Cafés-restaurants : l’accès aux aides sera assoupli pour la réouverture

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Les CHR qui rouvriront partiellement seront éligibles dès juin au fonds de solidarité même si leurs pertes de chiffre d’affaires sont inférieures à 50 %, a annoncé le ministre de l’économie Bruno Le Maire. L’objectif affichée est de réussir le déconfinement économique en incitant les entreprises à rouvrir même si le retour à la normale risque de prendre du temps.

Solidarité
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Le gouvernement s’était engagé à ce que la levée de l’aide soit progressive pour les entreprises du secteur. Promesse tenue. Invité de RTL, le ministre de l’économie Bruno Le Maire a fait le point sur les mesures d’accompagnement des établissements s’apprêtant à recevoir à nouveau du public à partir du 19 mai. Pour autant, les conditions d’accès au fonds de solidarité ne changeront pas pour le mois de la réouverture. « Nous garderons l’intégralité du fonds de solidarité pour le mois de mai », a t-il annoncé. Rappelons que pour y avoir accès jusqu’à maintenant, il faut perdre 50 % de son chiffre d’affaires ou être fermé administrativement.

Rouvrir à tout prix

En revanche, les mesures vont être assouplies à partir du mois de juin. Les professionnels auront accès au fonds de solidarité quelle que soit leur perte de chiffre d’affaires. Le montant des indemnisations sera défini avec les professionnels des secteurs concernés, une réunion étant prévue ce lundi. La mesure a pour objectif d’accompagner les entreprises lors du déconfinement progressif, mais aussi de les inciter à rouvrir. Le ministre a pris l’exemple d’un restaurateur qui rouvrirait mais uniquement en terrasse et perdrait encore 30 % à 40 % de son chiffre d’affaires. Si jusqu’alors il n’était pas éligible au fonds de solidarité, ce sera désormais le cas. « C’est pour que chacun redémarre en se disant : il vaut mieux que je redémarre et que je rouvre, même si je perds un peu de chiffre d’affaires puisque l’Etat va m’accompagner », a t-il expliqué. Toutefois, les aides seront dégressives sur trois mois – juin, juillet et août. A la fin de l’été un rendez-vous est fixé avec les professionnels « pour qu’on voit où en sont les différents secteurs concernés, si des aides sont encore nécessaires ou si le retour à la normale s’est fait ». A noter que l’aide de 500 euros à la numérisation des TPE est prolongée jusqu’à fin juin 2021. L’annonce de cette mesure fait écho aux craintes des restaurateurs d’une réouverture en demi-teinte, à la moitié au moins de ses capacités ou encore de l’absence de touristes dans les grandes villes. « Il y a un paramètre qu’il ne faut pas oublier, c’est qu’en juillet-août, le parisien ne reste pas à Paris et on n’aura pas encore les touristes. Donc il est clair que je ne rouvrirai qu’en septembre si les aides le permettent. Parce que même en temps normal, au mois d’août je perds de l’argent », souligne David Rougier, Coup d’Oeil (Paris 11e). 

Pour Marc Sanchez, secrétaire général du SDI, « la reprise de la proposition du SDI quant au prolongement du fonds de solidarité est une bonne nouvelle. L’inquiétude reste vive parmi les professionnels, tous secteurs confondus, quant à l’ampleur et la progressivité de la reprise de la consommation dans un contexte de protocoles sanitaires qui restent stricts. Pour les TPE et commerces de proximité, le fonds de solidarité représente un filet de sécurité qui doit perdurer au moins jusqu’à la fin de l’été. Le SDI restera extrêmement attentif à la notion de « sur-mesure » évoquée par Bruno Le Maire pour la suite des soutiens. De fait, seule une reprise dans des conditions d’exercice pleines et entières permettra de prendre le relais des soutiens économiques apportés à l’ensemble des professionnels dont les activités ont été marquées par des baisses de chiffre d’affaires de 20% à 40% sur les 14 derniers mois. Les indemnisations doivent s’entendre entreprise par entreprise et non par filières. »

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