Straws-Berry, miser sur des pailles biosourcées réutilisables

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À partir de matières naturelles et locales, Straws-Berry propose aux restaurateurs des pailles réutilisables et entièrement compostables. Entretien avec Carl Cillard, fondateur de la marque.

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Les pailles Straws-Berry existent en différents coloris. Crédit : Straws-Berry.

Comment est née l’idée de créer Straws-Berry, des pailles biosourcées réutilisables?

Lorsque j’ai fondé Straws-Berry il y a trois ans et demi, j’étais en école de commerce. Puis, lors d’un voyage d’études, j’ai fait un road trip en Amérique du Sud et plus particulièrement en Amazonie. Là-bas, j’ai remarqué qu’il y avait énormément de déchets de canne à sucre. Des agriculteurs locaux nous ont expliqué que la canne à sucre avait des propriétés très intéressantes — notamment en ce qui concerne la résistance — mais qu’eux n’en faisaient rien.

J’ai fait des recherches et j’ai découvert qu’en Asie, des personnes avaient déposé des brevets pour transformer ces déchets en sacs de transport. Je me suis dit : pourquoi pas en faire des pailles ? Au début, je faisais produire en Asie. J’ai démarché les bars parisiens et j’ai reçu une tonne de commandes du jour au lendemain. J’ai contracté un prêt, lancé une grosse production, arrêté mes études et commencé à commercialiser mes pailles. Au bout de deux mois, j’étais en rupture de stock.

Cependant, nos pailles, si elles étaient effectivement naturelles nous les importions de très loin. Il était important pour moi de parvenir à créer une paille 100 % française.

J’ai contacté un laboratoire spécialisé en biomatériaux en France. Après deux ans de R&D, nous avons abouti à un prototype avec de la matière première bretonne contenant des copeaux de bois, des graines de maïs de l’argile et des coquilles d’huître. Nous sommes parvenus à obtenir une paille compostable sans odeur, sans goût et réutilisable 20 fois.

Pourquoi avoir choisi de vous concentrer sur les pailles réutilisables ? 

Étant donné que je ne suis un gros consommateur de mojitos, c’était ce qui avait le plus de sens pour moi. J’étais agacé que ma paille puisse ramollir à l’intérieur de mon verre.

Quels ont été les plus grands défis dans le développement du produit ?

L’industrialisation en France est très compliquée ; je ne pensais pas que ce serait aussi difficile. Chaque paramètre de fabrication, de chauffe, doit être respecté à la lettre. Chaque produit est testé pour garantir la conformité aux normes.

La matière que nous utilisons n’étant pas aussi fluide à travailler que la matière pétrochimique les pailles se cassaient beaucoup au début. Les paramétrages machine ont été très complexes à gérer pour arriver enfin à une production stable.

Comment faites-vous pour convaincre les restaurateurs d’adopter vos pailles ?

Au début, cela cela a été très compliqué. En effet, généralement, un restaurateur ne recherche pas la qualité sur les pailles : il veut seulement le prix le plus bas. Il a fallu les convaincre malgré l’écart de prix entre une paille classique qui coûte 1 centime et les nôtres qui sont entre 2 et 3 centimes.

Mais nos arguments sont solides. Nos pailles sont made in France, elles ne ramollissent pas et peuvent utilisées plusieurs fois.

Aujourd’hui, nous travaillons avec 3 000 établissements en France, en Europe et au Moyen-Orient. Par ailleurs, les restaurateurs avec lesquels nous travaillons nous ont indiqué que la consommation de boissons dans ces lieux a augmenté de 6 % — l’expérience est plus qualitative. Enfin, l’ADEME a prouvé que nos pailles ont l’empreinte environnementale la plus faible du marché et ce, du sourcing de la matière première jusqu’à leur fin de vie. Aujourd’hui, notre objectif est de réduire encore cette empreinte en jouant sur l’épaisseur, pour utiliser moins de matière.

Comment entretenir les pailles ?

Elles sont certifiées lavables en lave-vaisselle. Nous avons aussi fait évoluer le produit pour qu’il soit « soil compost » — c’est-à-dire biodégradable en milieu naturel. Si une paille se retrouve malheureusement dans la nature, elle se désagrège comme un bout de bois.

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