Vins et spiritueux français : les exportateurs restent combatifs

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Les exportateurs de vins et spiritueux français ont connu une baisse notable de leur chiffre d’affaires (-7,9%) en 2025.

Gabriel Picard, président de la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux de France. Crédit : FEVS.

Le chiffre d’affaires des exportations de vins et spiritueux français représentent 14,3 milliards d’euros en 2025. Ces produits s’exportent dans 200 destinations ou pays différents à travers le monde. Et 75 % de ces exportations se font en dehors de l’Union Européenne. Les vins et spiritueux produits dans l’Hexagone rassemblent le 3e excédent commerciale de la France. Malgré tout, la filière a connu une année 2025 plutôt tendue.

En effet, le chiffre d’affaires de la filière marque un fléchissement de -7,9% par rapport à 2024. Celui-ci s’accompagne d’une baisse des volumes de -3%. « En 2025, nos exportations reculent tant en volume qu’en valeur, sans pour autant nous faire perdre notre rang de 3ᵉ excédent commercial, constate Gabriel Picard, président de la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux de France (FEVS). Les tensions géopolitiques, les conflits commerciaux, la fluctuation des taux de change, mais aussi la perte de confiance des ménages ont pesé sur nos exportations. »

États-Unis : l’impact des tarifs douaniers

En dépit d’un premier trimestre positif, la filière marque le pas aux États-Unis. L’instauration de droits de douane par la nouvelle administration Trump, dès avril 2025, a impacté le résultat annuel (-21%, 3 milliards €) de la FEVS. Mais un taux de change défavorable a également alourdi cette donnée politique. Ainsi, «les volumes passent sous le seuil des 30 millions de caisses (-9%) », précise la FEVS.

Les États-Unis demeurent néanmoins la première destination des vins et spiritueux français. Le chiffre d’affaires réalisé avec ce pays représente près du double du Royaume-Uni (deuxième marché d’exportation). Sur le continent nord-américain, le Canada poursuit lui sa croissance (+3 % de C.A) en 2025.

Un environnement dégradé en Asie

Avec 767 millions d’euros (-20%), les exportations directes vers la Chine s’amenuisent dans une économie fragilisée. « Les droits anti-dumping ont durement pénalisé les exportations de Cognac, d’Armagnac et des autres eaux-de-vie de vin françaises », explique la FEVS.

En revanche, malgré les incertitudes économiques, le Japon (648 M€) et la Thaïlande (61 M€) stabilisent leur courant d’échanges. Le Vietnam retrouve son niveau de 2023 (+5 %), tandis que les Philippines « confirment leur attrait pour les vins et spiritueux français (13 M€ de C.A).

Perspectives pour 2026

« Dans un contexte marqué par l’accroissement des tensions géopolitiques et un environnement économique mondial difficile, il est crucial – pour la pérennité de notre secteur (…) – que les pouvoirs publics mettent en œuvre les mesures politiques et règlementaires nécessaires à la compétitivité du secteur sur nos différents marchés », déclare Gabriel Picard.

Le président de la FEVS estime que cela passe notamment par « des accords commerciaux négociés par l’Union européenne, porteurs de perspectives de développement importantes pour nos filières. » Pour rappel, la Maison des Vins et Spiritueux (MVS) regroupe 5.400 entreprises adhérentes. Celles-ci représentent 600.000 emplois directs et indirects. Pour un chiffre d’affaires global de 40 milliards d’euros.

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