Le SNARR alerte que la restauration rapide, pourtant en forte croissance, est gravement fragilisée par des réformes fiscales et sociales.
Le Syndicat National de l’Alimentation et de la Restauration Rapide (SNARR) alerte sur une situation critique. Une étude menée avec Xerfi révèle que la restauration rapide, secteur en forte croissance depuis 2017, est aujourd’hui gravement menacée par un enchaînement de réformes fiscales et sociales. Avec un chiffre d’affaires de 50,5 milliards d’euros en 2023 et 292 000 emplois soutenus, il voit pourtant sa rentabilité s’effondrer. En effet, le taux de résultat net a chuté de 5,8 % en 2017 à seulement 2,9 % en 2023. Un tiers des établissements affiche désormais une rentabilité négative.
La flambée des charges entre 2021 et 2023 (+30 %) a fortement réduit les marges. De plus, l’accumulation de nouvelles contraintes fiscales pourrait porter un coup fatal à de nombreux acteurs. Parmi les mesures les plus inquiétantes, une hausse de la TVA de 12,5% à 20% et une réduction des allègements de charges sociales. Mais aussi le doublement de la taxe sur les boissons sucrées et l’élargissement des titres-restaurant à la grande distribution. Selon les scénarios modélisés par Xerfi, ces réformes pourraient générer jusqu’à 1,26 milliard d’euros de pertes nettes. En plus de menacer 16 900 emplois dans la filière, dont près de 10 000 en direct.
Face à ce choc fiscal sans précédent, le SNARR tire la sonnette d’alarme. Si rien n’est fait, plus de la moitié des entreprises du secteur pourraient basculer dans une situation critique. Romain Girard, président du syndicat, appelle les pouvoirs publics à préserver les dispositifs actuels. Cela permettrait d’éviter un effondrement du secteur. Sans réponse rapide, la restauration rapide pourrait devenir le symbole d’une politique fiscale déconnectée des réalités économiques de terrain.
Romain Girard ajoute. « Cette étude révèle un risque systémique majeur pour l’emploi en France. La restauration rapide, qui fait vivre près de 300 000 familles et dynamise nos villes, ne peut supporter un tel cumul de contraintes fiscales sans accompagnement. Nous demandons aux pouvoirs publics de préserver la stabilité des dispositifs existants dans l’intérêt du pouvoir d’achat des Français, de nos emplois et de nos territoires. »