux anormalement élevé. Un signal faible devenu, aujourd’hui, un signal d’alarme. La pression est avant tout humaine, comme le rappelle le Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI). En 2025, plus d’un dirigeant sur deux se rémunère sous le Smic². L’épuisement est massif, les perspectives de recrutement quasi inexistantes et l’accès au financement de plus en plus difficile. À cela s’ajoutent la complexité administrative, l’insécurité et les incivilités, qui pèsent sur l’attractivité et la fréquentation. Le risque est clair : cette crise économique peut se transformer en crise de vocations, puis en crise territoriale.
Pourtant, malgré ce tableau sombre, le secteur ne renonce pas. Il innove, optimise, mutualise, se digitalise. La création d’entreprises, toujours dynamique, prouve tout de même que l’envie d’entreprendre reste présente, portée par la passion du métier.
Enfin, faut-il le rappeler, l’hôtellerie-restauration n’est pas un secteur comme les autres. Il structure l’emploi local, la vie sociale, l’attractivité touristique et la vitalité des territoires. Face à cette épreuve de vérité, une chose est certaine. Sans réponses économiques, fiscales et réglementaires à la hauteur, la capacité de résistance du secteur va continuer de s’émousser. Or, préserver l’hôtellerie-restauration, ce n’est pas seulement sauver des entreprises. C’est défendre un pilier essentiel de l’économie française.
Notes
- Chiffres 2025 du Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce
- Bilan 2025 du Syndicat des Indépendants et des TPE