MOF cuisine 2026 : Marie Gricourt et Margaux Moisière, doublée historique
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Deux cheffes inscrivent simultanément leur nom dans le prestigieux palmarès des Meilleurs ouvriers de France cuisiniers, à l’occasion de la 28e édition du concours. Une première depuis un siècle.
Pour la première fois dans l’histoire du concours Un des Meilleurs ouvriers de France, deux femmes ont décroché le col bleu-blanc-rouge. Marie Gricourt, cheffe propriétaire de Gric, à Orléans (Loiret) et Margaux Moisière, à la tête des cuisines de l’O des Vignes (Fuissé, Saône-et-Loire) inscrivent ainsi leur nom parmi la poignée de chefs, 13 cette année, qui sont parvenus à ce niveau d’excellence. Elles rejoignent ainsi Andrée Rosier (classe 2007) et Virginie Basselot (classe 2015) dans un classement largement masculin depuis sa création en 1924.
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Marie Gricourt a mené un parcours exigeant dès son plus jeunes âges, se formant auprès d’Éric Fréchon au Bristol, de Frédéric Anton au Pré Catelan, jusqu’à décrocher le titre de Meilleur apprentie de France en 2013. Quelques années plus tard, elle devient la première femme à intégrer les cuisines du palais de l’Élysée, aux côtés de Guillaume Gomez. Elle poursuit son parcours auprès de Christophe Hay, à La Table d’à côté, à Ardon, avant de prendre son indépendance en 2017 pour ouvrir Gric. Elle y concocte une cuisine de terroir qu’elle souhaite accessible et conviviale mais sans concession sur la qualité. En 2026, elle reçoit le prix Grand de demain Gault & Millau pour la région Centre-Val-de-Loire.
Margaux Moisière dirige les cuisines du restaurant L’O des vignes, à Fuissé (Saône-et-Loire), succédant à son mentor Sébastien Chambru, lui-même Meilleur ouvrier de France. Auprès de lui, elle a forgé son expertise et sa maîtrise, déjà reconnues en 2019 à l’occasion de sa deuxième place lors des sélections Auvergne-Rhône-Alpes du trophée Masse.
Des jalons posés pour l’avenir
Selon Alain Ducasse, président de la classe cuisine depuis 2006, la place des femmes dans le concours des MOF doit se renforcer. « Nous avons distingué deux femmes au cours des vingt dernières années. J’en étais fier et honoré, mais c’est effectivement peu. Bien sûr, j’aimerais que davantage de femmes tentent le concours, même s’il faut rappeler que les sélections sont totalement anonymes dès le départ. »
Cette 28e session des MOF a pourtant vu une mobilisation féminine dans ses rangs. Les épreuves finales de la classe cuisine comptaient trois autres candidates sur l’ensemble des 42 prétendants au titre. Amandine Chaignot (cheffe de Sauge, Pouliche), Océane-Lyne Martin (sous-cheffe à la Chèvre d’Or, à Èze) et Manon Negretti-Guichard (cheffe à Bonnotte, Boulogne-Billancourt) ont en effet incarné une gastronomie en mouvement, capable de moderniser son prisme. Sans démériter, tant l’exigence de cette accès en finale constitue à lui seul une preuve d’excellence, ces femmes contribuent à poser les jalons pour les concours à venir.
La féminisation du métier est incontestable. Il est désormais temps qu’elles s’imposent parmi leurs pairs. Le concours du Meilleur ouvrier de France a le mérite d’établir le professionnalisme et l’excellence de ces femmes comme un fait objectif, non teinté d’une quelconque appréciation. À chaque session du concours, gageons que des femmes saurons conquérir ce graal dans le futur au sein de la classe cuisine.