Le crémant de Loire en quête de valorisation
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Avec presque 28 millions de bouteilles commercialisées, l’AOC crémant-de-loire se positionne comme le deuxième crémant de France, sur les huit appellations existantes. Malgré cela, les prix de vente restent bas. Les vignerons cherchent donc à valoriser leurs cuvées, à travers une montée en gamme et une présence accrue en CHR.
Il s’agit du deuxième crémant de France, sur les huit appellations existantes. L’AOC crémant-de-loire arrive derrière le crémant d’Alsace en termes de volume, avec 207.000 hectolitres commercialisés en 2024, soit presque 28 millions de bouteilles.
« La dynamique est positive et se révèle en progression », note David Maugin, copropriétaire du Château de Fresne, à Bellevigne-en-Layon (Maine-et-Loire), et coprésident, avec Fabien Branchu, de l’AOC crémant-de-loire. Une situation finalement commune aux différentes appellations de la région. « Elles se portent bien sur l’ensemble du Val de Loire », ajoute-t-il.
Le crémant de Loire, l’un des moins chers
De plus, l’objectif pour les vignerons de l’appellation est de réussir à répondre à la demande. « L’an dernier, nous avons connu 12 % de croissance. Nous avons réussi à produire et à maintenir un stock de réserve satisfaisant », indique-t-il. Les prochains mois ne devraient pas marquer de grands changements. En effet, « les vendanges 2025 s’annoncent bonnes, avec un climat plutôt chaud et clément, sans gelée de printemps, ni de catastrophe de grêle. Les vignes ne sont pas très chargées mais l’engagement de surfaces est important. Même s’il n’y a pas de gros rendements, nous produirons les volumes nécessaires », détaille David Maugin.
Néanmoins, si la désirabilité du crémant de Loire ne fait pas de doute, un sujet reste en suspens. « Le crémant de Loire est dans les tops par rapport aux autres régions de France, mais ils sont vendus dans les moins chers », regrette-t-il. Concrètement, dans la grande distribution française, le prix se situe en moyenne en-dessous de sept euros. Tandis que dans les restaurants, il s’est élevé en 2023 à une trentaine d’euros et à plus de 11 € la même année chez les cavistes.
Entre montée en gamme et ciblage des CHR
La raison se trouve notamment dans la répartition entre les différents canaux de distribution. En 2024, la grande distribution a représenté 16 % des volumes et le hard discount 2 %, tandis que l’export a atteint 59 % des volumes. Au sein des marchés à l’export, l’Allemagne figure en pôle position, à 56 %, largement devant le Royaume-Uni (9 %), les États-Unis (7 %), la Belgique (6 %), la Suède (4 %) et la Lituanie (2 %). Or, en Allemagne, « il y a beaucoup de marchés à bas prix », rappelle le coprésident de l’appellation.
La volonté est alors d’amorcer une montée en gamme. Une stratégie qui passe par plusieurs pans. Notamment le savoir-faire. « Nous proposons des formations, qui portent sur l’ensemble des étapes d’élaboration, de la conduite de la vigne, la récolte, jusqu’au dégorgement », relate-t-il. Et ce, pour « améliorer la qualité » des vins reconnaissables par leur finesse, due à la position septentrionale de la région, mais aussi par la présence du chenin – « un cépage très bien adapté pour la finesse des bulles, la légèreté et l’élégance du vin ».
La valorisation passe également par les canaux de distribution. En cela, le CHR est logiquement ciblé. « Il s’agit d’un secteur dans lequel nous vendons un peu. Nous aimerions le développer. Nous sommes persuadés que ce marché demande de la qualité et un bon rapport qualité-prix », explique-t-il. Avant d’insister : « Si nous voulons sortir de cette image de crémant pas cher, nous devons aller sur des marchés professionnels. »