Retrouvez l’édito de l’Auvergnat de Paris du jeudi 11 juillet 2024, un n° spécial Saint-Malo par le journaliste Aurélien Peyramaure.
Saint-Malo, ses remparts, ses brise-lames, sa plage du Sillon… Mais aussi ses marées humaines au pic de la saison à l’intérieur de ses murs. Comme bon nombre de destinations touristiques, la commune d’Ille-et-Vilaine a cette capacité de passer d’une atmosphère paisible à un tourisme intensif, d’une saison à une autre seulement. Alors que le nombre d’habitants à l’année s’élève à 46.000, la population de la Cité corsaire peut être multipliée jusqu’à 10 à l’intérieur des remparts.
En cela, la Route du Rhum illustre parfaitement la problématique. Organisé tous les quatre ans au départ de la pointe du Grouin, non loin de la ville, l’événement attire deux millions de passionnés de voile. Cet afflux profite sans conteste à l’économie locale. Cependant ses conséquences sont néfastes sur l’environnement. Quid des espaces protégés lorsqu’ils sont assaillis par des spectateurs, avides de se positionner aux premières loges lors du départ des nombreux marins ? Quid aussi de la demande en eau qui devient exponentielle, dans un contexte de sécheresse de plus en plus fréquente ?
Heureusement, les enjeux environnementaux font désormais partie des priorités des politiques publiques. Ils doivent intégrer l’aspect économique. Ainsi, l’office de tourisme entend proposer une image à rebours du surtourisme. « Nous souhaitons montrer que Saint-Malo n’est pas seulement la Cité corsaire en plein cœur de l’été [assaillie de touristes, NDLR]. Nous restons en Bretagne une destination familiale », insiste Lisa Fonlupt, de l’Office de tourisme Saint-Malo baie du Mont-Saint-Michel.