Inquiétudes concernant la réforme du financement de l’apprentissage
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Les organisations patronales du secteur CHR, l’Umih et le GHR, alertent sur les conséquences de la réforme à venir du financement de l’apprentissage. Les niveaux de prise en charge des contrats d’apprentissage pourraient souffrir d’importantes baisses.
Dans un courrier adressé le 26 mars à Sabrina Roubache, ministre déléguée chargée de l’enseignement et de la formation professionnels, et de l’apprentissage, l’Umih fait part de ses inquiétudes concernant les modalités de révision du financement de l’apprentissage. En 2025 déjà, l’Etat avait raboté les aides et rémunérations liées à l’apprentissage. Le GHR s’alarme d’un constat similaire. Le groupement demande également « une réévaluation des niveaux de prise en charge afin de garantir la pérennité de l’offre de formation et de préserver la dynamique de l’apprentissage dans un secteur clé de l’économie française ».
En effet, les niveaux de prise en charge décrétés pour 2026 pourraient impliquer une baisse pour l’hôtellerie-restauration. Ils s’appliqueraient par ailleurs les trois prochaines années. « Selon les éléments, dont nous disposons, issus des travaux en cours de France compétences, l’évolution des NPEC pour les diplômes et titres à finalité professionnels spécifiquement liés aux métiers des HCR, atteindrait en moyenne, – 11%, indique l’Umih. Plus préoccupant encore, certaines certifications professionnelles structurantes pour nos métiers subiraient des baisses pouvant atteindre – 47 %. Comme c’est le cas du titre à finalité professionnelle de serveur en restauration. » Le GHR relève, de son côté, un rabotage « de 8 % pour les Bac Pro de la restauration, et de 18 % pour le BTS Management en hôtellerie et restauration. Les certifications de la branche HCR, notamment les Titres à Finalité Professionnelle, enregistrent des diminutions encore plus importantes, comprises entre 30 % et 40 %. »
Un risque pour les centres de formation et pour la profession
L’Umih s’inquiète également de l’apparition d’iniquités entre les branches professionnelles. « Certaines certifications conduisant à des métiers comparables dans d’autres secteurs pourraient bénéficier d’évolutions de financement plus favorables. Une telle situation interroge clairement la place accordée aux métiers du service, de l’accueil et de la cuisine dans les priorités nationales de formation. »
Si de telles orientations étaient confirmées, elles fragiliseraient l’accès à l’apprentissage dans des métiers qui recrutent pourtant énormément, notamment le service. Ces moyens réduits pourraient placer des centre de formations en difficulté pour maintenir les plateaux techniques et leur offre pédagogique. Plus encore, le recul de l’apprentissage impacterait le fonctionnement même de la filière. Chaque année, près de 45.000 apprentis se forment dans le secteur des cafés, hôtels et restaurants. « Aujourd’hui, près d’un salarié sur deux dans le secteur est issu de l’apprentissage, ajoute le GHR. Ce dispositif n’est donc pas seulement un outil de formation : il est une condition directe du fonctionnement des établissements. »
Il y a aujourd’hui une contradiction claire entre l’objectif de développement de l’apprentissage et la baisse des moyens qui lui sont alloués.
L’aide exceptionnelle à l’apprentissage 2026 en baisse
Par ailleurs, le décret relatif à l’aide exceptionnelle pour l’embauche d’apprentis revoit les dotations à la baisse. Celles-ci sont indexées selon la taille des entreprises et le niveau de diplôme préparé. Le dispositif s’applique aux contrats d’apprentissage conclus à partir du 8 mars 2026 et jusqu’au 31 décembre 2026. Il n’est valable que la première année du contrat et ne pas pas être cumulé avec l’aide unique à l’apprentissage.
Pour les entreprises de moins de 250 salariés, l’aide se monte à 5.000 € maximum pour les diplômes niveau 3 (CAP, BAC). Elle tombe à 4.500 € maximum pour les diplômes niveau 5 (Bac +2 – BTS…). Enfin, l’embauche d’apprentis préparant des diplômes niveau 6 et 7 (Licence, Master, diplôme d’ingénieur) permettent une aide de 2.000 € maximum.
Les entreprises de 250 salariés et plus peuvent prétendre, pour chacun de ces niveaux de diplômes, à 2.000 €, 1.500 € ou 750 € par apprentis (sous réserve d’un seuil minimal d’alternant dans les effectifs). Le montant de l’aide peut atteindre 6.000 € lorsque l’apprenti est reconnu travailleur handicapé.