Marie-Laure Monteil : « La clémentine corse, c’est le soleil de l’hiver »
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Agrumicultrice en Haute-Corse, Marie-Laure Monteil cultive la clémentine corse IGP en agriculture biologique, comme le fait sa famille depuis trois générations. Elle nous partage son attachement à ce fruit emblématique, à la fois exigeant et profondément lié à son terroir.
Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre lien à la clémentine corse IGP ?
Je suis agrumicultrice sur la plaine orientale de Haute-Corse. Aujourd’hui, je suis à la tête d’une exploitation familiale où nous cultivons des clémentines, citrons, oranges, pomelos et oliviers, en agriculture biologique. Par ailleurs, je représente la troisième génération. J’ai repris le flambeau de mon père et de mon grand-père qui travaillent toujours sur l’exploitation.
J’ai d’abord obtenu un diplôme d’ingénieur dans l’énergétique du bâtiment avant de les rejoindre. Cette aventure autour de la clémentine commence en 2016. C’est à cette période que je commence à aider mes parents sur les tâches administratives de l’exploitation. Et puis, petit à petit, j’ai attrapé le virus familial. Aujourd’hui, je suis pleinement investie dans la production et l’ensemble de ces étapes.
Qu’est-ce qui fait la particularité de la clémentine corse ?
Son unicité, la clémentine corse la doit à sa qualité gustative, sa fraîcheur et son mode de production respectueux. Elle bénéficie d’une IGP, qui garantit une origine et surtout un cahier des charges strict. Cette IGP contrôle tout de la culture jusqu’à la mise en rayon.
À titre d’exemple, la récolte est déclenchée uniquement après des analyses en laboratoire. Ces analyses permettent de vérifier le taux de sucre, le jus, l’équilibre des saveurs. Par ailleurs, une fois ramassée, elle doit être en rayon sous 5 jours maximum, un vrai gage de fraîcheur. Enfin, on la reconnaît aussi à ses deux petites feuilles encore attachées. Bien vertes, elles sont la preuve que le fruit n’a pas été stocké longtemps.
Et en bouche, quelles sont ses qualités ?
La clémentine corse, c’est un petit bonbon d’hiver, c’est le soleil de l’hiver. Elle a un bel équilibre entre le taux d’acidité et le taux de sucre. Elle possède une chair juteuse, aucun pépin et une peau fine. Visuellement, on la cueille au bon moment : lorsqu’elle est bien orange et que son «cul » est encore légèrement vert.
Quel est le calendrier de production ?
Nous cultivons principalement deux variétés : la Caffin et la Nules. La première est plus précoce, sa récolte commence dès la mi-octobre. La seconde, plus tardive, permet d’étaler la saison jusqu’à la mi-janvier.
En quoi le terroir corse est-il favorable à la culture de la clémentine ?
Il faut savoir que 100% des clémentines françaises sont produites en Corse. C’est une combinaison unique entre le climat méditerranéen insulaire et un ensoleillement généreux. En outre, le climat méditerranéen insulaire est doux. Contrairement à d’autres régions ensoleillées comme la Côte d’Azur, nous avons peu de gelées et moins de vents froids. Grâce à cela, nous obtenons des fruits de qualité constante.
Quels sont les défis auxquels vous êtes confrontée aujourd’hui ?
Toutes nos récoltes sont ramassées à la main et rien n’est mécanisable. Il faut donc beaucoup de main-d’œuvre qualifiée, ce qui a un coût. De plus, il y a aussi les aléas climatiques de plus en plus marqués. Enfin, les hivers trop doux favorisent l’apparition de nouvelles maladies ou ravageurs, comme la punaise diabolique. On doit sans cesse s’adapter.
Une recette fétiche à base de clémentine corse ?
Pas vraiment… Moi, je la mange directement dans le champ, fraîchement cueillie, c’est comme ça qu’elle est la meilleure. Mais elle se marie très bien avec le chocolat. Elle peut aussi se préparer en confiture, en tarte, ou encore en jus. Par ailleurs, celles qui ne correspondent pas aux critères IGP sont revalorisées en jus que nous proposons à la vente.