En finir avec les violences en cuisine : un colloque à l’Assemblée nationale
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Le député Hadrien Clouet a organisé un colloque sur les violences en cuisine, dans le prolongement de sa proposition de commission d’enquête.
Le 25 septembre, un colloque inédit s’est tenu à l’Assemblée nationale, à l’initiative du député Hadrien Clouet. Le thème : « En finir avec les violences en cuisine ». Ce rendez-vous s’inscrit dans la continuité de la proposition de commission d’enquête parlementaire déposée sur le même sujet. « Notre objectif est de mettre en valeur et donner la parole à celles et ceux à qui on ne la donne pas », a insisté l’élu en ouverture.
La première table ronde, Alerte en cuisine !, a mis en lumière la réalité brute. Violences physiques et psychologiques, racisme, sexisme, homophobie… La journaliste Nora Bouazzouni a rappelé l’ampleur des violences en cuisine. Mentionnant au passage que 96 % des personnes concernées n’osent pas porter plainte. Des associations et collectifs – Bondir.e, En Cuisine Contre la Loi Raciste et le Mise En Place (MEP) – ont témoigné de cette réalité. Ils ont insisté sur la prévention, la protection des travailleurs étrangers et la nécessité de régulariser les sans-papiers. Tous s’accordent : les violences en cuisine sont systémiques, et seule une action collective et politique permettra de les enrayer.
Les chercheurs et chercheuses ont mis en évidence les causes structurelles. Parmi elles, la précarité des contrats et la jeunesse de la main-d’œuvre (Cyrine Gardes), l’inégalitarisme culturel et le système de formation qui normalise la domination (Adrien Pegourdie), ou encore la tolérance sociale face à la souffrance au travail (Elsa Laneyrie).
La dernière table ronde a réuni des représentants syndicaux, de l’inspection du travail, de la médecine du travail, de l’enseignement professionnel et de la restauration. Tous ont rappelé les conditions de l’impunité actuelle et les insuffisances des politiques publiques. Le colloque a ainsi ouvert des perspectives. À l’instar d’une réforme de la convention collective. Mais aussi le renforcement de la prévention, de meilleures protections pour les travailleurs et une vraie reconnaissance des violences systémiques.