Tout Day, un bistrot-commerce durable

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Dans le 11e arrondissement de Paris, un lieu hybride combinant épicerie, friperie et restaurant associe écologie avec le commerce de proximité. Mobilier réemployé, cuisine zéro déchet et approvisionnement éthique en font un exemple concret de durabilité.

Clara Rohmer et Morgane Le Hir, cofondatrices de Tout Day
Clara Rohmer et Morgane Le Hir, cofondatrices de Tout Day. Crédit : Tou Day.

Tout Day fonctionne comme un véritable laboratoire de la transition écologique urbaine. Ouvert en septembre 2025, il réunit sous un même toit un bistrot, une épicerie responsable et une friperie éthique, dans un espace conçu pour durer. « Nous avons voulu démontrer qu’un commerce peut être à la fois beau, chaleureux et profondément durable, sans compromis », explique Clara Rohmer, cofondatrice avec Morgane Le Hir. Plus de 83 % du mobilier et des aménagements sont de seconde main. Tables, chaises, luminaires, étagères en bois récupéré, jusqu’à la peinture issue de fonds de pots recyclés. « Le chantier a été plus long et plus complexe. Mais nous voulions aller au bout de la démarche », raconte Clara Rohmer. « Il a fallu parfois anticiper nos approvisionnements pour trouver la bonne pièce au bon moment. »

Cette exigence s’est étendue jusqu’à l’équipement de cuisine, intégralement reconditionné. La durabilité se poursuit en cuisine, où l’équipe applique une logique circulaire avec l’objectif affiché de zéro gaspillage alimentaire. Fruits et légumes hors calibres proviennent de fournisseurs engagés, comme Atypique; les fanes sont transformées en pesto, les peaux de citron deviennent marmelade, et le marc de café est réutilisé dans un cake maison. Par ailleurs, le menu évolue plusieurs fois par semaine selon les arrivages, afin d’éviter toute perte. « Cuisiner en conscience, c’est accepter de sortir du cadre figé », souligne Clara Rohmer.

Un lieu pluriel

Côté épicerie et friperie, le lieu applique une charte stricte. Privilégier la seconde main, favoriser le local, garantir qualité et traçabilité. Chaque produit a été sélectionné avec soin par les fondatrices ou par des partenaires spécialisés, pour simplifier le parcours des consommateurs soucieux de leur impact. Le modèle économique repose sur la synergie entre restauration et vente, afin d’assurer la viabilité d’un lieu exigeant sur le plan écologique. Aujourd’hui, le bistrot représente la majorité du chiffre d’affaires. Mais l’objectif est d’atteindre un équilibre 50/50 avec les activités de vente dans les mois à venir.

Les défis sont nombreux : logistique complexe, sourcing parfois long, coûts humains élevés. Mais les fondatrices assument. « Notre ambition est de prouver qu’un modèle durable peut aussi être rentable et duplicable », affirme Clara Rohmer. Si l’expérience se poursuit, une deuxième adresse pourrait voir le jour dans un autre quartier parisien d’ici six à neuf mois. « La durabilité n’est pas une case à cocher, c’est une culture d’entreprise, une façon de penser. Nous voulons montrer que consommer autrement peut être simple, joyeux et ancré dans la vie de quartier », conclut Clara Rohmer.

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